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Né il y a quelques années, no 2 n'a pas dormi pendant 19 mois, se réveillant chaque nuit. Ceci coïncida avec mes trajets à Zürich (réveil à 4h15 chaque mardi). Un collègue a noté ma tronche de déterré. La première chronique était née.

samedi 2 décembre 2017

91 - La life est belle...

Amis des camionnettes et des escrocs, bonsoir !

« Mounette, Mounette !!!! » crie numéro 5 avant de s’enfuir en sautillant, pendant que numéro 3 le charge avec la légèreté gracile de Chabal 15 millisecondes avant de plaquer une horde de All Blacks Néozélandais sauvages et sanguinaires, le genre qui va nécessiter une longue chirurgie avant que tu remarches en boitillant jusqu’à la fin de ta life, jeune père maigrichon…
Comment du haut de ses 2,75 ans, junior décide de défier Goliath en l’appelant « Mamounette », alors qu’il semble épais comme un mawashi (le solide – mais étroit – tissu noir qui dissimule, tant bien que mal, la raie des sumos et semble disparaître entre deux immmmmmmmenses fesses pendantes et flasques… Oui, je sais, l’image va te hanter pendant une bonne semaine… ne me remercie pas, c’est cadeau, pour t’aider dans ta semaine) ? Nous ne le saurons hélas jamais… Mais sans que j’aie besoin de sortir une quelconque arme, il survit, étonnamment… Dieu exècre les trouillards !

Ils jouent ensemble presque sans se faire mal… C’est naturellement bruyant et fort dangereux, comme tout jeu de punk qui se respecte, mais il faut vivre avec… Et de toute façon, s’ils s’abîment, on en a plein d’autres…
Avec la récente pauvreté du Père… Non, lecteur langue de pu…  de vipère, Le Père n’a pas fait vœu de pauvreté ou de chasteté (Dieu nous garde !), ni promis d’arrêter de jurer, bordel !!!! C’est juste que la life des golden boys ayant subi un léger changement, dans le style de ce qui est arrivé aux dinosaures à l’époque, mais en plus piquant, Le Père a changé de boulot (enfin, est sorti du chômage par la porte des chiottes… Le genre de ceux de Despérado, le film dans lequel Quantin Tarantino rencontre des trafiquants très très très louches, dans un bar très très très très crade, en passant par une porte dérobée, dissimulée dans des toilettes qui feraient fuir un moujik alcoolique, sans domicile fixe, qui ne serait pas allé à selle depuis 3 mois… Encore une fois, jeune père qui allait manger, ne me remercie pas pour ce luxe de précision, c’est tout naturel !).

Donc, cette nouvelle pauvreté crasse a contraint Madame à reprendre l’enseignement à temps partiel… Il était temps, la voir traîner toute la journée en marcel plus ou moins blanc devant téléfoot en buvant de la bière donnait un mauvais exemple d’oisiveté pour les punks ! A la suite des aventures de l’été et de son opération, Madame se réjouissait de reprendre une activité professionnelle et abandonner, à son tour, les punks à leur triste sort pour imiter Le Père et aller se la couler douce au travail !
Bon, quand tu n’as que 2-3 enfants, tu peux te permettre de les abandonner simplement sur une aire d’autoroute française, discrétos, sans risquer te faire choper… « Allez vite prendre une table dans le restaurant, je gare le Bus et j’arrive… ». Or, quand tu en as 6, teigneux comme les punks qui plus est, c’est chose nettement moins aisée et il y a toujours quelqu’un pour te les rapporter, c’est fâcheux !

Petit morceau choisi d’organisation… A quelques jours de la rentrée, le Réseau des Toblerones, du nom des fortifications antitank de la région qui ressemblent au chocolat, tas d’incultes historiopathes, ne nous a toujours pas annoncé qui seraient les veinardes, enfin les nounous, des punks… Heureusement, le jour de la rentrée, tout est prêt ! Les deux grands changent d’école et vont devoir marcher un peu. Les deux du milieu restent dans leur école et les deux plus jeunes ne sont pas encore scolarisés (les fainéants ! On est vraiment trop laxistes en Europe : à cet âge en Chine, ils font au minimum des nems, s’ils ne sont pas assez brillants pour monter des composants d’Iphone, et rapportent de l’argent chaque semaine…).
Donc, le matin il faut réveiller les deux grands, les faire déjeuner et se préparer car ils partent en premier, à pied… Enfin, ils partent en grognant comme un banc d’adolescents de mauvais poil après s’être fait courir après et houspiller par Madame et / ou Le Père, en se plaignant que nous les stressons !

Réveiller 3 et 4, si 4 n’as pas été réveillé au moment du réveil de 2 avec qui il partage un lit à deux étages… (Essayez de suivre, je n’ai pas envie de tout réexpliquer 3 fois !?) Les préparer, habiller et, si possible, faire manger. Puis préparer les deux petits pour les poser chez la nounou à 8h. Si Le Père est seul, il lâche alors 3 et 4 pour qu’ils aillent à pied à l’école et court prendre son train qui, heureusement, est tous les matins en retard de 2-5 minutes, ce qui compense les facéties de la nounou…
Dès que je deviens dictateur de la Suisse, je promeus les 500 plus hauts employés des CFF au bichonnage des toilettes publiques, avec coups de fouet dans les gares aux heures de pointe, si ce n’est pas propre au point qu’on puisse manger par terre… Naturellement, je fournis les brosses à dent pour nettoyer bien dans les coins, Nous ne sommes pas cruel, simplement juste et ferme… Une poigne de fer dans un gant de crin !

Régulièrement Monsieur, dans son immense bonté, apporte 5 et 6 chez la nounou et Madame laisse partir 3 et 4 qui partent à pied pour l’école, à la bonne heure. 3 jours par semaine, les punks mangent chez la susmentionnée nounou… Enfin pour 3, 4, 5 et 6, car 1 et 2 ont une autre nounou plus proche de l’école qu’ils fréquentent… Finalement ce n’est pas si compliqué et les matins se passent, comme chez tout le monde, dans le calme, la décontraction et les volutes de musique classique et de vouvoiement…
Dans sa bonté immense et sa naïveté bouleversante, et sans doute dans un grand moment d’égarement, Le Père avait confié sa mobilité à VW… Arrête de rire, lecteur candide, je n’ai encore rien dit de vraiment drôle et Le Père peut parfois être un tantinet susceptible suivant le sujet ! Mes allemandes (je parles des véhicules, lecteur lubrique, reste concentré !) m’avaient toujours donné raisonnablement satisfaction… Mais ça, c’était avant !

C’était avant que je rencontre « Das Auto »… Enfin Der Bus… On ne peut plus vraiment parler de voiture quand on voit un MPPT, le célèbre Multiple Purpose Punk Transporter ! Donc nous avons eu des pannes, les deux clés ont cassé (et non, lecteur de peu de fois, ce n’était l’œuvre des punks, simplement une utilisation normale des clés, juste pour démarrer la bête !), il y a eu la sonde machin, le filtre à particule (pourquoi on dit particule et pas partitête d’abord ?! On voit déjà dans le nom que ça va foutre la merde !?), puis l’huile, qu’il buvait en plus grande quantité que numéro 3 mange des pâtes – ce qui est gargantuesque ! – et le liquide de refroidissement, qu’il consommait par baignoire avant de le baver négligemment dans mon garage… Dire que nous détestions l’engin serait un euphémisme d’ampleur nationale !
Donc à la énième panne, et alors qu’il nous réclamait un service (pas super urgent, il tournait que sur de l’huile neuve, au rythme où on lui donnait à boire !!!) et un changement du filtre à particules, en plus de signaler régulièrement une défaillance moteur et de se brider à 80km, ce qui est très irritant pour les gens patients, ce qui n’est, malheureusement pas le cas du Père (d’être patient !), nous avons décidé que ça commençait à aller, que tant va la cruche à l’eau, à la fin, elle nous les brise et pierre qui mousse, roule !

Donc Le Père est allé faire une étude de marché à 500 inconnues : sachant que nous sommes pauvres et ne souhaitons pas mettre d’argent dans un nouveau MPPT, qui pourrait nous en fournir un et quel est le cahier des charges ? Comment pouvons-nous nous débarrasser du MPPT 1 sans léser une famille ou un particulier ?
Cahier des charges :

1.   Capable de charger 6 punks, le plus loin possible des sièges du conducteur et du passager

2.   Pas un VW !

3.   Surtout pas un VW !!

4.   Vraiment pas un VW !!!!!

5.   Plus jamais un VW !!!!!!!!!

6.  Pratique pour les punks et Madame (donc on reste sur un camion, aucune chance que l’on s’approche de près ou de loin d’une voiture, ce sera très moche, n’aura pas de puissance et sera plus proche d’une bétaillère peu confortable que d’une voiture selon les critères du Père – qui sont les seuls valables, devons-nous réellement le rappeler ?!)

7.   Disponible rapidement, si possible en nous reprenant le MPPT 1 comme début de financement.

8.   Pas plus gros que le MPPT 1 qui, en plus d’être moche, trop large et pas
agréable à conduire était trop haut pour pas mal de parking…

Je voudrais tout de suite dissiper tout malentendu… Non, le fait d’avoir la position de conduite d’un camionneur avec le même type d’accélération (ok, je force le trait, mais quand tu comptes le 0 à 100km/h en minutes et plus en secondes, ça commence à puer grave pour la sportivité et la hypitude !) et des sièges de qualité médiocre, sans maintien (pas besoin, tu ne vas plus faire un virage rapide ou serré qui te tasse dans le côté de ton siège !) des suspensions qui ne ressemblent à rien, 3 tonnes à freiner avec des disques plus adaptés à un scooter ou un skateboard qu’à une camionnette, ne peut pas être considéré comme un véhicule agréable à conduire…

« Oui mais j’aime bien être haut sur la route, on voit mieux et c’est plus sécurisant ! »
Ben pas moi (comme Madame) et je déteste tout ce qui est plus gros qu’une berline sportive et je n’ai pas peur en voiture…

« Fallait pas faire 6 enfants ! »
Merde, voilà !

En même temps, sans les punks, tu n’aurais pas le privilège de me lire, lecteur avide et lectodépendant alors arrête de faire des effets de style et de renâcler !
Non, ce n’est pas une voiture… quand c’est un parallélépipède rectangle mal dégrossi et que c’est classé par les constructeurs dans les « utilitaires »… Ceci implique : rafraîchi en dernier dans la gamme, matériaux moins nobles (et c’est l’euphémisme du siècle ! En même temps, dans leurs esprits, c’est pour aller bosser dans la boue ou supporter des punks, faut pas non plus que ce soit trop confortable, ce serait dommage !), pas de moteur ou alors ils ont pris un modèle qui propulse normalement une brouette ou une Dacia poussive qui, elle, ne pèse que 10% du poids du Bus !

Donc, si c’est un utilitaire, une camionnette de chantier, les punks sont considérés comme du matos de chantier ? Des briques ? Des pièces de lave-linge ou du ciment, selon ce classement ? Ils vont aimer… Ca m’énerve !!! Ok, le weekend prochain nous allons aller, en famille, faire le tour des vendeurs d’utilitaires familiaux pour uriner, alignés le long de la vitrine !
Je m’égare et digresse… Or, Toyota se propose de reprendre notre MPPT 1 pour une somme dérisoire… Je ne défonce pas la vitrine à coup de pelle et ne lâche pas les punks avec incitation à la dévastation du garage et des voitures exposées car je ne peux même pas leurs en vouloir : j’en suis tellement déçu que je n’en donnerais même pas ce qu’il offre… Il faut dire que les punks ont été extrêmement créatifs : carrosserie rayée jusqu’à hauteur de punk et même un peu au-dessus, impact sur la carrosserie en divers points (avec la collaboration de Madame, d’un pot de fleur géant et rouge (si, si,…) et quelques retouches du Père… il n’y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent…) intérieur dévasté, coffre défoncé par la poussette et tout le reste, sans compter le moteur… Même un optimiste béat aurait appelé cela une épave !

Je mets donc une annonce sur Auto******. J’ai à peine reçu l’appel pour valider mon annonce que les premiers appels arrivent !? Les gens sont hystériques. Passés les premiers qui proposent moins que ce que je demande, les offres se concrétisent et deviennent de plus en plus plausibles. Le Père commence à faire monter les enchères, malgré un prix déjà assez intéressant (pour Le Père, on n’est pas non plus dans le caritatif tout le temps !!!).
Petite précision à ce stade… D’accord pour voler n’importe qui et se venger sur le premier venu, qui doit certainement bien le mériter… Mais dès le début, je demande aux gens qui appellent si ce sont des particuliers ou des garages… A partir de la réponse, 2 discours : « non, non, je suis un particulier ! » « ok, vous avez déjà eu un VW ? Bon, alors : nous n’avons eu que des problèmes et je ne le recommanderais pas à mon pire ennemi ! Cette saloperie boit presque autant d’huile et de liquide de refroidissement que de diesel, ce qui n’est pas peu dire… Je force le trait ? On n’a pas réussi à trouver toutes les factures et reçus d’achat d’huile tellement il y en avait. Bon depuis quelques temps, il ne consomme au moins plus une ampoule de phare par mois, ça va déjà mieux. En revanche les clés (oui, les deux) ont pété il y a assez longtemps, donc les nouvelles vont peut-être bientôt lâcher aussi… Je continue ? Prenez un Toyota ou Mercedes !

En cas de garagiste : oui, c’est le bi TDI. Il boit de l’huile ? Ben comme tous ces modèles. Oui, il y a le filtre à particules et un service à faire. La carrosserie ? Nous avons 6 adorables enfants, il y a des marques, il a vécu, c’est pour cette raison que je le vends moins cher que beaucoup d’autres du même kilométrage…
Quelqu’un se dit intéressé pour venir le voir depuis Berne ! Il me propose de le prendre plus cher que ce que je propose !!!! Je lui dis que je le lui réserve et mets au chaud 2 autres acheteurs pour le cas où. Le jour venu, je remets de l’huile et du liquide de refroidissement. La personne fait 2 fois le tour du MPPT, regarde dessous, dedans, dessus, refait le tour et regarde le moteur.

Ok, on peut aller faire un tour ? Oui, bien entendu !
Là tu penses : bon il va s’allumer dans tous les sens et signaler tous les problèmes et en plus il se bride électroniquement à 80km/h après quelques mètres, c’est mort il ne va jamais le prendre… Etonnamment, le Bus se comporte moins mal qu’attendu ! Moins de bruits bizarres et il coopère plus ou moins, démontrant de manière patente une nouvelle fois si besoin était qu’il ne m’aimait simplement pas !

Retour au bercail sans encombre. L’acheteur commence à me dire que la carrosserie est en très mauvais état… que le moteur est au bout du rouleau et qu’il ne va pas pouvoir m’en donner ce qu’il avait promis… Il m’annonce même un prix beaucoup plus bas que ce que je demandais…
Je n’en crois pas mes yeux ! Il essaie de m’arnaquer ?! Mais c’est un métier, merde, on ne roule pas une saloperie de vendeur, ça ne se fait pas !?!?

Le Père le fait donc remonter au prix qu’il souhaitait atteindre dès le début, soit un peu plus de 2 fois ce que Toyota proposait de nous le reprendre… Par principe et fierté, mais aussi pour éviter qu’un garagiste fanfaronne en prétendant avoir roulé Le Père ! Il y a des limites à ce qu’on peut tolérer !



Madame va chercher quelques jours après le nouveau MPPT2. Ce n’est pas beaucoup mieux, en terme de sportivité ou d’échapper à la honte, mais au moins il fonctionne (avec un bruit de pauvre tracteur Tadjik des années 30), est plus ou moins moderne et a assez de siège (mais sans cuir…). Je ferai payer, comme il se doit, aux punks plus tard le fait de devoir voyager en chicken class à cause d’eux !
Une page est tournée, nous buvons avec Madame une petite bouteille pour fêter le départ de la bête de notre garage (qu’on va pouvoir nettoyer : le liquide de refroidissement laisse de jolies traces roses) et poursuivons l’aventure des punks avec un véhicule plus adapté et pouvant asseoir tout le monde !

Reposez-vous, la semaine est loin d’être terminée et les punks sentent la neige !!!

jeudi 14 septembre 2017

90 - Ultra de l'Eiger, course enfants

Amis du ravitaillement et des manchons, bonsoir !

Le Père est remis de son passage zermattesque et retrouve le travail le cœur léger, surtout avec 3 étages à gravir, sans ascenseur, après une course, avec la cheville qui pique un peu à la montée, comme à la descente d’ailleurs… Bien qu’un surhomme, il hésite à monter travailler… Puis à descendre manger, ce qui n’est pas totalement nécessaire finalement quand on y pense, et finit par aller bosser quand même en jurant intérieurement sur l’immeuble, l’inventeur de l’escalier, et contre feu Frank Etage, inventeur des habitations sur plusieurs niveaux, et enfin par principe, merde à la fin, il râle s’il veut ! Il commence à se remettre de la gastro, la vie est belle !

Les punks sont en vacances, ce qui veut dire que lorsqu’il rentre, Madame semble fatiguée (pourquoi ?! Elle ne travaille même pas ?! Le Père est un fin psychologue, il évite soigneusement de poser la question… un coup de rouleau à pâte en marbre est si vite parti…) et les punks sont excités et / ou font la gueule… Le Père les apaise…

Ok, il gueule ou les menace, c’est selon, jusqu’à ce que l’entropie ait atteint un niveau presque acceptable. Le calme revient brièvement sur la maison. Avant la tempête de la phase de coucher…

          Nouméro cinquooooooo, on va faire do-dooooooooo !                

          Non, gnoooooooooooooon !    

Et de rajouter en partant en courant :

          Coucher PAS !!!!

Histoire de clore le débat… Décidément, cette arrogance et désobéissance ne peut être que du côté maternel !

La famille ne fonctionne heureusement pas, comme déjà expliqué aux punks, en démocratie… Et numéro 5, du haut de ses 2,5 ans n’étant pas le plus épais, le plus rapide ou le mieux équipé pour résister aux 100kg de muscles et de délicatesse du Père (attention aux remarques sur le poids ou la taille, futur père insouciant, une fracture est si vite arrivée !)… Il finit dans les bras du Père, tête en bas et les yeux fermés en signe de protestation ultime, pendant que les autres punks lui font un bisou pour la nuit…

          Bisous PAS !!!!

Il commence à se calmer sur la table à langer et s’endort assez vite une fois que : le doudou a été localisé (après avoir monté et descendu 2 fois tous les escaliers de la maison, nouvelle raison de haïr : les étages, les escaliers, les punks qui ne rangent rien, les doudous qui se cachent et la pauvreté qui nous empêche d’avoir un ascenseur), le biberon d’eau a été apporté et mis au bon endroit dans le lit, la veilleuse musicale est en marche et la veilleuse lumineuse est branchée…

Tu as déjà perdu depuis fort longtemps, futur jeune père : 1-2 pieds en marchant de nuit sur des jouets, l’odorat en changeant la couche de junior qui annonce fièrement : Caca ! (25 minutes après largage de la bombe et 8 minutes après débordement dans le short avec léger coulage le long de la jambe, sinon ça manque de drôlerie…), une oreille quand tu as chatouillé junior qui a plus de puissance et d’aigus qu’une meuleuse d’angle sur un rail de chemin de fer neuf, ta patience à force d’être dérangé 17 fois par numéro 4 qui te demande quand tu vas venir t’occuper de lui et numéro 3 qui veut que tu ailles te promener avec lui pendant que tu t’occupes de numéro 5 ou 6…

Donc c’est une soirée tranquille : tu es sur le canapé à essayer de regarder le journal (oui, en replay, tu as des enfants, futur père, arrête de ne penser qu’à toi, c’est fini cette vie d’insouciance et de normalité béate…), tu aimerais te détendre, mais n’ose pas : il peut toujours y avoir 3, 4 ou 5 qui se relève, pleure ou dit qu’il n’arrive pas à dormir… Tu aimerais manger, mais aussi que ce soit tranquille quand tu manges, peut-être même manger un plat chaud pour une fois !?, donc tu n’oses pas commencer trop vite… Si tu avais des velléités de faire du sport, tu es en train de te changer et te réjouis d’aller courir à la frontale, après 21h45, seul comme un gars qui n’a pas d’amis, les autres sports étant compliqués car fermés à cette heure-là… Mais, seul c’est bien parfois, sans le risque que quelqu’un sorte de sa chambre pour te dire qu’il n’arrive pas à dormir, a fait un cauchemar alors qu’il est couché depuis 7 minutes ou autres plaisanteries !

Pour une fois ce lundi finit bien, Le Père se couche vers 2h du mat, normal, petit bib à numéro 6 qui vient de commencer à se réveiller et que tu ne veux pas ignorer au risque d’y retourner dans une heure, alors que tu commençais à trouver le sommeil…

Mardi, alors que Le Père enlève ses chaussures après la journée de travail, il note que sa cheville gauche est enflée !?

Ben non !? Enfin… Ouaip, j’ai eu mal 4-5 fois et le matin ça pique… mais ça n’en fait pas une entorse pour autant, si !? En plus en y repensant, l’entorse de la veille de l’ultra marathon ne semblait pas si violente que ça… Mais d’un autre côté… Ca pique depuis régulièrement… Mais une entorse c’est sur la bas de la cheville… Là c’est gonflé un peu partout et ça pique sur le dessus…

Le Père décide sagement de reporter toute analyse médicale à la fin de la semaine, histoire d’avoir un peu plus de 2 semaines de recul, et d’aller courir une fois les punks couchés…

Sortie course frontale, léger footing, rien de méchant, même pas 10km. Ben ça picote un peu quand même ! Ca doit être les restes de la course de samedi dernier…

Le Père affiche une constance, pour ce qui est de l’entraînement en tous cas, à toute épreuve ! Il ne s’entraîne jamais assez, ne fait pas assez de dénivelé, ne fait jamais attention à son alimentation et surtout ne fait presque pas de fractionné, ne suivant naturellement pas son programme d’entraînement ! Oui, c’est pour des raisons religieuses, principalement, si cela ne tenait qu’à lui, il serait studieux et appliqué comme à son habitude…

Donc entre Zermatt et l’Ultra de l’Eiger, il a décidé de mettre toutes les chances de son côté et de monter une fois à la Dôle, sympathique colline des environs culminant à peu près à 1’677,2m… Normalement, il se gare en bas de la colline, dans la forêt, monte 8,5km et plus de 1’000 de dénivelé et redescend.

Mais pas la première semaine… Entre la cheville et les punks, le boulot et Madame qui ne va pas très bien (voir chronique 88), Le Père dispose amplement d’assez d’excuses pour faire le minimum… Quasiment pas de course la première semaine, donc Le Père est chaud patate quand arrive le weekend ! Il prévient Madame alors qu’elle joue sur son portable, sans prêter attention à la télé ou au Père : demain je me lève et vais faire une bosse, je te tiens au courant !

Madame ayant peu d’humour sur certains sujets (comme toutes les femmes !), j’évite de trop développer et prépare mes affaires une fois qu’elle est couchée. Voulant changer de parcours et de bosse, je me dis qu’en partant tôt, je dois pouvoir aller faire les Rochers de Naye (au-dessus de Montreux pour les moins fans de géographie helvétique) au départ de Montreux…

Comme tout coureur qui se respecte, j’ai tout préparé : mes affaires, un peu à boire et ce que je mange en courant. J’ai repéré le parcours (20 secondes sur internet en regardant un vague plan), je sais où me garer (près de la gare enfin à peu près) et par où passer… Ou presque ! Je me gare dans le parking de la gare, m’équipe rapidement, et sors sous la gare dans la rue… Mon GPS peine à trouver ses satellites (qui ne bougent pourtant pas des masses : c’est vers le haut ! Malgré cela, ma montre prend toujours trop de temps à mon goût pour les trouver…) et je commence à courir, sans trop savoir par où il faut rejoindre la vallée que je cherche…

Je tourne, monte, longe la voie ferrée, retourne et remonte et finis par entrer dans une vallée qui serait sympathique s’il n’avait pas plu récemment, rendant certains passage un peu glissants… La vallée est assez encaissée et avec les arbres, on ne voit pas trop, vu l’heure assez matinale. La luminosité augmente rapidement.

Ca monte et ça monte. J’arrive à un endroit d’où d’autres gens partent. Jusqu’ici je n’ai pas croisé foule, il faut dire qu’il n’est pas encore 8h… A un endroit, un panneau indique les Rochers de Naye soit à gauche en 2h, soit à droite en 2h30. Le Père tourne, il n’est pas là pour prendre les routes de touristes ou beurrer les toasts, et ca monte assez raide dans les champs.

Je dérange un troupeau de chèvres, qui ne me prêtent pas plus d’attention que ça et poursuis mon ascension… Un peu plus loin, 3 ânes sont sur le chemin. Non, ils barrent le chemin… Probablement des locaux qui veulent racketter le traileur moyen… C’est un sentier pas large, bordé d’orties, Le Père les aborde convivial et poli :

          Oh, saloperie !? Tu peux te pousser avec ta grosse, je suis un peu à la bourre et j’ai pas envie de te mettre minable devant tes potes !?

Bon, Le Père magnanime passe à côté du chemin en insultant les équidés têtus qui ont de la chance qu’il n’a pas le temps de tester ses bâtons carbone et leur résolution ! Note pour plus tard, s’acheter un canapé en peau d’âne, même si ça ne ressemble à rien, juste par vengeance !

Le chemin quitte le flan paturesque et ça monte un peu plus sec pendant un moment. Au sommet du raidillon, une cabane à la droite du Père (ça me dit quelque chose la droite du Père…) bouche la vue. Après la cabane, il y a un banc. Rien d’autre. Un banc et la vue de Genève au Valais, de toute la région, sous un ciel chargé mais que le soleil perce par endroit… Rien que pour ça, futur père, tu devrais te mettre au trail !!!

Le Père n’étant pas là pour repasser les serviettes et étant toujours habité par la crainte du rouleau à pâte en ébène de Madame, il se remet rapidement en route pour le sommet. Au moment de repartir de ce promontoire, il voit passer deux coureurs dont l’un en chaussures minimaliste monte très très vite. Le Père a toujours le temps de détester quelqu’un, quel que soit son état ou la distance au sommet…

Arrivée au sommet, dans la brume, le vent et une légère pluie. Il fait un peu frais (normal, on est à 2’042m, tout de même) mais on devine que la vue doit être terrible… Le Père se prend à penser que ce serait chouette d’amener les punks… avant de se ressaisir et de réaliser les heures de râles et plaintes et chamailleries qu’il faudrait endurer pour arriver jusque-là !

Passage aux toilettes du restaurant du sommet, Le Père repart avec son coupe-vent et commence une descente en bombardant, sans attendre la réponse de son sms à Madame : bonne nouvelle, je suis au sommet, mauvaise nouvelle, des Rochers de Naye… Te redis quand je suis à la voiture !

La descente pique au niveau du pied mais est très sympa… Sauf quand on s’approche de Montreux et qu’il y a des rues super pentues (grosse friction et douleur à la papatte) avec parfois des escaliers. Mais ça descend et très vite (petite mise au point nécessaire pour les plus naïfs : ça va très vite pour Le Père ! Oui, si tu regardes avec des exemples de Jornet ou autres OCNIS – Objets Courants Non Identifiés, c’est un peu comme regarder un paresseux – l’animal, jeune lecteur, ne sois pas insultant ! – faire une course avec un jaguar… On a l’impression que l’un des deux court au ralenti…).

La rentrée dans Montreux est bien : le soleil s’est pointé, séchant les routes, Le Père tombe tout de suite sur la gare, sans faire le détour de quelques heures plus tôt : il fallait juste monter avec l’ascenseur au lieu de descendre (oui, ben c’est mal indiqué, merde à la fin… Et oui, je n’avais pas trop regardé non plus, re merde à la fin !).

Sms à Madame et départ pour retrouver les punks avec la satisfaction du dénivelé accompli et de quelques kilomètres dans les jambes sans trop de douleurs hormis le pied…

La semaine suivante est semblable à la première : excès de nourriture en tout genre, sucré ou gras sans distinction, pas assez d’entrainement, très peu de sommeil (trop de sommeil tue le sommeil, mais pas assez de sommeil tue aussi…) et me voilà fin prêt pour le départ, vendredi, pour Grindelwald !

Pour bien remettre les choses en perspective, petit rappel des chiffres et des faits !

Le Père ayant été blessé, il a demandé aux gentils organisateurs de le passer dans la course pour enfants, au lieu de faire la course complète… Donc il y a à ma droite : l’Ultra de l’Eiger, 51km, passage à 2’681m, vue splendide et parcours un peu technique. Face à lui, mesdames et messieurs, à ma gauche donc : Le Père… 25’000m de dénivelé de moins que l’année dernière, 300km de pas assez, 2 séances de fractionné cette année (au lieu de 2 par semaine), 102kg, toujours 2.01m et un pied qui pique un peu…

Pour récupérer le dossard, il faut montrer son sac, avec les objets obligatoires… Oui, je comprends la raison qui leur fait exiger un certain matériel, mais la météo annonce grand beau, je ne pars pas sur le grand, le plus froid que nous allons avoir sera entre 12-15 degrés au-dessus de 0, malgré ça, le germanique (obtus et peu amène) me fait retourner à l’hôtel pour que je puisse lui montrer mon pantalon…

Fin connaisseur de la culture suisse allemande, Le Père renonce – malgré une puissante envie ! – à lui mettre son bâton, son sac et sa main sur la tronche… Récupération du dossard, installation à l’hôtel et préparation du sac pour le lendemain. Le Père mange et se couche trop tard, toujours difficile de dormir la veille d’une course !

Le départ arrive, nous montons et Le Père souffre mais n’est pas si mal que ça… Les kilomètres s’enchaînent et les rencontres. Je passe plus de la moitié de la course avec des Canadiens !? Arrive la plus grande montée, pour atteindre le faulhorn, point culminant et ravitaillement d’où la vue imprenable est un bon moment… Le Père en bave grave, se fait doubler par tout le monde, dont une tortue et un pangolin malade. Manque de dénivelé ? D’entraînement ? De sommeil ? Mauvaise alimentation ? Probablement un peu de tout ça mais ça ne l’aide pas sur le moment !

Heureusement, après la nuit le jour, après la montée, ça descend ! Bon, les premiers sont déjà arrivés depuis longtemps, Le Père bombarde et redouble beaucoup de ceux qui l’avaient lâchement dépassé durant un moment de faiblesse dans la montée.

Le petit souci est que la descente… descend ! Donc le poids du corps appuie beaucoup plus sur l’avant de la chaussure, spécialement les lacets, spécialement là où Le Père est un tantinet blessé… Le Père, comme tout stratège raisonnable et responsable, se dit : rien à foutre, je fonce, on verra après si c’est une entorse !

Ca pique, mais les sensations ne sont pas trop mauvaises… jusqu’au bas de la pente… à quelques kilomètres de l’arrivée, après le dernier ravito, il ne reste plus beaucoup de kilomètres. C’est juste du plat montant ou descendant avec une grande montée qui pique à quelques mètres de l’arrivée ! Le Père serre les dents et jure tout naturellement, se promettant de ne plus courir, s’il était fait pour ça il aurait fini depuis longtemps, merde encore une fois !

En parlant de temps… Il regarde sa montre et se lance dans de savants calculs… S’il se bouge son gros derrière et ce qui va avec, il devrait pouvoir franchir l’arrivée avant les 10h de course… Bon, on serre les dents encore un peu et on avance. Dernière montée, entrée dans Grindelwald sous les acclamations du public (ambiance de folie dans la rue principale !) et course avec accélération à la fin !

Contrairement à toi, futur jeune père, Le Père n’a pas spécialement pour fantasme de se faire fouetter le derrière au martinet à clous, attaché sur une planche à clous elle aussi, par Hilge (allemande à moustache, 1.90m, 108kg, capable de briser 2 vertèbres entre ses mains de camionneuse)… Après avoir repris son souffle à défaut de ses esprits, il décide d’ôter ses chaussures pour rentrer à l’hôtel en chaussettes… Compte tenu de la démarche de certains (et ce ne sont pas forcément ceux qui ont couru les 101km…), personne n’y prête trop attention !

Nouvelle nuit de plus de huit heures de sommeil ! Ok, ça ne se fait jamais en une fois, mais c’est quand même incroyable ! Dire qu’il y a des gens qui dorment autant chaque nuit ! Ils ne doivent vraiment pas apprécier ça autant que Le Père !

Le retour est plus calme. Le Père a compris que l’entorse n° 19 n’en est pas une, et sait qu’il doit aller voir une saleté de vétérinaire pour savoir la suite à donner à cette douleur… Surtout pour savoir s’il va pouvoir aller à l’Ultraks et continuer à donner des coups de pied au c.. des punks !

La permanence de Nyon reçoit Le Père sans égard, ni fleurs, ni fanfare, le 31 juillet… Il a appelé et y va pour faire une radio, vu que la permanence est ouverte ce jour où il a congé… Il rencontre le doc qui… lui fait prendre rendez-vous pour une radio !?!?!?! Note pour plus tard, aller dissimuler un orignal décédé dans un placard pour les incommoder avec l’odeur !

Quelques jours plus tard, après avoir attendu 34 minutes le trouduc de radiologue, il pratique une échographie, probablement pour facturer plus et ruiner ma caisse maladie… Avant de dire en regardant l’écran l’air penseur : oui, c’est pas une entorse… Vous voyez, c’est là que le tendon a arraché l’os ! On va faire une radio pour confirmer…

Le Père ne se met pas à le frapper en hurlant : je vous ai appelé il y a une semaine en vous demandant une radio pour confirmer et vous m’avez fait perdre une semaine pour rien et payé une blinde !? Le tout agrémenté de moultes quolibets et insultes graphiques et crades !

Je dis à Roberto (sais pas son prénom !?) :

          Donc il ne faut plus courir ?!

          Non, tu pouvez courir, ma s’est pas faut faire entorse sourtou !

          Ok, donc pas d’entorse, mais sinon je peux courir ?

          Si, enfin oui !

Donc il n’y a rien à faire, j’ai juste payé très cher pour qu’on me confirme ce que je pensais ! J’exagère, ils m’ont confirmé qu’il n’y avait pas de déplacement, donc de complication… Et après presque un mois, ça s’est déjà calcifié un peu, donc heureusement sinon il aurait fallu casser l’os pour le remettre en place !

Les pages filent telles les baskets du Père dans la pampa vaudoise à la nuit tombée… Je vais déjà devoir te laisser, lecteur avide et impatient, mais ne t’éloigne pas trop du Père en pensées : lui n’est jamais très loin et il reviendra bientôt avec de nouvelles aventures !

Reposez-vous, le weekend est bientôt là et il ne va pas faire très beau : les punks vont être enfermés à l’intérieur !

mercredi 16 août 2017

89 - Zermatt encore...

Amis des biquettes et des pâturages montagneux, bonsoir !

Une fois de plus, je repars de Zermatt en laissant la ville comme je l’ai trouvée… Dans ce cas, plutôt couverte… On a vu le Cervin transpirant des nuages, on a vu le Cervin dans des trouées, sous la pluie et même à un moment sous la neige ! La région est toujours aussi splendide, mais toujours aussi mal plate !

Mais reprenons depuis le début… J’abandonne les punks et Madame vendredi entre midi et 2… Naturellement, c’est beaucoup trop tard, Le Père est à la bourre, le timing va encore être pourri : récupération du dossard pour l’ultra marathon de Zermatt de samedi, monter à Zermatt (donc poser la bagnole à Täsch et prendre un petit train), aller à l’hôtel, se préparer et aller courir…

Je pars de l’hôtel à plus de 17h15, pour une sortie qui devrait durer en tous cas 2h… Je ne sais pas trop dans quelle direction aller alors je me dis que je vais aller voir Schwarzsee, étape fort sympathique de l’Ultraks. Ca n’a pas l’air loin et de toute façon je suis super prévoyant : j’ai pris un petit sac à dos et ma frontale ! Ahahahaahaaaaaa ! Le Père est rusé tel le fennec à poil ras et ne se laisse pas choper 2 fois par la nuit !

Sortie 3ème âge, avec les bâtons, à la montée, je ne croise pas âme qui vive hormis quelques oiseaux et des moutons proches du sommet (ils vivent en altitude toute l’année et n’ont qu’à bouffer et profiter du paysage, je ne vais pas non plus les plaindre de vivre sur des pentes abruptes !? Surtout qu’ils doivent pouvoir faire un temps canon sur un Ultraks avec cet entraînement…).

La pluie étant en approche (immense cumulonimbus menaçant au-dessus de Schwarzsee) et le soleil étant déjà assez bas (derrière les nuages), je décide de ne pas faire le Jacky et prends le chemin de la descente. Bon, là, sans vouloir jeter des fleurs au Père, c’est la voix de la raison, de la maturité, l’expérience de nombreuses années de plans foireux qui ne passent jamais et finissent en galères sombres et retours piteux qui parle !

Je me fais rattraper et doubler par deux sales jeunes trailer et trailerette, qui bombardent à la même vitesse que le commun des mortels au sprint à plat dans une salle de gym… Je ne parviens même pas à leur en vouloir, tellement ils ont l’air de se marrer ! En course, j’aurais tenté le coup de bâton ou de les pousser côté pente, mais là, pas de raison de le faire… hormis la jalousie !

A un moment, dans cette descente, j’ai la cheville gauche qui dérape et part un peu trop… Je la tords mais me rattrape sans casse à priori. Je poursuis la descente en faisant un peu plus attention, histoire d’être valide le lendemain.

Retour à Zermatt après 20h, c’est toujours un grand succès de croiser les gens habillés pour le vendredi soir, dans une station un peu huppée, alors que tu es tout transpirant, couvert de terre et de boue jusqu’à mi-mollet, avec ta pauvre casquette (avec courbes de niveau correspondant à la transpiration séchée) et tes manchons…

Lavage de la bête, ce n’est pas du luxe, on dirait une voiture du Paris-Dakar qui passerait dans un lavage de caisse après une journée de boue ! Là, je marque une courte pause famille… Jeune futur père qui veut courir, sache que si tu veux être totalement certain de faire ta course dans des conditions neutres, c’est-à-dire sans être trop fatigué, sans être porteur de maladie (exotique ou non), le bon moyen est de quitter la maison 1-2 mois avant ta course…

Donc j’ai la gastro… Cadeau de numéro 4 qui l’a eue cette semaine et que numéro 5 commence à avoir samedi… C’est pas super grave, pour un athlète comme Le Père, mais ça peut peser un peu sur le moral, les performances ou les dessous, à la longue…

Pasta, retour à l’hôtel, carbolevure et préparation pour le lendemain. Avec le réveil à 6h, je n’ai heureusement pas trop dormi (trop de sommeil tue le sommeil et il faut éviter de t’habituer à dormir, futur père ! Tu n’y penses pas !!! Comment tu pourrais vivre après avoir connu le sommeil, avec 3-4 heures par nuit, une fois ta descendance née ?!), m’équipe et descends pour le petit déjeuner.

Je suis au top de la forme : mal dormi, la gastro m’a gardée éveillé jusque vers 1h du mat et fait que je n’ai pas grand-chose dans le bide, donc pas trop de carburant pour cette journée, je commence même à avoir un peu la nausée, je suis au taquet…

Le train est plein comme un jeune valaisan un soir de weekend. Dernier passage au toilette (merci junior) et je vais me mettre dans la zone de départ. Naturellement, et bien qu’étant avec un tas de pelés qui ont des dossards pour l’ultra, le bloc n’est pas le bon, je pars donc 3 minutes plus tard que ce que je devais… Ca fait partie de mes habitudes, je ne me formalise pas, je finirais 2ème au lieu de premier !

Attention, j’ai noté qui rigolait !

Donc on part ! Ca court dans tous les sens, rapidement ça freine dans St-Niklaus qui n’est pas vraiment prévu pour avoir des furieux qui courent en troupeau dans les rues. Je redoute la première partie qui est roulante comme on dit : on doit pas mal courir et étonnamment, j’ai autant envie de courir que de subir une fouille des cavités par un douanier de 143kg à l’œil torve… Suis pas trop préparé cette année et pas top à cause du bide, du manque de préparation, du manque de sommeil… Je trouve un tout petit rythme, mais à la vitesse je vois bien que ça va pas être simple…

Comme d’hab, à chaque rétrécissement du chemin, ça marche, mais cette année cela ne me gène pas trop, et comme d’hab, le peloton s’étend assez vite… Assez vite, on ne se fait plus trop doubler et assez vite, on double et se fait redoubler par les mêmes. Pas totalement plat, pas que de la route, heureusement pas trop chaud ou pas tout le temps, je me dis que je verrai à Zermatt si je poursuis !

La partie basse est longue, mais on finit par arriver à Zermatt… A ce stade, Le Père est fatigué, mais toujours plus ou moins vivant. On va jusqu’au bout de Zermatt et on revient pour entamer la montée… Le Père est sec, ou plus ou moins… Je rattrape une dame du cru qui pousse son vélo en rentrant de courses… Je commence à pousser son vélo par le porte-bagage. Elle sursaute, regarde son vélo comme s’il avançait tout seul et finit par éclater de rire quand elle réalise que c’est moi qui le pousse (probablement plus logique que le vélo qui se met à monter la pente tout seul, mais pas le temps de phisolopher !)… Elle rigole tellement qu’elle doit encore en parler à ses copines, du grand Welch qui lui a fait un Witz !

En attendant, j’en bave. Ca monte, il fait chaud, marcher, courir, marcher… J’ai parfois un peu mal à la cheville, mais ça doit être la fatigue ! Je tombe sur un Allemand en perdition et essaie de l’encourager… Il repart mais ne va pas très vite. Causer un peu avec lui m’a remis un peu sur pied et je finis par le distancer…

Je sais, ça doit signifier qu’il avance à la vitesse de la moraine d’un glacier, un peu facile de se moquer quand on est peinard devant internet à siroter un coca au lieu de courir ou de marcher !

Malgré le temps couvert, la région est toujours aussi belle ! Les bénévoles sont sympas d’être là car, sans courir ou marcher, il commence à faire froid à cette altitude !

Pour le moment, hormis des douleurs de chevilles et la gastro, je suis juste fatigué mais n’ai pas trop de douleurs aux jambes… Me serais-je remis du Trail de la Pierre à Voir ?! Surprenant… Petit bouillon au ravito avec vue sur le Cervin, ça monte toujours !

Quelques parties descendent, c’est tant mieux Le Père étant plus à l’aise quand ça descend – si ce n’est pas trop pentu ! – et la cheville commence à piquer… Le Père met cela sur le dos des restes d’entorses diverses et variées qu’il a eues et trimbale gaillardement depuis sa période basket… De toute façon, il est déjà beaucoup trop loin de Zermatt pour abandonner !

Je rattrape un Américain dans la montée qui longe la voie ferrée montant au Gornergrat… Il a couru un marathon (à plat, donc) aux USA, s’est un peu préparé, toujours à plat et commence à trouver la Suisse nettement moins drôle ! Nous passons quelques kilomètres ensemble, puis il repart avant moi d’un ravitaillement.

Nous sommes près de l’arrivée du marathon : encore quelques mètres de montée, 200m à plat sur la gauche et la ligne quand je retombe sur Donald, mon Américain… Ok, il ne s’appelle probablement pas Donald, mais je ne connais pas son prénom et me vois mal l’appeler Foulques ou Jérôme. Il est livide, assis sur un caillou… Je lui souris (oui, Le Père trouve la force de sourire, c’est ça le trail, même décédé depuis 22 kilomètres, tu trouves encore la force au fond de je ne sais où… c’est magique !) et lui demande ce qu’il fait…

Il me dit qu’il s’arrête, il n’en peut plus, il laisse tomber… Je lui tends la main et lui dis que je ne pars pas sans lui, qu’il est arrivé, plus que 100m !!!! Je le relève et, une fois debout, passés les premiers mètres, il me remercie et se remet à courir… Les USA finissent leur Marathon de Zermatt et sauvent la face à Riffelberg !

Bon, à moi de finir maintenant… Plus que 3,4 km, ça ne peut pas faire mal, non ?! Et bien si, justement !!! Au-delà de la distance symbolique, même si Le Père court déjà depuis un bon moment et commence à en avoir un peu plein le dos, c’est surtout la partie dénivelée qui pique : + 504m… Là aussi, ce n’est pas des masses, mais les deux combinés et après 42,195km… Ca lance !

Nouvelle pensée pour les bénévoles : tous les 2-300m, même moins, il y a un bénévole ou un secouriste… Il fait froid, nous sommes au-dessus de 2’585m, le temps est souvent couvert, il y a du vent, ils sont courageux de rester pour les quelques pelés qui s’entêtent et n’ont pas encore fini !

On est 4-5 à être assez proche depuis le dernier ravitaillement. Un jeune est parti beaucoup plus vite que moi sur cette partie, il explose à moins d’un kilomètre du sommet et se pose sur un rocher. Je lui propose de l’aide mais il me dit qu’il va repartir dans un moment…

Ca n’en finit pas, mais on voit les plus hauts sommets de Suisse, la vue est moins belle du fait du temps, mais c’est épatant quand même. Je sens les jambes et la cheville, j’ai le bide qui fait des nœuds, mais on ne va pas craquer à 2m du bol de sangria, merde à la fin !!!

Je bois un peu, prend un shot de magnésium (je ne sais pas si ça sert, mais ça a plutôt bon goût et je ne sais plus quoi bouffer pour me donner de l’énergie !) et continue pour les derniers 1’000 m. Le Père arrive à la passerelle qui enjambe le train et ce sont les derniers mètres de montée ! Je dépasse un gars qui marche et parviens à courir la rampe constituant les derniers mètres de la course !

Mes jambes sont mortes, le reste est proche, il neige un peu (hein !? de la neige ?! Ah oui, on est à 3’089 m tout de même…), médaille et je rentre au chaud attendre le train et recevoir mon maillot.

Dans le train qui redescend, des coureurs mêlés à de rares touristes (malgré le temps, il y en a toujours). Ok, on a tous couru 45,5 km, mais est-ce vraiment une raison pour rester assis quand des vieilles dames montent dans le train ? Les trailers n’ont pas tous l’esprit trail, il me semble, ou il y a quelques coups de bâton qui se perdent (et au prix du Black Diamond, ça me ferait mal de le casser sur le derrière d’un collègue de course mal poli…)!

Retour Zermattesque. Le Père se douche, ce qui lui rappelle le nettoyage au kärcher des hippopotames au zoo de Mumbaï, en un peu plus sales… Repas sommaire et coucher rapide.

Je ne sais pas pour les autres, mais pour Le Père, la douche et la nuit suivant un trail font partie des grands moments de l’année ! Et plus la course et longue et dure, plus ces moments sont agréables… A se demander s’il n’y a pas un lien entre l’effort et la qualité du repos…

En théorie, Le Père devrait aller courir le lendemain aussi… Il a déjà couru une quinzaine de kilomètres la veille, avec +1’000 m de dénivelé, ce serait bien de refaire un peu, comme l’année dernière, en préparation de l’Eiger… Une année avant, il était simplement remonté au Gornergrat par un parcours proche de celui de la partie haute de l’Ultra Marathon… Là je laisse tomber ! La gastro et l’état général sont à un stade de délabrement qui fait qu’il est plus sage d’arrêter temporairement les conneries et de rentrer calmement… Une nouvelle fois, c’est la maturité qui parle… Oui, lecteur insouciant et téméraire, c’est peut-être l’âge, je le concède…

Donc Le Père plie bagage, reprend le train, puis sa petite bagnole, et enfin la route de la civilisation… En partant de Täsch, on longe le bas du parcours de l’Ultra Marathon couru la veille et qui semble déjà loin… Après une pause pour acheter des abricots valaisans, il rentre à la maison où les punks l’attendent de pied ferme : ils exigent une balade !

Le dimanche va être long, la cheville pique un peu, le bide aussi, mais Le Père a enfin passé une super nuit. Oui, jeune futur père, c’est la triste réalité qui t’attend les bras ouverts, il faut prendre les rares plaisirs là où ils sont, une fois que tu es devenu père ! Une bonne journée est une journée durant laquelle tu souffres moins, pas durant laquelle tout va bien ! C’est fini ça !

Reposez-vous, de nouvelles aventures pourraient arriver bientôt et les vacances ne sont pas finies pour les punks !

La même sur le site de Madame !

jeudi 10 août 2017

88 - Madame est malade !

Amis des urgences et des marabouts, bonsoir !

Mon lecteur attendri et fidèle sait en quelle haute estime je tiens la gent médicale… Madame n’a pas de médecin attitré hormis sa gynéco, qui fait quasiment partie de la famille pour des raisons évidentes, depuis le temps, car elle est peu malade… Un pote dirait : c’est du solide, c’est allemand ! Eh ben, même pas…

Or, Le Père est en vadrouille, avec un programme délirant dont lui seul a le secret : rendez-vous et lunch à Zoug, puis rendez-vous suivant en Valais à Sion… Il y avait aussi l’Australie, à la place de Sion, mais c’était moins drôle et exotique…

Donc Le Père est à Zoug lorsqu’il reçoit un message de Madame : j’ai 36,4°C, je suis malade… Madame, comme tout animal à sang froid, à une température corporelle très basse et les chiffres sont à considérer avec ce filtre… Comme toutes les féministes, elle se moque des hommes qui sont faibles, à l’article de la mort à la moindre maladie ou pour un rhume, alors qu’elles supportent des accouchements, elles !

Je m’empresse de lui répondre : tu veux que je rentre en urgence ? Accompagné de force smiley soulignant le caractère caustique de ma remarque humoristique. Je suis à Sion quand un autre message me fait savoir que Madame a 38°C et va se coucher. Je ne me moque plus et lui souhaite une bonne nuit.

Le lendemain, Le Père s’occupe plus ou moins des punks et laisse Madame essayer de se reposer. A la fièvre s’ajoutent des douleurs bidales. Madame, comme toute scientifique, s’adresse à ses amies de Facebook pour avoir leurs idées sur son état !?!?!

Alors, sans vouloir dénigrer personne, autant FB peut avoir de temps à autre une utilité marginal pour trouver un tuto sur la meilleure manière de ravoir un slip sale ou de déboucher un évier par une méthode à la con… autant il y a des sujets pour lesquels je suis plus circonspect ! Oui, il y a des années, on lisait dans le sang d’une poule égorgée ou dans du marc de café pour trouver les maladies des gens, avec un succès discutable, ce n’est pas une raison pour ne pas rétablir un peu d’aléatoire dans une profession qui procède principalement par essai et défaut : le patient a survécu, j’ai dû faire juste, à moins que ce n’était pas ce que je pensais ou pas grave !

Madame étant résistante, je décide de procéder par méthode ancestrale : Le Père met les 4 plus grands punks devant un DVD, charge les deux plus jeunes dans le MPPT et assomme Madame avant de la traîner par les cheveux chez le médecin de garde (on est samedi soir)…

Comme attendu, celui-ci ne sait pas de quoi il s’agit mais suggère à Madame des examens complémentaires à l’hôpital… Comme elle n’est pas motivée, Madame parle d’y aller lundi !

Le Père explique qu’avec les enfants à l’école, ce ne sera pas plus simple lundi, réassomme Madame et la retraîne par les cheveux à l’hôpital de Nyon… Pas par choix, nous ne sommes pas fous, mais simplement parce que nous sommes déjà à Nyon pour le médecin de garde et nous y avons une carte platine, à force d’y passer avec numéro 4 pour ses détresses respiratoires, pour l’accouchement de numéro 5, la radio du ventre de ma princesse (lorsqu’elle avait avalé une pièce),… enfin on connaît bien quoi !

Je la laisse à l’hosto, part pour la maison voir si nous en avons toujours une (j’ai quand même laissé 4 punks en liberté dedans, ce qui est hasardeux, malgré le film !). Elle subit : prise de sang, scanner et autres drôleries médicales. Ils trouvent quelque chose dans son ventre, sans trop savoir quoi, une masse. Ils sont comme des médecins : soit ils ne donnent pas d’informations, soit ils ne savent pas et doivent faire des examens complémentaires… Madame me demande de lui apporter du matos pour passer la nuit.

Le lendemain, IRM et les médecins lui confirme qu’elle a une masse de 12-14 cm de diamètre dans le ventre. Elle va devoir subir une biopsie, sans savoir quand, ne peut pas sortir tant qu’elle a de la fièvre, est sous antidouleurs. Intervention de La Blonde qui vient garder les punks pendant que je vais voir Madame et lui apporte ce qui peut lui manquer.

1-2 visites sont organisées avec les punks, pas très longues, forcément : le bruit n’est pas idéal pour les hôpitaux, il y a pleins de machines avec pleins de boutons à toucher dans chaque chambre, il y a une colocataire dans la chambre de Madame,…

Entre temps, les docteurs se succèdent, tantôt alarmistes (il y a trois possibilités, deux graves et une potentiellement létale !), tantôt réconfortants (tant qu’on n’a pas les résultats de la biopsie, on ne sait pas ce que c’est…). Je demande à Madame de m’obtenir un entretien avec ses docteurs, histoire de me défouler un peu et de les insulter…

Elle est libérée avant que je ne puisse avoir mon entretien… Le résultat est : tumeur non cancéreuse, ce n’est pas malin, mais il faudra opérer. Elle va avoir un rendez-vous avec le chirurgien pour décider la date et tout organiser…  

Je prends congé pour ce rendez-vous et me réjouis de secouer le chirurgien ! Le rendez-vous est naturellement repoussé, le jour même, sans trop d’explication ni d’excuses…

Nous partons pour le CHUV quelques jours plus tard. Madame me laisse dans la file d’attente d’entrée au parking et va déjà s’annoncer, pendant que Le Père peste et jure en attendant impatiemment son tour… Il fait chaud et Le Père a peu d’humour.

A ma grande surprise, ce n’est pas le médecin stagiaire (ou en tout cas trop jeune pour avoir vraiment exercé et connu autre chose qu’une épidémie de rhume des foins ou la grippe saisonnière) que je me réjouissais de découper à coup de questions acerbes avant de l’enterrer dans le sous-sol du parking ou au détour du toit végétalisé…

Le chirurgien qui se présente est chef de clinique, accompagné de deux jeunes médecins. Il est clair et précis et nous indique tout ce qu’il sait et les démarches entreprises… La biopsie n’a pas été analysée par un laborantin boutonneux peu attentif regardant sa BD manga d’un œil torve au lieu de se concentrer sur son trvail, mais à deux reprises et par le CHUV… Pour plus de sécurité, il a envoyé un échantillon à un spécialiste européen qui lui a fourni les mêmes conclusions : ce n’est pas malin… enfin pas grave…

Donc une masse a poussé dans le vendre de Madame, poussant les organes de côté ou en haut, sans que ce soit trop grave. Elle n’est pas branchée sur un organe ou à un endroit qui rende l’opération particulièrement dangereuse, mais compte-tenu de sa taille, il va falloir opérer. Le chirurgien répond à nos questions et nous indique ce qui va se passer le jour j, nous donnant aussi une date probable pour l’opération… Enfin une semaine probable, une fois malade, personne n’a besoin de travailler ou de s’organiser pour faire garder les punks, c’est bien connu !

Rencontre avec une infirmière qui pose les questions habituelles à Madame et lui explique encore maints détails sur l’opération. Nous repartons un peu rassurés, surtout que mes contacts me confirment que le chirurgien qui s’occupe d’elle est le plus compétent qu’on puisse trouver en Suisse, à égalité avec un Zurichois…

Il va sans dire que la profession ressort grandie, dans l’esprit du Père : sur la douzaine de médecins rencontrés par Madame, il y en a finalement eu un de compétent, ce qui représente un de plus que ce que je pensais et quasiment un miracle… J’attends l’opération pour me prononcer, mais il se pourrait que je finisse par reconnaître éventuellement que certains médecins peuvent avoir une efficacité légèrement supérieure à celle des marabouts ou d’un placebo…

Il nous faut attendre encore plus de 2 semaines et harceler une assistante ou deux pour avoir la date officielle de l’opération. Ce sera pendant les vacances, nous allons donc pouvoir caser 6 punks chez les grands-parents pendant un moment, mais la gestion va être sportive : avec un job commencé il y a peu, je ne peux pas prendre une semaine de congé pour son opération et la période d’hosto, et un mois pour la période de rémission… Pas sûr aussi que Madame soit sur pied pour commencer son travail en août, il va y avoir encore sujet à chronique, lecteur avide !

Dormez, les vacances sont loin d’être finies et vous allez encore devoir garder les enfants un bon moment avant que l’école vous en libère !

La même sur le site de Madame !