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Né il y a quelques années, no 2 n'a pas dormi pendant 19 mois, se réveillant chaque nuit. Ceci coïncida avec mes trajets à Zürich (réveil à 4h15). Un collègue a noté ma tronche de déterré. La première chronique était née.

mercredi 11 janvier 2017

Matinale (Si ! Si !) - 11.01.2017

Pour changer des sujets qui fâchent et qui font peur, regardons ce que nous réserve l'actualité...

RTS parle de guerre fiscale rallumée à Genève... On va encore passer pour des quiches : alors que tout le monde est en guerre contre le terrorisme ou les extrémistes (suivant le degré de politiquement correct), nous on se bat contre les impôts ou pour les impôts ! C'est sûr que c'est mieux que la guerre à la moumoute jaune, mais ça ne fait pas sérieux... 

Un spectacle en France (où d'autre !?) propose de faire revivre sur scène des chanteurs décédés sous forme d'hologrammes... Outre les protestations de certains, je ne comprends pas trop qu'on paie pour aller dans une salle voir, moins bien qu'à la maison, des chanteurs déjà décédés... La tournée doit passer en Suisse, n'ayez pas peur, vous devriez pouvoir en profiter si vous le souhaitez... Pour le Père, Claude François, Sacha Distel, Mike Brant et Dalida sont mieux morts que ressuscités, donc foutez-leurs la paix !

Pour finir sur une note positive : 1'200 chrétiens auraient été tués en raison de leur foi l'an dernier... Là, pas le droit de commenter, ils n'ont pas la bonne religion pour qu'on ait de droit de les plaindre, sinon on passe pour un facho. Je ne vais pas en rajouter pour ne pas aggraver mon cas... je me réserve pour les féministes !

Sois sage, lecteur avide ! Je vais vite revenir : la gastro est passée et repassée par chez nous, à la grande joie des Punks et de Madame... Chronique bientôt !

Yipikaï !





 

dimanche 1 janvier 2017

Matinale - 01.01 2017

Bonne année 2017, lecteur fidèle, avide et nombreux !

L'année a bien commencé, tu as fait la grasse matinée jusqu'à midi... Enfin 8h pour ceux qui ont des enfants et de la chance, 6h17 pour les autres...

A cette saison et avec l'épidémie qui traine, tu as commencé par doucher numéro 5 (enfin le petit dernier, il faut adapter le numéro à ta réalité, jeune père vaillant), la tête au fin fond du c... car avec la gastro il avait encore commis un JDMDD (Jambe Droite Milieu Du Dos)...

Un pyjama, un body et un drap ont déjà trouvé la mort durant ces quelques heures de 2017. Si tout va bien, tu es trop fatigué pour bien sentir la puanteur qui entoure ta descendance. Si ça se trouve, tu l'aimes encore, malgré ça, mais c'est peu probable !

L'année a commencé comme elle a fini: dans le sang. En Turquie, un attentat fait 39 morts dans une boite de nuit... Déguisé en Père Noël... Il n'y a vraiment plus de respect !

Heureusement, malgré cette odeur de décharge de la banlieue de Mumbai, malgré les mauvaises nouvelles, réjouis-toi, jeune Père : Le Père reste fidèle au poste, la chronique ferme et le poil doux, pour garder ton moral et te faire sourire, malgré le sommeil !

Passe une bonne journée et encore bonne année 2017 !

Restez fort !

mercredi 28 décembre 2016

Test en paterindignité : Altra Torin 2.0 first blood


Amis du lacet et de la chaussette mouillée, bonsoir !
Face à la recrudescence des pseudo spécialistes et testeurs en tout genre qui fleurissent sur le ouèbe, le Père se devait de réagir, en tant que légende du sport et maître es course et lettres, et apporter sa pierre, que dis-je, son obélisque, enfin sa godasse, à l’édifice…
Et puis, c’est comme dans le monde de la mode : vous voulez des conseils vestimentaires et régime d’une anorexique qui tire la tronche ou d’une personne normale ? Ok ce n’est pas un bon exemple… Mais bon, si vous voulez de l’impartial, du test qui tache, sans technique et prétention, d’un gars qui n’y connaît rien mais pétri de bonne volonté et de talent ? Eh bien, lecteur aventureux, tu es bien tombé, petit veinard !
Résumé des forces en présence : à ma droite Le Père ! Taillé pour la course, 2.01m, 98kg de classe, de grâce et de mauvaise humeur, beau bébé (merci lecteur fidèle, mais vil flatteur !), pas couru depuis 15 jours… A ma gauche, fraîchement sortie du carton, une paire d’Altra Torin 2.0 grises, qui n’attendent que de s’ébattre sur le bitume et le chemin de forêt… La rencontre, ou plutôt le choc des géants, peut commencer !



Après 2 semaines d’arrêt plus ou moins forcé (voyage et courante tropicale rapportée avantageusement d’Afrique), le père n’a pas trop couru en raison d’une solide attaque de flémingite aigüe et d’un temps froid, couplés à des excuses à 2 francs CFA du style : 3/5ème des punks malades, Madame un brin fatiguée (elle est juste enceinte de plus de 6 mois et a 5 enfants, y a pas non plus de quoi en faire tout un flan ou tout rapporter à soi…)… Puis re-voyage et pas motivé et pas le temps : bilan 2 pauvres sorties en 5 semaines !
Il faut dire que le Père est un coureur naturel… que dis-je un coureur né ! J’ai toujours couru… enfin surtout depuis 5-6 ans… et rarement plus de 2 fois par semaine… Le testeur normal pèse environ le poids d’une de mes jambes, court de 4 à 28 fois par semaine, ne mange pas de gras, de chocolat ou autre chose que de la salade sans sauce… Quelqu’un de triste et qui ne doit avoir d’ami que des arbres et d’autres coureurs fanatiques… Ok, je n’ai pas d’amis non plus, mais c’est parce que j’ai 5.5 enfants, avant j’en avais !
Bon, trêve de psychologie et justification… C’est avec la motivation du pangolin qu’on amène à la cuisine dans une banlieue pékinoise (si, si, ça se mange… comme les chats et les chiens…) que, n’ayant trouvé aucune excuse valable pour retarder mon départ ou ne pas sortir, je finis par m’équiper…
21h15, il fait froid, les punks sont plus ou moins couchés (5.5 punks, tu n’as jamais de certitude qu’ils ne se soient pas relevés ou qu’ils ne soient pas en train de lire à la frontale sous la couette… ça doit venir de leur mère ce côté espiègle), Madame mange, je peux partir lâchement !
Je ressemble à un SDF sur lequel on aurait fait tomber un tas d’habits sombres mal ajustés et pas assortis : un moule paquet à manche longue en bas, 4 épaisseurs en haut, réflecteurs et clignotants aux bras, bonnet, frontale de compète (le modèle où tu as la tête qui recule quand tu l’allumes, tellement elle est puissante… genre qui rend tout plus blanc que blanc !), chaussettes déjà portées…
Oui, alors ce n’est pas du fétichisme, mais il ne faut pas mettre des chaussettes jamais portées, dixit tous les coureurs sérieux… Ca ne se fait pas, jeune lecteur débutant dans la course, un point c'est tout ! Donc les miennes sont à point : entre je-reste-collée-au-mur-quand-on-me-lance et parfum-renard-mort-tartiné-à-l-époisses-pas-frais.
Mon GPS cherche les satellites (ça ne devrait pas être trop compliqué, ils sont tout le temps au-dessus, je ne comprends pas que ça prenne aussi longtemps !?), je marche jusqu’au bout de notre chemin pour mettre la poubelle au container (oui, le Père indigne est avant tout un père, comme son nom l’indique, avec toutes les tâches sexy qui accompagnent le grade de père)… Je regarde mes pieds…
Reçu la veille du fantastique site www.runnerin.ch (site qui vient spontanément de décider de m’octroyer une subvention de CHF18’793 – merci, il ne fallait pas ! - et un bon d’achat de CHF750 du fait de la publicité que je leur fais ! Je vais probablement accepter : tout le monde est achetable, corruptible, surtout moi !), mon immense carton est tellement léger que je pense tout de suite qu’ils ont mis seulement les boîtes et pas les chaussures…
Etonnamment rien ne manque et je découvre deux paires d’Altra (une route et une montagne) et une paire de FiveFingers.
Bon ok, par rapport aux sites qui testent habituellement du matos, je paie et ce sont les miennes… Donc je vais pouvoir les tester sur la durée, les user comme un calebute d’adolescent (porté des deux côtés, jusqu’à ce qu’il y ait un trou), ça va saigner !
Je fais partie de ces gens qui avaient toujours dit : non, les Hoka et autres chaussures de drag queen à plateforme ce sera sans moi ! Je fais déjà 2m, si tu rajoute 30cm de semelle, j’ai trop de prise au vent pour pouvoir encore avancer…
Oui, je n’aime pas forcément ce genre… Mais même si elles paraissent un brin épaisses visuellement, les semelles ne sont pas plus grosses que celles de mes Asics...





Il demeure : lorsque tu cherches des chaussures avec un drop de zéro (donc pas de différence d’altitude entre l’avant et l’arrière du pied, contrairement à tes baskets habituelles qui mettent ton pied avec le talon plus haut que la pointe… te confortant dans une position de course peu optimale…), tu tombes assez vite sur des FiveFingers ou des Altra.
Le Père a pris le modèle gris, semelles jaunes… Par goût (exquis dans mon cas), et parce que ma taille n’était pas dispo dans toutes les couleurs, étonnamment…

Bon, sans vouloir prendre la défense du site qui me les a vendus, je n’ai quasiment jamais trouvé ma pointure ailleurs, surtout pas sur plusieurs modèles et jamais à des tarifs acceptables ! Faut dire que la pointure 83 est peu produite et assez demandée ! C’est une blague, ma vraie taille se situe entre la pointure 17 et la pointure 49,76… mais plus près de la seconde que de la première !
J’ai déjà des FiveFingers qui, hormis le fait d’avoir les orteils séparés (ce qui fait beaucoup rire les punks - même pas mal : je cours principalement de nuit !) et de ressembler à des gants que t’aurais mis au mauvais endroit, ont une semelle qui fait 3mm d’épaisseur, te laissant ressentir jusqu’à l’état d’esprit de la personne ayant peint les lignes blanches sur la route, ainsi que chaque cailloux… Mais avec lesquelles tu te sens libre… Comme courant pieds nus ! Contrairement aux Altra, aucune erreur n’est pardonnée et elles ne sont pas idéales pour faire la transition d’un style de course classique à de la course naturelle…
Le site d’Altra indique, partout, qu’il faut impérativement prendre une pointure de plus que ta taille habituelle de chaussures… Comme ils ne font pas une taille de plus que ma pointure, je prends la taille habituelle… Et ça suffit largement, à ce que j’ai pu voir lors de cette première sortie !
Avantage énorme des Altra : la largeur ! Ami canard, pingouin ou simplement à pieds larges comme moi, ces chaussures sont aussi pour toi ! L’autre aspect déstabilisant de ces chaussures est le poids : elles sont hyper légères et j’ai l’impression de ne quasiment rien avoir aux pieds.
A mes pieds, les Altra brillent dans la lumière de ma frontale comme le miroir d’une maison close de Tijuana ! Le fabricant a jugé bon de mettre une bonne dose de bandes réfléchissantes, ce qui m’arrange vu que je cours principalement de nuit.



Satellites trouvés, je commence à courir… Bon, le testeur moyen court habituellement à 30-33km/h, moi je vais à 10% de ça… Oui, ça va ! Je te dis que je sors de 5 semaines avec seulement 2 sorties, il n’y a pas de miracle…
Ok, même en temps normal, je ne suis pas à 20km/h, ni a 17, quasiment jamais à 15 (sans assistance cardiaque et respiratoire) parfois à 12, généralement à 10. Ca me laissera plus de temps pour bien sentir les qualités et défauts de la chaussure testée… Et je n’accepte les critiques que de ceux qui font beaucoup mieux, avec les mêmes mensurations avantageuses et résistent au blâme façon tromblon ou Morgenstern !
La boucle pour laquelle je pars est principalement sur du bitume avec un kilomètre de chemin de forêt, rien de challenging pour mes Asics Trabuco habituellement, mais je veux voir ce que donnent ces chaussures « route » lorsqu’on n’y est plus.
Les Altra s’en sortent très bien. L’espace au bout donne le sentiment de ne pas avoir de chaussures et la légèreté est bluffante ! La position du pied encourage à poser à plat ou sur la pointe du pied et décourage l’attaque talon.

L’amorti est bon sur la plante ou le milieu du pied, plus dur en cas d’attaque talon mais sans être douloureux. La largeur ne semble pas engendrer de frottement et il n’y a pas besoin de les former ou de risque de choper quelques cloques… Dans la mesure où le Père arrive aisément à avoir des cloques, même sans chaussures, en chaussettes ou pieds ­nus, c’est un point sensible pour moi !
Cette chaussure est idéale pour faire la transition vers la méthode de course naturelle, du fait de cette tolérance autorisée par l’amorti (même pour un gros comme moi – j’ai le droit de le dire, lecteur taquin, pas toi, rappelle-toi, le Morgenstern !). Le même exercice avec mes FiveFingers entraînerait invariablement mon physio à commander la piscine de ses rêves ou un SUV doré avec des jantes qui tournent lorsqu’il est arrêté, tant cela serait dévastateur et prendrait longtemps à soigner !
Très vite, les soucis commencent… Pas du point de vue des chaussures, qui sont top, mais j’ai trop chaud ! 4 couches en haut, beaucoup trop. Je me re-promets de ne plus jamais mettre trop d’épaisseurs, en sachant que je n’aurais pas le courage de partir avec le minimum.
Comme je cours de nuit, je n’ai pas trop la honte de me faire dépasser par un hérisson ou une limace de course en training Adidas, ou qu’un voisin me reconnaisse... « Ah merde, c’est toi le Père ? Je ne t’avais pas reconnu, je croyais que c’était le pervers qui s’est échappé la semaine passée, ou un tueur en série… tu m’as fait flipper ! »
Je me fais doubler par tout le monde : un orignal, une vieille dame avec son yorkshire, un scarabée… Pas couru depuis longtemps, trop lourd, les chaussures n’y sont toujours pour rien malheureusement ! En même temps, ça doit te changer des testeurs extraterrestres qui courent le marathon en 2h et l’Ultraks en 4h ! Et une sortie de 12km qui dure 4h (je n’exagère pas de beaucoup…) donne plus de temps pour bien ressentir le produit alors que le gars qui fait ça en 30 minutes n’a pas encore commencé à entamer la godasse !
J’accélère pour rattraper la petite vieille, donne un grand coup de pied à l’écureuil qui sautille au bout de la laisse qui s’envole dans un immense « kaï » surpris et déchirant. Départ au sprint dans un éclat de rire malsain, sous les coups de canne et insultes de la vieille dame outrée… 
Passage dans la forêt, chemin avec feuilles et cailloux, rien à signaler : on sent le relief, les chaussures sont stables et ça ne bouge pas plus que mes Asics… A ma grande surprise, et malgré un entrainement plutôt léger récemment, je n’ai, pour le moment, pas mal aux mollets mais ne me sens pas bien pour autant.
Passé une heure de course, toujours pas de douleur et toujours content de mes chaussures… Mais j’ai encore ralenti, suite à la dernière montée sérieuse. A ce stade, je me fais même rattraper par des lichens et des traverses de chemin de fer… Je persévère malgré tout : j’ai fini 3 Ultraks, couru la 6000D, je ne vais pas me laisser emmerder par un footing de nuit et 2 points de côté !?
Je jure de ne plus bâfrer de chocolat, de sucre ou de gras… en tous cas jusqu’à la maison ! Un peu facile de critiquer, je commence demain mon régime, lecteur goguenard, c’est normal que cela ne se voit pas trop !
Retour à la maison… Plus un voisin dehors pour rire de mes chaussures ou de ma mine déconfite et transpirante… Après une première sortie, je suis assez content de ces pompes efficaces et ma foi fort confortables !
La forme est surprenante, avec l’avant très large et les semelles qui ressemblent à des semelles de tong mais en plus épais, mais ce n’est pas totalement dérangeant… Je vais surveiller sur la durée, mon seul vrai doute étant de savoir combien de temps elles vont tenir (les semelles) avec un gros gabarit…
Je n’ai pas les douleurs plantaires que j’ai lorsque je dépasse les 10km avec mes FiveFingers, ce qui est rassurant compte tenu de l’épaisseur des semelles. Je vais encore essayer dans les semaines qui viennent pour voir si la qualité et l’amorti se confirment et sur quelle durée / distance.
Donc, lecteur adoré, reste fort, cours quand tu peux en faisant gaffe au froid, aux vieilles femmes à yorkshire, aux pangolins ou à la mouffette dorée et à bientôt pour des nouveaux tests ou une mise à jour sur ces Altra !




samedi 17 décembre 2016

81 - Run like hell !


Amis des baskets et de la fondue, bonsoir !

Le Pater Courensis est de retour… La basket molle et la résolution ferme, Le Père fend la nuit vaudoise, dans le froid et la solitude. Sois content, coureur de tout poil ou simple père indigne en devenir : les saloperies volantes ont quasiment toutes disparu !!!

Ok, elles ont raison : il fait trop froid pour sortir un orignal ou un pingouin, les bestioles restent donc planquées, bien au chaud chez elles et on ne peut pas leur en vouloir ! Elles ont de l’instinct, elles ! Donc, lorsque tu cours, que le froid rend le décor plus précis et clair dans le halo de ta frontale, si tu vois venir vers toi une saloperie volante, deux possibilités s’offrent à toi…

Si la saloperie volante, qui te fonce dessus rappelons-le, clignote, c’est qu’il s’agit d’un avion qui a pris ta frontale de compétition pour les lumières de Cointrin et que tu n’as que quelques secondes pour réaliser le sprint de ta vie et sauver ton short sale et humide d’un atterrissage sur ta face dégoulinante…

Si elle ne clignote pas, mais s’approche à vive allure et possède un panache de feu et de fumée, c’est une météorite et il ne te reste que quelques secondes pour envoyer ton SMS d’adieu aux punks et à Madame, tu t’apprêtes à rencontrer le créateur, après une rencontre extraterrestre brève mais fort intense, quelle perte pour l’humanité, la course à pied, la punkitude et la littérature !

Comme tu n’as – hélàs ! – pas le privilège de me lire chaque semaine, lecteur passionné, assidu et néanmoins sympathique, je vais te faire un résumé des choses importantes que ton absence – ou la mienne, suivant à qui tu veux faire porter la casquette… – t’a fait manquer…

Il y a tout d’abord eu Morat-Fribourg… Tu te souviens que Le Père a conservé, de ses jeunes années d’étudiant insouciant et jovial, la nationalité Fribourgeoise. Cette nationalité s’accompagne de 2-3 obligations parmi lesquelles la présence imposée à quelques manifestations : la Bénichon, risque hépatique et choléstérique majeur, la Saint-Nicolas, risque de blessure grave par biscôme ou mandarine gelée (méfie-toi du petit vieux barbu à dos d’âne, il est fourbe !) et Morat-Fribourg, risque de cloque, de honte, de claquage, de transpiration et d’occlusion intestinale par suite de fondue et meringue double crème pour la récup…

Nous montons à Fribourg la veille, pour que numéro 2 puisse prendre part à la course des juniors… Le parcours a changé, il fait froid, la pluie rend le parcours casse-gueule, c’est deux fois plus long que l’année dernière, mais junior est motivé comme à son habitude. Le départ est donné et je me dirige tout de suite vers l’ère d’arrivée… Mais ce n’est pas simple car le parcours est bouclé dès que les jeunes courent et l’arrivée a lieu à l’intérieur de la boucle autour de laquelle ils courent ! Une planification brillante !

Donc junior ne m’attend pas, comme à son habitude, part et se fond dans la foule. On pourrait penser que le fait d’avoir un punk de moins à charge empli Le Père d’allégresse, il n’en est rien… Au contraire, il se sent presque inquiet par cette perte ballotte ! Non, pas d’avoir perdu numéro 2, juste de devoir perdre du temps à le chercher au risque de se faire tancer par Madame pour étourderie…

Les saletés de jeunes suivants partent en courant et Le Père reste coincé au centre du parcours… Un grand bravo aux organisateurs pour ce trait de génie !

Numéro 2 ayant fait de l’œil à une policière, il est ramené à sa mère et tout espoir de diminuer le nombre de punks s’envole ! Je le vois rejoindre Madame et sa grand-mère depuis l’autre côté de la course ou je suis toujours coincé… Nous saluons les grands-parents maternels, passés soutenir junior malgré le temps, avant qu’ils ne repartent. J’envoie des sms aux copains que j’avais charger de retrouver junior et nous regagnons le Bus ou je prends congé des punks et de Madame.

Madame repart en passant par chez les parents du Père, pour profiter de quelques remarques taquines et sympathiques de ma famille qui a un peu gardé la nouvelle en travers de la gorge…

Je ne vous ai pas raconté ?!

Oh !!!

Mes parents ayant accueilli avec un enthousiasme restreint (euphémisme du millénaire !) l’annonce de l’arrivée de numéro 4, nous avions élu d’employer un e-mail pour annoncer l’arrivée de numéro 5, histoire qu’ils aient le temps de tuer la personne qu’ils avaient sous la main au moment de l’annonce et qu’ils aient le temps de réfléchir avant de nous répondre…

J’ai donc, cette fois, pris la liberté d’appeler Le Père² (Le Père du Père !) – la mère du Père étant sur un lit d’hôpital, je ne souhaitais pas l’achever – pour annoncer l’arrivée en 2017 de numéro 6 !!!!

Au moment de rigoler, futur père ou jeune lecteur téméraire, songe que j’ai commencé le tir à 16 ans, pèse toujours dans les environs de 100kg et collectionne les Morgenstern chromés ou dorés, en plus des tasers et flashball Hello Kitty (malheureusement, à l’époque du Morgenstern, ils n’avaient pas encore notre goût certain pour les couleurs roses et les minous japonais, mais on peut toujours les repeindre par après !)…

Oui, nous allons très probablement, sauf abandon ou perte fortuite d’ici-là, avoir 6 punks à la fin février… Tu me diras : ça ne fait que 20% d’emm… nuis, euh de bonheur, en plus ! Certes, mais tout de même !

Donc Madame n’est pas très loin de Fribourg lorsque je lui envoie un message pour lui indiquer que j’ai naturellement oublié un sac dans le Bus… Rien d’important, mais merde, à la fin, avec le temps que j’ai passé à tout préparer… Par dépit familial, elle repasse par Fribourg et me laisse pour repartir en terres vaudoises, alors que je pars manger avec quelques collègues coureurs. Madame en a gros sur la patate, les punks hurlent et se battent dans le MPPT sur le trajet du retour pour la réconforter.

Le matin, je rentre dans l’habituel train blindé de monde sapé en habits technique avec quelque sacs poubelle apparents pour les plus frileux et moins sensibles au goût ou à la classe – en même temps, sac poubelle ou habits techniques, la frontière est parfois fort ténue. Dans ce train, quelqu’un habillé normalement parait autant à sa place qu’un homme en smoking avec une coupe de cheveux fraîche dans une rave à dreadlocks ou un concert de métal à chevelus en cuir…

Je tombe tout de suite sur des copains et nous tuons le temps en causeries diverses et intellectuelles (Kant ou le dernier Picketty très probablement). Ils partent dans un bloc plus rapide que le mien et, malgré un ego napoléonesque, je n’ai aucune prétention de les rattraper, je décéderai dans les montagnes une autre fois !

J’avais élu de faire la course en Fivefingers, mes gants pour pieds… Il s’agit des chaussures, qui font rire les punks car les orteils sont séparés, qui n’ont pas d’amorti du tout. Des douleurs sous la plante des pieds lorsque je dépasse 14-15km, ainsi que quelques cloques, m’ont convaincu de ne pas les employer cette fois, décision prise à l’unanimité le matin même en consultant les oracles, ma tronche du matin dans le miroir et mes pieds.

Passage au toilettes (30′ d’attente, comme d’hab), je rejoins la ligne de départ, pas échauffé, à la bourre… Décompte et hurlements dans les haut-parleurs… Coup de feu en l’air.

Je pars et ne suis pas terrible… Mais ça ne se passe pas si mal grâce à une météo pluvieuse et fraîche qui me favorise. Je finis en moins d’une heure et demi, réalisant mon deuxième meilleur temps sur ce parcours… Ok, le premier doit avoir mis 30 minutes de moins que moi, sans transpirer, est déjà à la maison après avoir mangé une carotte et bu un thé, mais je n’arrive quasiment pas à le détester vu le prix ridicule que gagne le plus rapide…

Fondue habituelle avec meringues double crème pour refaire le plein de vitamines et je repars pour la pampa vaudoise retrouver les punks.

Numéro 2 et 3 reprennent, après les vacances, le rugby. Il y a de temps à autre des tournois. Un week-end durant lequel je dois amener ma fille vers Vevey (weekend avec ses grands-parents paternels pour ses 10 ans, avec son cousin du même âge), je dois repartir à l’autre bout de Genève (plus loin tu es quasiment à la méditerranée !), pour le tournoi de numéros 2 et 3….

Je retrouve le parrain de ma fille au bord du terrain… Son fils joue aussi et il est venu depuis l’entrée du Valais pour ce tournoi… la ligue est petite et les clubs organisent des tournois pour compenser le manque de championnat !

Numéro 3 me dit avec un grand sourire : tu as manqué l’hélicoptère pour une jambe cassée et l’ambulance ! Je me félicite que Madame n’ait pas jugé bon de venir, elle aurait probablement bêtement voulu protéger ses petits en les retirant de ce beau sport empreint de grâce, de légèreté et de camaraderie…

Nouveau voyage en Afrique… C’est la période la moins bonne : pas trop de risque de malaria, mais un ciel gris et très chaud (35°C) : un véritable bonheur quand on doit attendre plus de 4 heures chez un client… pour rien !

Nous repartons après un lunch de dernière minute avec un prospect. Nous sommes dans un bon restaurant selon notre prospect et là, je ne sais pas, c’est sûrement la fatigue et le fait que nous ayons mangé tard… Nous commettons une gigantesque erreur, le drame, la faute conne de débutant néophyte…

Nous prenons chacun une salade !!!

Près de 15 heures de voyage après, nous voilà rentrés en Suisse… Crevés : pas trop pu dormir à Madrid et les vols d’Ibéria sont confortables comme les prisons de droit commun de Kigali – bien que nous ayons pu avoir pour les deux vols les sorties de secours nous laissant pour une fois de la place pour les petites jambes du Père…

Le lendemain, nous partons pour le Valais où nous devons retrouver le parrain de ma fille pour fêter son anniversaire… Peu avant le relais qui surplombe le Lavaux, ma princesse se plaint de maux de ventre…

Contrairement à la plupart des parents, le parent de famille nombreuse est prêt, toujours, quoi qu’il arrive… Nous faisons passer rapidement un sac à Mademoiselle, le pragmatisme et l’expérience l’emportant très largement sur l’espoir et l’optimisme béat !

Pose pour finir de vomir. Mention distinguée pour ma fille qui, bien que détestant vomir et pas spécialement en bon état, n’a sali ni le MPPT (Bus), ni ses propres habits ! Le sac est abandonné dans une poubelle de l’aire d’autoroute.

Après un appel au parrain pour vérifier qu’ils n’ont pas besoin de perdre un peu de poids ou particulièrement un fantasme du vomi, nous prenons le chemin, enfin l’autoroute, inverse et rentrons.

Ma princesse est transparente, n’en mène pas large, râle pour l’événement abandonné dont elle se réjouissait, mais n’insiste pas trop : le rendez-vous dans une pizzeria suivi de 2h de train dans les mines des Salines de Bex lui paraissent moins attrayants tout d’un coup !

Nous rentrons après lui avoir fourni un autre sac, pour le cas où (toujours tout prévoir, famille nombreuse, tu te souviens, lecteur attendri et toujours insouciant ?)… Qui sera dûment rempli dans le garage sous-terrain de notre quartier ! Judicieux choix dont nous nous félicitons une fois de plus!

Ma nana est un peu mieux, elle récupère des couleurs allongée sur le canapé, les autres mangent. La journée se passe. Numéro 5 étant un peu malade du bide, nous pensons que la gastro commencée un peu avant mon voyage se poursuit. Je ne suis donc pas surpris outre mesure d’avoir mal au ventre et de passer beaucoup de temps à méditer sur la philosophie ou à chercher une description de la gravitation qui soit compatible avec le modèle standard de la physique des particules, sur les toilettes…

Jusqu’au message de mon associé qui, du fond de ses propres cabinets, m’envoie un message me demandant s’il est le seul !? Je le rassure et nous cherchons la source de cette intoxication. Nous concluons rapidement que les salades du jour du départ n’étaient pas le choix le plus malin en tant que voyageurs de l’extrême !

Nous promettons d’envoyer des extrémistes Tchétchène lâcher quelques rafales sur la devanture de restaurant-hôtel qui a tenté d’anéantir, en une fois, toute notre société ainsi que notre élan créatif… Il y a des limites à ne pas franchir !

Bon, lecteur fidèle, il est 2h40 du matin, la nuit règne sur Abidjan… Je dois te laisser pour aller prendre mon avion pour revenir voir les punks… Revenir pour te conter de nouvelles semaines, journées, heures de la folle vie d’une famille nombreuse… A cette heure, dans cette nuit calme, bercée par le ronronnement de la clim et mon associé endormi, l’esprit fatigué du Père lyrise un brin… Deux passages me viennent :

« Le jour décroît ; la nuit augmente, souvient-toi ! Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. »

« C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière »

C’est donc avec Baudelaire et Edmond Rostand que je te quitte, fidèle parmi les fidèles, et te souhaite un très bon week-end… Je vais faire de mon mieux pour revenir au plus vite ! Essaie de dormir, même si la fin de l’année approche, tu as une sale tête !

vendredi 16 décembre 2016

Matinale - 16.12.2016

L'exercice de la démocratie est fort pénible pour nos élites... Ce qui ne me surprend pas en France ou dans les autres pays émergents environnants m'attriste en Suisse...

Qu'on soit d'accord ou non avec l'initiative du 9 février, le peuple ayant choisi, les parlementaires sont sensés l'appliquer... S'ils s'y refusent, cela constitue un déni de démocratie dans le meilleur des cas, un coup d'état dans un vrai pays... Je crains que le peuple garde cela en mémoire lors des prochaines élections !

Une nouvelle fois, comme dans beaucoup de pays, les élites pensent que le peuple s'est trompé, qu'il a mal compris... Et à la fin c'est la surprise : Trump est élu, le Brexit est accepté,... Il est bête le peuple !

Passez une bonne journée et surveillez vos élus !

dimanche 20 novembre 2016

Matinale - 20.11.2016

Bon j'avais dit que je revenais vite... ça dépend de votre interprétation du vite... En même temps, si j'étais un lichen, tu attendrais encore !

Bon, même si j'ai longtemps pensé qu'il allait gagner, je dois concéder que les sondages de la fin de la campagne avait eu raison de mon analyse critique...

Nous avons 5 ans pour...

nous réjouir pour un climat plus chaud ! Courir sous la pluie et dans les nuits glacées (saloperie de bise noire !) appartiendra au passé !

apprécier notre coupe de cheveux, sauf pour l'ex maire de Londres qui a une coupe qui fait penser à un oryctérope qui aurait pris une douche par vent fort lors d'une panne de sèche-cheveux... Pour ne pas vexer mon fils ou les sensibilités populaires, je n'ai pas parlé de footeux...

regretter la classe de Barak (bien que je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il a fait ou pas en politique)

voir s'il osera appliquer ne serait-ce qu'une des mesures mises en avant durant la campagne... Et comment le monde y réagira

voir si la bourse américaine, qui s'était fait démonter au moment de l'annonce de son élection, poursuivra sa hausse et jusqu'où

voir s'il fera pire ou mieux que les autres

attendre le prochain ou la prochaine, si Hillary est encore vivante, sans grand espoir d'amélioration...

J'ai juste une petite pensée, une fois de plus, comme au moment du Brexit, pour tous ces politiciens qui avaient dit : jamais, surtout pas, quelle horreur,... et qui vont devoir dire : Monsieur Le Président Trump, Bienvenue !

Bref, à moins que vous décidez d'appeler votre fils Donald, si vous ne l'aimez vraiment pas ou que Jason ou Ridge ne vous plaît pas, pas sûr que, l'émotion passée, ça change des masses...

Soyez forts et courez pendant qu'il en est encore temps !




dimanche 16 octobre 2016

80 - It's a cruel world...

Amis de l’école et des punks, bonsoir !

L’école a repris et les réseaux sociaux fleurissent de photos de parents heureux, libérés, enfin débarrassés de leurs punks qui, eux, font la gueule en partant à l’école… Derrière cette photo d’Epinal, tu l’as bien compris futur père de famille nombreuse, la réalité s’avère tristement moins rose, hélas !

Une fois à l’école, tout va mieux, tout est plus simple, la maison est enfin calme, propre et rangée, non ?! Ahahahahah ! Non, je rigole…

Réalité : réveil au plus tard à 7h20 pour réveiller les punks… Les vacances étant finies, ils n’ont plus aucune raison de se réveiller trop tôt pour te pourrir ta grasse matinée de 8h45… Les punks font donc la tête, de bonne heure, systématiquement… Ils sont du matin, certes, mais que le weekend et pendant les vacances !

Tu cours dans tous les sens et commences à hurler dès 7h25, au premier accrochage (quand les deux premiers punks se croisent, tel le tétranitrate de pentaérythriol au premier choc), avec la voix froide, la tête au fin fond du c… (ça pique !), et stressent tout le monde pour que le départ se fasse dans les temps… Ce qui n’arrive jamais !

Numéro 2, en arrivant en bas, sans son tee-shirt ni ses chaussettes, s’assoie sur le canapé pour lire une BD, avec la vélocité de l’aï centenaire rhumatique, comme s’il avait toute la matinée devant lui. Numéro 3 arrive en boudant, pour une raison ou une autre, et s’assoit à table pour jouer avec un camion, du genre qui aurait dormi une semaine dans une rue chaude de Harlem : il manque une roue, la portière a été arrachée et le reste semble avoir parcouru 1’000’000 de kilomètres dans des pays émergents avant d’être brûlé par des manifestants français… Personne ne semble pressé de mettre la table. Numéro 2 dit tout de même, au bout d’un moment, toujours depuis le canapé, toujours en lisant : j’ai faim, c’est quand qu’on mange ?

Je regrette d’être pieds nus, saisi par une puissante envie de lui envoyer une godasse en 48 garçonnet à travers la tronche ! Je re-hurle, avant d’avoir la présence d’esprit de corriger sa prose écorchée, et tout le monde se met en mouvement… (Je n’ai pas dit rapidement…) le français progressera un autre jour !

Ma princesse descend, belle comme le jour, mais de la même humeur que le rugbyman Chabal sous crack qui serait très fâché et chargerait contre le 15 All Blacks au grand complet tel le rhinocéros laineux de mauvais poil (enfin de mauvaise laine !?)… 4 seconde de calme, puis elle décoche un missile à un de ses frère qui se lève pour aller lui taper dessus en couinant…

A ce moment-là, précisément, tu as une pensée, père idéaliste et jovial, pour ces familles qui déjeunent dans le calme, avec le sourire et dont les rares bruits sont couverts par la suite no1 en G de Bach jouée par Mischa Maisky. Ce n’est pas de la jalousie, juste de la haine noire et pure !

Je re re hurle et tout le monde boude ou fait la tronche : c’est trop tôt de toute façon, merde à la fin !

J’essaie de stresser tout le monde, une fois de plus. Entre les provocations, les punks font les singes : blagues, grimaces et cris dominent la maisonnée… Numéro 5 n’est pas encore tombé du plume, vaine tentative paternelle pour faire revenir le calme et faire partir ceux qui doivent pour l’école dans les temps…

Encore 17 ans et quelque à tenir ! Note pour plus tard : trouver un psy et/ou un antidépresseur en dose pour rorqual !

Je ne sais pas si tu as remarqué, jeune père insouciant et fashion victim, mais les punks, hormis ma fille, ont une approche personnelle de l’habillement… Madame sort religieusement des affaires pour chacun, chaque soir, les disposant chaque fois à la même place pour éviter tout malentendu ou de vexer le punk qui, nous ne saurions trop le répéter, n’est pas du matin…

La plupart du temps, les punks descendent : en culotte, en pyjama, habillés, mais pas complètement, habillés mais avec les mauvais habits, des habits sales ou dépareillés (en même temps, l’instruction : va mettre des chaussettes ne précise pas que les chaussettes devraient être assorties, si possible de la même couleur… et laisse donc place à l’interprétation ou la création artistique), sans pantalon ou sans pull, avec le pull d’un frère qui donc fait la tête ou veut le taper, …

Mais… Oui, lecteur attentif, tu as remarqué, la question te ronge… Pourquoi le Père se lèverait le matin tôt pour s’occuper des punks, c’est normalement à Madame que revient ce bonheur, cette joie, que dis-je, ce privilège !? Une nouvelle fois, à trop la soutenir, je risque en faire une assistée, pire, une mère oisive… Dieu nous garde !

Madame, donc, en plus de ses loisirs habituels, effectue de temps à autre des remplacements… Sorte de hobby rémunéré qu’elle accepte principalement pour se débarrasser des punks et abandonner lâchement son mari dans l’adversité crasse, sorte de vengeance féministe pour mère au foyer… Le tout avec la complicité de l’Etat qui la rémunère, trop peu fort heureusement !
Donc je suis d’astreinte, supposé en vacances, pour surveiller les punks… Ce n’est pas rentable, mais nous n’allons pas ergoter sur de basses considérations matérialistes ici… Pour une fois qu’un hobby de Madame est salarié, je ne vais pas l’accabler !

La rentrée, avec 4 punks qui débutent le même jour, à la même heure, est un brin sportive, surtout quand numéro 4 décide que, finalement, il n’a pas tellement envie d’y aller ! Le petit Pouillet, tout timide, va en classe avec sa mère, numéro 3 avec son Père et tout se passe bien pour la première matinée.

Moment de nostalgie du camp Kidsgame de cet été avec les grands qui n’étaient pas là pendant quasiment toute la semaine, y compris les midis (c’est mieux que l’école, même si cela implique de préparer des sandwiches, et ça dure plus longtemps dans la journée !)… L’apéro qui ponctuait la semaine, avec la perte de numéro 2 (retrouvé après plus d’une demi-heure de recherche…), la blague de numéro 4…

Je ne vous ai pas raconté ? Nous sommes à l’apéro, les gens et les enfants se ruent sur les différents buffets, jouent, font la queue pour des crêpes ou une barbe à papa, jouent et courent partout en fonction de l’âge et de l’état de chacun et se bâfrent avec la grâce et la légèreté du sarcophilus harrisii au moment du casse-croûte, ou la classe du jeune cul noir du limousin… Il y a naturellement barbecue et pas mal de confusion autour des tables de buffet, où chacun se sert de légumes crus, sandwiches et autres… Numéro 4 se retourne, sur la table une assiette avec deux saucisses semble irrésistible. Il prend une saucisse et croque un morceau…

Ma belle-mère lui dit vivement mais en chuchotant : « Non ! Ce n’est pas ton assiette ! C’est celle de la dame ! ». Numéro 4 repose le reste de saucisse aussi vite qu’il l’a prise, la dame n’a rien remarqué, le tout n’ayant pas duré 43 millièmes de seconde, et reprend son assiette avant de repartir pour une autre table… Junior est tout gêné, nous sommes morts de rire !

Les punks ont appris très jeunes à voler, surtout de la nourriture, pour survivre et pouvoir faire face dans ce monde de brute… Nous encourageons très tôt ces penchants, car cela permet d’être sûr qu’ils aient un vrai métier d’avenir et ne finissent pas dans une banque, prof ou je ne sais quelle fonction déshonorante ou honteuse…

Ca se retrouve à tous les âges, cette attitude de chapardise ou de racket : numéro 4 est à table, maculé de sauce tomate et fromage râpé jusque dans les cheveux… Soudain, il se lève et décrète : je vais faire pipi ! Départ en courant, (oui jeune père, c’est de là que vient l’expression : ça l’a pris comme une envie de pisser !) il a à peine fermé (pour une fois !) la porte des toilettes, quand numéro 5 escalade sa chaise et se met à manger l’assiette de son grand frère à pleines poignées avant de repartir jouer en criant : Iiiiiiistitiiiiiiiiiilllllleeeee !.

Quand numéro 4 revient des toilettes, il est très fâché : Il y a des sujets avec lesquels on ne peut pas plaisanter et son assiette de pâtes en fait partie ! Boudage et détestation fraternelle pendant 10 minutes… Il essaie même de faire les gros yeux à son petit frère en fronçant les sourcils… Le résultat semble plutôt drôle, surtout avec la bouche en cul de poule… S’il commence aussi à se faire brimer par son petit frère, où va-t-on !

Donc nostalgie des vacances, de ces moments sans plan ni obligation, ni activités… L’année repart avec son cortège de contraintes et ses journées blindées d’âneries à penser et faire : aller mettre les punks à l’école, aller les rechercher, sans en oublier un seul (Madame sait compter et s’en aperçoit assez vite lorsqu’il en manque un !), partir pour une activité, revenir à vide, en remmener un autre pour un entrainement, aller tous les rechercher, surveiller les devoirs, laver les punks de temps à autre…

Or, le remplacement de Madame au gymnase de Nyon commence naturellement le jour de la rentrée, compliquant quelque peu l’organisation quotidienne… Il coïncide, bien entendu, avec un cours d’une journée à Lausanne auquel je suis tenu d’aller. Je lui laisse ses loisirs mais suis un peu inquiet : aller s’occuper de 20 enfants pour échapper aux 5 tiens qui sont, de plus encore jeunes, ça m’inquiète un peu… En plus, comme ils sont de moi, ils sont forcément plus sympathiques et polis que ce que peuvent être ceux des autres… Dur à comprendre…

Qui dit rentrée, dit aussi réunion de profs… Le(a) maître(-sse) veut vous faire voir que, contrairement à ce que pourrait laisser penser la contemplation de son plan et de ses horaires de travail, ses vacances et le fait que nos enfants sont tous des génies qui n’ont besoin de rien et son sage en classe, elle bosse.

Tu te retrouves donc, cher jeune père placide et encore un tantinet enthousiaste, assis sur une chaise taille XXXXXS, confortable comme une selle de vélo en marbre, quand tu n’as jamais fait de vélo et que tu pars pour 350km au taquet (du genre ou il te faut 6 mois pour remarcher dignement, sans que tout le monde pense que tu sors d’une tournante musclée, dans une cave d’une banlieue peu fréquentable de Douchanbé…), à écouter la bonne parole, pendant beaucoup trop longtemps… Une fois par enfant !!!! Pour simplifier la vie des parents de familles nombreuses, il y a plusieurs réunions à la fois…

Cela a un effet extraordinaire à mes yeux : on ne doit pas se taper 4 fois les réunions et on est forcé de se les répartir… Les maîtresses des punks ont l’air, pour le moment et au premier abord (à part leur choix de profession qui soulève, pour le Père, beaucoup de questions…) normales et pas autrement méchantes. Comme elles n’ont pas l’air armées, je m’inquiète pour elles face à autant de punks, dont certains ne sont pas de nous rappelons-le et donc beaucoup plus difficile certainement, mais après tout je ne peux pas m’occuper de tout le monde !

Pendant que je regrette, pour une fois, de ne pas avoir 48kg de plus au niveau du postérieur pour adoucir ce moment fort peu confortable (ils font décidément tout pour décourager les enfants d’avoir envie d’aller à l’école !) et d’avoir des jambes non démontables, j’essaie de lire ce que mon fils a écrit dans ses cahiers jusqu’à maintenant… Son programme ne m’intéresse pas particulièrement, ni tout le blabla, mais je prends religieusement des notes, pour le cas où Madame ferait une inter surprise à mon retour… Un coup de rouleau à pâte en marbre est si vite arrivé…

Je vais parler 5 minutes avec la maîtresse, pour voir si junior menace aussi de se tuer ou de la tuer dès qu’elle lui dit non pour quelque chose ou lui demande de faire ce dont il n’a pas envie… Elle me dit que tout va bien pour le moment. J’hésite à lui dire que nous n’en sommes qu’à deux semaines et qu’il doit encore être un peu timide, qu’elle ne se réjouisse pas trop vite… Mais préfère lui laisser son illusion et donner la chance à un autre élève de faire pire que le mien avant que junior ne perde sa timidité.

La maîtresse me dit : Ah, oui ! Il est très demandeur et tactile, mais sinon je n’ai pas eu besoin de le cadrer trop… J’imagine déjà mon fils expulsé de l’école pour attouchement sur une petite collègue blonde à couettes, avec un scandale retentissant dans les journaux, mais elle voulait juste dire qu’il lui touchait le bras au lieu de lever la main… Jusqu’ici, tout va bien !

Elle ne doit pas avoir réalisé que, quand tu as 4 frères et sœurs, lever la main ne suffit pas… Si tu attends pour parler qu’on te donne la parole, tu finiras comme l’anachorète qui aurait corsé sa condition par un vœu de silence… Et tu mourras de faim en prime, si tu ne parviens pas à t’imposer, la vie dans une famille nombreuse est un monde cruel !

Les grands retrouvent vite leurs marques : numéro 2 recommence à oublier des choses à l’école dès la rentrée ou presque, numéro 1 travaille et lutte contre la dyslexie en ayant, normalement, des bonnes notes et numéro 3 est content d’aller à l’école quand il ne déteste pas et ne râle pas. Numéro 4 s’habitue rapidement à l’idée d’aller à l’école et trouve du plaisir à y retourner, passé les 3-4 premiers jours.

Madame n’étant pas là une bonne partie de la semaine, je profite de mon temps libre pour tester ses loisirs : amener les enfants au judo, basket, rugby, judo encore, lave-vaisselle et autres drôleries… Ca me permet de me rendre compte, une nouvelles fois, qu’elle ne fait finalement pas grand-chose quand je ne suis pas là ! En Chine, Le Père lui aurait donné des tee-shirts à coudre ou des nems à rouler pour arrondir les fins de mois, mon laxisme causera ma perte !

Après quelques jours, je descends à la cave, tourne et retourne dans le sous-sol… Il me faut moins de 25 minutes pour localiser une pièce bizarre, que je n’avais pas vraiment remarqué jusque-là…

C’est dingue ! La pièce est petite, assez mal foutue, trop chaude, sans ventilation, sans fenêtre… Je me demande pourquoi Madame y passe tant de temps, je pensais qu’elle avait meilleurs goûts (elle m’a choisi, tout de même, je m’attendais à mieux !)… Des machines plus menaçantes les unes que les autres remplissent la pièce trop exiguë… Des machines sont toutes blanches, avec trop de boutons et aucune ergonomie… Quel manque d’imagination ! J’espère que le designer n’en est pas fier et n’a pas été payé pour ça !

Je lance une lessive, un sèche-linge et repart… Je pars du principe que, dans le meilleur des cas, si je me plante d’une centaine de degrés pour une lessive ou met un habit au sèche-linge qui n’y va pas, les habits seront toujours assez grands pour habiller numéro 5… ou pour les poupées de ma fille… En même temps, si je fais ça trop bien, Madame va vouloir abuser et que je le fasse plus régulièrement, je la connais !

Je vais faire une pause, à ce stade, pour entretenir ma popularité, déjà immense … Oui, jeune père innocent et empoté, le Père est parfaitement capable de cuisiner, lancer une machine à laver et un sèche-linge… Progressiste ? Eheheheheh ! C’est surtout que si une femme y parvient… je dois pouvoir le faire au moins aussi bien !

Ca va, arrêtez de vous vexer, je ne suis pas vraiment comme ça, lecteurs et lecteuses assidues… Je suis bien pire !!!

Bon, donc pas de dégâts majeurs à la garde-robe des punks, quasiment aucun vêtement n’a perdu 6 tailles ou changé massivement de couleur, la situation est sous contrôle ! Au pire, en cas de bavure, je peux toujours jeter ledit vêtement : avec 5 punks, ils peuvent toujours l’avoir perdu et, à de rares exceptions près, ne s’apercevront pas de sa disparition…

Pour éviter de tuer un punk, de hurler trop et pour se détendre, le Père continue bêtement de courir… Ca tombe bien, il fait à nouveau nuit quand je peux quitter le domicile conjugal et punkif… Ca me manquait !

La frontale ressort, ainsi que les manches longues, les couches se rempilent et tout va bien…

Or un samedi, le Père court. Parti à 21h15, entre Gland et Rolle, comme un pauvre sans ami, le long de la route du lac… Dans la nuit, j’aperçois au loin un feu clignotant… Je n’y crois pas tout de suite : le Père n’est pas le seul à ne pas avoir d’ami et à courir bêtement le soir, un samedi, tout seul comme un con !?!?!

La personne doit avoir plus de 800m d’avance sur moi, et bien que progressant à la vitesse de la philomycus carolinianus le Père finit par rattraper une femme qui court avec sac à dos et frontale… Je lui souhaite bon courage et poursuis.

Plus loin en sortant de Rolle, un Range Rover venant en sens inverse s’arrête en plein milieu de la route du lac et le conducteur me crie par la fenêtre : Allez ! Courage ! Bravo !

Oh, il a quoi le Genevois !? Me nargue ? Vais lui faire le Range façon puzzle s’il continue ! L’alcool et la drogue n’excusent pas tout ! Il n’est pas sur Genève… Ici les gens disparaissent… Va falloir 7 ans pour qu’on retrouve son Range au fond du lac…

Je me calme et reprends le chemin de chez moi. Je vois arriver une coureuse accompagnée par une personne en vélo… La coureuse porte un dossard… Mais !? C’est quoi cette course de tarés que je ne connais pas encore !?

Au 4ème participant, seul dans la nuit (entre temps il est plus de 22h) un samedi soir, je m’arrête, éteins ma frontale et lui demande ce qu’ils font…

Ben c’est l’ultra tour du Léman ! On est parti ce matin de Villeneuve, on a fait plus de 105km, il ne reste que 70km environ…

Il a plu une partie de la journée… Le tour se fait quasiment exclusivement sur bitume, avec pas trop de ravitaillements, au bord de routes cantonales oscillant entre très fréquentées et blindées de monde… Le Père se dit que, finalement, il n’est pas si con que ça à la fin ! Ok, il court de nuit les ¾ de l’année, seul comme un niais, souvent le weekend… Mais au moins il ne fait pas 175km sur du bitume !

La semaine se termine, les punks sont crevés, les chambres éclatées, soyez forts et reposez-vous : les vacances approchent !