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Né il y a quelques années, no 2 n'a pas dormi pendant 19 mois, se réveillant chaque nuit. Ceci coïncida avec mes trajets à Zürich (réveil à 4h15 chaque mardi). Un collègue a noté ma tronche de déterré. La première chronique était née.

jeudi 15 mars 2018

15.03.2018 - Matinulle

Quand tu sors courir avec presque une heure de retard, à 22h45 du mat, contraint de réduire drastiquement tes maigres ambitions en raison de l'heure et de ton manque de sommeil crasse...

Quand numéro 6, qui n'a pas mouffeté jusqu'à ce que Madame se couche, te fait remonter 8 fois en 2h, juste parce qu'il a des mouffles et ne trouve pas son biberon...

Quand numéro 5 sort de sa chambre à 3h du mat en marmhurlant quelque chose (il ne voit pas que c'est la nuit et que tout le monde devrait dormir à cette heure-là ?!) d'incompréhensible et que, quand tu es remonté il te dit : y a ma couette qu'est tombée !, comme s'il ne pouvait pas la ramasser tout seul...

Quand tu peines à te rappeler ta dernière nuit de 8 heures, mais sait que cette semaine tu as eu 4 nuits à moins de 3 heures de sommeil...

Quand numéro 6 au petit matin, après t'avoir péter les parties basses toute la nuit, enfin de 00h30 à 3h30, à te faire remonter et redescendre les escaliers (sans tenir compte du fait que tu es allé courir avec tes FiveFingers et que tes mollets vont décéder à la prochaine marche d'escalier qu'ils aperçoivent), pleure en te voyant partir travailler...

Ca sent la journée moisie... Mais tout n'est pas noir dans ce monde de brute : pour une fois les CFF ont décidé de m'épargner et sont à l'heure !

Soyez forts, le weekend approche !

vendredi 9 mars 2018

92 - Bonne année !

Amis du gras et des giboulées, bonsoir !
Mais bonne année, lecteur adoré et jovial, point encore remis à 100% des affres des fêtes fin d’annesques !
Tu croyais, certains espéraient – si, si, j’ai les noms ! – Le Père disparu, terré au fond d’une grotte avec une chanteuse à barbe et rouflaquettes ou exilé sur la célèbre île de Nuiatoputapu (si, si, (bis) ça existe lecteur cultivé, géographiste et attentif, googloute et tu trouveras !) en train de se faire griller le gras dans un callebute Christian Clavier, avec poils du pubis apparent, sur une plage de sable blanc et fin entouré de naïades peu frileuses vu leurs tenues, mais que nenni !
Une fois de plus, c’est au moment où l’on croit que tout est perdu, que les coiffeurs de Trump et Kim sont au paroxysme du désespoir, à un cheveu du suicide, et que l’on est coincé dans un bouchon de 4 heures sur l’autoroute entre Rolle et Etoy (avec les punks en liberté dans la steppe vaudoise) qu’il débarque, tel le super héros des BD Marvel, pour sauver le monde !
Ca me fait penser qu’il faudrait que je fasse travailler numéros 1 et 2 à un costume de super héros, maintenant qu’ils savent coudre et coupent plus de tissus que de doigts… Déjà qu’à respectivement 11 ans et bientôt 10 ils ne nous rapportent rien et ne sont mêmes pas foutus de monter des Iphones, il serait temps de les mettre au boulot si je ne veux pas qu’ils finissent en syndicalistes manifestants en rasta et teeshirts sales!
Tu m’excuseras, lecteur adoré et enthousiaste, ce bref interlude, cette pause microscopique, cette absentounette.

@geluk
Il faut dire qu’entre boulot (je sais, les affres de la pauvreté rendent cette vie chaque jour un peu plus insupportable et Le Père doit, c’est une bien triste réalité, travailler ! Désolé, c’est la fin d’un mythe, une déchéance, un naufrage… mes parents n’ayant pas assez bossé pour que je n’en branle pas une, je suis pauvre… Enfin pauvre au carré ou à la puissance 6 en l’occurrence : pauvre et avec 6 enfants, donc même si j’eusse été riche je fus probablement devenu pauvre quand même ! Un comble pour Le Père qui a fait vœu de richesse et de luxure… Ben oui, avec tous ceux qui font vœu de pauvreté et de chasteté et qui ne s’y tiennent pas, il était temps que quelqu’un se sacrifie pour les autres et aille jusqu’au bout !?), punks, Madame qui bosse, tentative de courir et autres drôleries, Le Père est un tantinet débordé et peine à même trouver le temps pour les broutilles secondaires : se reposer, ranger ses papiers, effectuer ses paiements, dormir, …
Fin d’année 2017, l’hiver arrive enfin, on le sent, là, tout près, envieux de déployer son manteau de neige et de blancheur qui atténue si bien les sons et embellit la pampa vaudoise… Et d’apporter, pour tout parent digne de ce nom, les emmerdes habituels : nez qui coule, toux, maladies diverses et variées, épidémies, virus, peste, choléra…
Donc un peu avant les vacances de noël, numéro 4 commence la fièvre. Il va sans dire que les punks, comme Le Père – par solidarité naturellement, nulle faiblesse chez Le Père, reste poli lecteur téméraire ! – toussent déjà depuis un certain temps. Là nous pressentons assez vite une couillonnade sévère : la fièvre monte et en plus il tousse, je me vois bien retourner voir les urgences Nyoniques pour une détresse respiratoire en milieu de nuit…
Mais non ! Jamais à cours de surprise, numéro 4 couve en fait une otite, une pharyngite et une rhinite… Oui, quitte à être malade, autant tout faire à la fois, que ça amortisse la consultation chez le pédiatre…
Je suis à chaque fois surpris, en parlant du pédiatre et néanmoins voisin, lorsque je le croise notre pédiatre dans le garage, qu’il ne roule pas encore en Lamborghini Veneno Cabrio turquoise avec des jantes spinner dorées à l’or fin… Vu ce qu’on lui lâche chaque mois et qu’il n’habite pas dans un château, je me demande dans quoi passent ses millions !?
Numéro 4 manque l’école un jour, détruisant sans complexe l’organisation exceptionnelle mise en place par Madame, puis va vite mieux.
Je ne commenterai pas, pour mes fans féministes qui ont juré ma mort dans d’atroces souffrances, le fait que les femmes demandent à être payées la même chose que les hommes alors qu’une simple maladie de numéro 4 suffit à mettre sur le toit leur gestion du quotidien… C’est quand même une preuve crasse qu’elles ne peuvent pas gérer les choses importantes et s’adapter aux changements, non ?!
Là, tout père naïf et peu expérimenté se serait assis devant la télé avec une bière en se tapant sur le bide, songeant à quel point il a maîtrisé et mâté la maladie dans l’œuf, avant qu’elle ne puisse faire de vrais dégâts parmi la punkée…
Eheheheheheheheeeeeeeeeeee !!!!!!
Donc arrivent les vacances et très vite, numéro 5 a de la fièvre… Les punks toussent toujours tous, mais numéro 2 commence à se plaindre de douleurs jambiques, comme par hasard au moment d’aller se coucher… Le Père lui propose un accompagnement ascensionnel à coup de pompes dans le derrière et le récalcitrant finit par monter en beuglant comme un putois…
Tu as noté lecteur curieux comme, dans notre triste période où l’on ne peut plus faire de blague sur les femmes, les blondes, les maigres, les gros, les grands (surtout pas !), on peut se permettre de traiter les putois comme de la merde sans que cela n’émeuve personne !
Et d’abord pourquoi hurler comme un putois ?! Je rappelle au lecteur le moins érudit ou qui ne regarde que du foot et les émissions sur le Kuang Mu, 5 Fun, An 2 (ou autres monnaies de la même époque) à la télé, que le putois (qui n’a rien à voir avec la mouffette qui est de la famille des mephitidés, contrairement au putois qui, comme tout le monde le sait, est de celle des mustélidés ! Que l’animalologie est cocasse quand on s’y plonge !) est principalement réputé pour sa mine joviale, son air avenant et sa propension à délimiter son territoire à l’aide de glandes à l’odeur pestilentielle, à te faire regretter la dernière gastro de numéro 5, quand il te faisait des nmdd tous les jours… Les célèbres Nombril, Milieu Du Dos, débordants et verdâtres !
Donc, le lendemain junior (numéro 2) est assez grognon… Comme d’habitude, mais se plaint, toujours, de douleur pédestre, piédale ou pédicurique… enfin, il parle de la hanche en l’occurrence, mais ça veut dire qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark.
Oui, futur père, bientôt décédé si tu continues à rigoler niaisement, tu as bien compris… Donc, les urgences de l’hôpital de Nyon ont l’honneur de voir Le Père et numéro 2 une nouvelle fois entre Noël et Nouvel An, histoire de profiter du calme et des vacances ! En effet, le pédiatre de garde consulté craint une nécrose et souhaite que nous passions aux urgences pour faire une radio…
Pour simplifier, les urgentistes ne souhaitent pas faire de radio, disent que le pédiatre fait ce qu’il veut dans son cabinet, mais qu’aux urgences, c’est eux qui commandent et ils veulent faire une prise de sang en lieu et place de la radio. Le Père se dit déjà : chic, on pompe un litre ou deux à junior et on se casse, dans 20 minutes, on est à la maison avec numéro 2 couché et je sirote un coca sur le canapé en pétant devant Dallas !
Ok, je n’ai jamais regardé Dallas…
Et tu t’en doutes bien, lecteur adoré et désabusé, on est resté plus de 20 minutes aux urgences ! Donc, pour que junior n’ait pas mal, on lui met un pansement anesthésiant, on attend une heure, on lui retire le pansement… Là ça lui fait plus mal que si on avait fait la prise de sang directement sans anesthésiant, mais l’important c’est que le médecin fasse semblant de croire que c’est mieux comme ça et qu’un labo quelconque se gave encore un peu sur notre dos…
Comme nous sommes aux urgences, je suis juste désolé pour mon voisin et néanmoins pédiatre qui ne va pas pouvoir acheter un Hummer rose ou une tondeuse à gazon tunée avec un néon bleu dessous et des flammes fuchsia sur le côté…
Junior a lu la moitié de son bouquin, joué à la tablette que tu avais pensé à emporter dans ton infinie sagesse paternelle et se fait chier comme un ragondin décédé, donc te pourrit pour être sûr que tu ne puisses pas lire ! Ce serait ballot que cette interminable attente puisse servir à quelque chose !
Une fois la prise de sang effectuée, il faut attendre le résultat… La doctoresse, qui semble avoir l’âge d’être en classe avec junior, nous dit que ça va prendre 30 minutes… 1h10 plus tard, le père commence à se rapprocher lentement mais sûrement du stade de l’insulte de masse avec hurlement et retour à la maison, lorsque la stagiaire, enfin la doctoresse, revient pour nous dire que tout est normal.
Junior, un tantinet hypocondriaque, est soulagé que ce ne soit pas la nécrose dont le pédiatre de garde nous avait parlé. Nous repartons rapidement, non sans songer très sérieusement à faire un crochet par le cabinet du médecin de garde qui nous a fait perdre 3h de vie ou de sommeil pour jeter une godasse ou un pavé dans sa fenêtre… Compte-tenu de l’heure très avancé, Le Père élit de privilégier un retour vif et prompt pour coller junior au lit.
Tu penses, lecteur naïf, que là s’arrêtent nos déboires médicaux ? C’est touchant d’avoir encore des croyances si positives, quand la vie passe son temps à te mettre de grandes baffes, tel le pêcheur Fisherman’s Friend avec son thon rouge…
Donc, les punks ont gouté du nez et toussé toutes les vacances, et numéro 4, remis de son otite, a trouvé le temps de nous sortir une angine à streptocoques ! Heureusement que numéro 5 a aussi fait une otite et un peu de fièvre pour sa laryngite, sinon nous nous serions presque ennuyés !
Bref, nous commençons l’année comme tous parents qui se respectent : essayant d’être positifs, sur les rotules et tellement contents que les punks retrouvent le chemin de l’école !
Reposez-vous, la semaine est loin d’être finie !!!

samedi 2 décembre 2017

91 - La life est belle...

Amis des camionnettes et des escrocs, bonsoir !

« Mounette, Mounette !!!! » crie numéro 5 avant de s’enfuir en sautillant, pendant que numéro 3 le charge avec la légèreté gracile de Chabal 15 millisecondes avant de plaquer une horde de All Blacks Néozélandais sauvages et sanguinaires, le genre qui va nécessiter une longue chirurgie avant que tu remarches en boitillant jusqu’à la fin de ta life, jeune père maigrichon…
Comment du haut de ses 2,75 ans, junior décide de défier Goliath en l’appelant « Mamounette », alors qu’il semble épais comme un mawashi (le solide – mais étroit – tissu noir qui dissimule, tant bien que mal, la raie des sumos et semble disparaître entre deux immmmmmmmenses fesses pendantes et flasques… Oui, je sais, l’image va te hanter pendant une bonne semaine… ne me remercie pas, c’est cadeau, pour t’aider dans ta semaine) ? Nous ne le saurons hélas jamais… Mais sans que j’aie besoin de sortir une quelconque arme, il survit, étonnamment… Dieu exècre les trouillards !

Ils jouent ensemble presque sans se faire mal… C’est naturellement bruyant et fort dangereux, comme tout jeu de punk qui se respecte, mais il faut vivre avec… Et de toute façon, s’ils s’abîment, on en a plein d’autres…
Avec la récente pauvreté du Père… Non, lecteur langue de pu…  de vipère, Le Père n’a pas fait vœu de pauvreté ou de chasteté (Dieu nous garde !), ni promis d’arrêter de jurer, bordel !!!! C’est juste que la life des golden boys ayant subi un léger changement, dans le style de ce qui est arrivé aux dinosaures à l’époque, mais en plus piquant, Le Père a changé de boulot (enfin, est sorti du chômage par la porte des chiottes… Le genre de ceux de Despérado, le film dans lequel Quantin Tarantino rencontre des trafiquants très très très louches, dans un bar très très très très crade, en passant par une porte dérobée, dissimulée dans des toilettes qui feraient fuir un moujik alcoolique, sans domicile fixe, qui ne serait pas allé à selle depuis 3 mois… Encore une fois, jeune père qui allait manger, ne me remercie pas pour ce luxe de précision, c’est tout naturel !).

Donc, cette nouvelle pauvreté crasse a contraint Madame à reprendre l’enseignement à temps partiel… Il était temps, la voir traîner toute la journée en marcel plus ou moins blanc devant téléfoot en buvant de la bière donnait un mauvais exemple d’oisiveté pour les punks ! A la suite des aventures de l’été et de son opération, Madame se réjouissait de reprendre une activité professionnelle et abandonner, à son tour, les punks à leur triste sort pour imiter Le Père et aller se la couler douce au travail !
Bon, quand tu n’as que 2-3 enfants, tu peux te permettre de les abandonner simplement sur une aire d’autoroute française, discrétos, sans risquer te faire choper… « Allez vite prendre une table dans le restaurant, je gare le Bus et j’arrive… ». Or, quand tu en as 6, teigneux comme les punks qui plus est, c’est chose nettement moins aisée et il y a toujours quelqu’un pour te les rapporter, c’est fâcheux !

Petit morceau choisi d’organisation… A quelques jours de la rentrée, le Réseau des Toblerones, du nom des fortifications antitank de la région qui ressemblent au chocolat, tas d’incultes historiopathes, ne nous a toujours pas annoncé qui seraient les veinardes, enfin les nounous, des punks… Heureusement, le jour de la rentrée, tout est prêt ! Les deux grands changent d’école et vont devoir marcher un peu. Les deux du milieu restent dans leur école et les deux plus jeunes ne sont pas encore scolarisés (les fainéants ! On est vraiment trop laxistes en Europe : à cet âge en Chine, ils font au minimum des nems, s’ils ne sont pas assez brillants pour monter des composants d’Iphone, et rapportent de l’argent chaque semaine…).
Donc, le matin il faut réveiller les deux grands, les faire déjeuner et se préparer car ils partent en premier, à pied… Enfin, ils partent en grognant comme un banc d’adolescents de mauvais poil après s’être fait courir après et houspiller par Madame et / ou Le Père, en se plaignant que nous les stressons !

Réveiller 3 et 4, si 4 n’as pas été réveillé au moment du réveil de 2 avec qui il partage un lit à deux étages… (Essayez de suivre, je n’ai pas envie de tout réexpliquer 3 fois !?) Les préparer, habiller et, si possible, faire manger. Puis préparer les deux petits pour les poser chez la nounou à 8h. Si Le Père est seul, il lâche alors 3 et 4 pour qu’ils aillent à pied à l’école et court prendre son train qui, heureusement, est tous les matins en retard de 2-5 minutes, ce qui compense les facéties de la nounou…
Dès que je deviens dictateur de la Suisse, je promeus les 500 plus hauts employés des CFF au bichonnage des toilettes publiques, avec coups de fouet dans les gares aux heures de pointe, si ce n’est pas propre au point qu’on puisse manger par terre… Naturellement, je fournis les brosses à dent pour nettoyer bien dans les coins, Nous ne sommes pas cruel, simplement juste et ferme… Une poigne de fer dans un gant de crin !

Régulièrement Monsieur, dans son immense bonté, apporte 5 et 6 chez la nounou et Madame laisse partir 3 et 4 qui partent à pied pour l’école, à la bonne heure. 3 jours par semaine, les punks mangent chez la susmentionnée nounou… Enfin pour 3, 4, 5 et 6, car 1 et 2 ont une autre nounou plus proche de l’école qu’ils fréquentent… Finalement ce n’est pas si compliqué et les matins se passent, comme chez tout le monde, dans le calme, la décontraction et les volutes de musique classique et de vouvoiement…
Dans sa bonté immense et sa naïveté bouleversante, et sans doute dans un grand moment d’égarement, Le Père avait confié sa mobilité à VW… Arrête de rire, lecteur candide, je n’ai encore rien dit de vraiment drôle et Le Père peut parfois être un tantinet susceptible suivant le sujet ! Mes allemandes (je parles des véhicules, lecteur lubrique, reste concentré !) m’avaient toujours donné raisonnablement satisfaction… Mais ça, c’était avant !

C’était avant que je rencontre « Das Auto »… Enfin Der Bus… On ne peut plus vraiment parler de voiture quand on voit un MPPT, le célèbre Multiple Purpose Punk Transporter ! Donc nous avons eu des pannes, les deux clés ont cassé (et non, lecteur de peu de fois, ce n’était l’œuvre des punks, simplement une utilisation normale des clés, juste pour démarrer la bête !), il y a eu la sonde machin, le filtre à particule (pourquoi on dit particule et pas partitête d’abord ?! On voit déjà dans le nom que ça va foutre la merde !?), puis l’huile, qu’il buvait en plus grande quantité que numéro 3 mange des pâtes – ce qui est gargantuesque ! – et le liquide de refroidissement, qu’il consommait par baignoire avant de le baver négligemment dans mon garage… Dire que nous détestions l’engin serait un euphémisme d’ampleur nationale !
Donc à la énième panne, et alors qu’il nous réclamait un service (pas super urgent, il tournait que sur de l’huile neuve, au rythme où on lui donnait à boire !!!) et un changement du filtre à particules, en plus de signaler régulièrement une défaillance moteur et de se brider à 80km, ce qui est très irritant pour les gens patients, ce qui n’est, malheureusement pas le cas du Père (d’être patient !), nous avons décidé que ça commençait à aller, que tant va la cruche à l’eau, à la fin, elle nous les brise et pierre qui mousse, roule !

Donc Le Père est allé faire une étude de marché à 500 inconnues : sachant que nous sommes pauvres et ne souhaitons pas mettre d’argent dans un nouveau MPPT, qui pourrait nous en fournir un et quel est le cahier des charges ? Comment pouvons-nous nous débarrasser du MPPT 1 sans léser une famille ou un particulier ?
Cahier des charges :

1.   Capable de charger 6 punks, le plus loin possible des sièges du conducteur et du passager

2.   Pas un VW !

3.   Surtout pas un VW !!

4.   Vraiment pas un VW !!!!!

5.   Plus jamais un VW !!!!!!!!!

6.  Pratique pour les punks et Madame (donc on reste sur un camion, aucune chance que l’on s’approche de près ou de loin d’une voiture, ce sera très moche, n’aura pas de puissance et sera plus proche d’une bétaillère peu confortable que d’une voiture selon les critères du Père – qui sont les seuls valables, devons-nous réellement le rappeler ?!)

7.   Disponible rapidement, si possible en nous reprenant le MPPT 1 comme début de financement.

8.   Pas plus gros que le MPPT 1 qui, en plus d’être moche, trop large et pas
agréable à conduire était trop haut pour pas mal de parking…

Je voudrais tout de suite dissiper tout malentendu… Non, le fait d’avoir la position de conduite d’un camionneur avec le même type d’accélération (ok, je force le trait, mais quand tu comptes le 0 à 100km/h en minutes et plus en secondes, ça commence à puer grave pour la sportivité et la hypitude !) et des sièges de qualité médiocre, sans maintien (pas besoin, tu ne vas plus faire un virage rapide ou serré qui te tasse dans le côté de ton siège !) des suspensions qui ne ressemblent à rien, 3 tonnes à freiner avec des disques plus adaptés à un scooter ou un skateboard qu’à une camionnette, ne peut pas être considéré comme un véhicule agréable à conduire…

« Oui mais j’aime bien être haut sur la route, on voit mieux et c’est plus sécurisant ! »
Ben pas moi (comme Madame) et je déteste tout ce qui est plus gros qu’une berline sportive et je n’ai pas peur en voiture…

« Fallait pas faire 6 enfants ! »
Merde, voilà !

En même temps, sans les punks, tu n’aurais pas le privilège de me lire, lecteur avide et lectodépendant alors arrête de faire des effets de style et de renâcler !
Non, ce n’est pas une voiture… quand c’est un parallélépipède rectangle mal dégrossi et que c’est classé par les constructeurs dans les « utilitaires »… Ceci implique : rafraîchi en dernier dans la gamme, matériaux moins nobles (et c’est l’euphémisme du siècle ! En même temps, dans leurs esprits, c’est pour aller bosser dans la boue ou supporter des punks, faut pas non plus que ce soit trop confortable, ce serait dommage !), pas de moteur ou alors ils ont pris un modèle qui propulse normalement une brouette ou une Dacia poussive qui, elle, ne pèse que 10% du poids du Bus !

Donc, si c’est un utilitaire, une camionnette de chantier, les punks sont considérés comme du matos de chantier ? Des briques ? Des pièces de lave-linge ou du ciment, selon ce classement ? Ils vont aimer… Ca m’énerve !!! Ok, le weekend prochain nous allons aller, en famille, faire le tour des vendeurs d’utilitaires familiaux pour uriner, alignés le long de la vitrine !
Je m’égare et digresse… Or, Toyota se propose de reprendre notre MPPT 1 pour une somme dérisoire… Je ne défonce pas la vitrine à coup de pelle et ne lâche pas les punks avec incitation à la dévastation du garage et des voitures exposées car je ne peux même pas leurs en vouloir : j’en suis tellement déçu que je n’en donnerais même pas ce qu’il offre… Il faut dire que les punks ont été extrêmement créatifs : carrosserie rayée jusqu’à hauteur de punk et même un peu au-dessus, impact sur la carrosserie en divers points (avec la collaboration de Madame, d’un pot de fleur géant et rouge (si, si,…) et quelques retouches du Père… il n’y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent…) intérieur dévasté, coffre défoncé par la poussette et tout le reste, sans compter le moteur… Même un optimiste béat aurait appelé cela une épave !

Je mets donc une annonce sur Auto******. J’ai à peine reçu l’appel pour valider mon annonce que les premiers appels arrivent !? Les gens sont hystériques. Passés les premiers qui proposent moins que ce que je demande, les offres se concrétisent et deviennent de plus en plus plausibles. Le Père commence à faire monter les enchères, malgré un prix déjà assez intéressant (pour Le Père, on n’est pas non plus dans le caritatif tout le temps !!!).
Petite précision à ce stade… D’accord pour voler n’importe qui et se venger sur le premier venu, qui doit certainement bien le mériter… Mais dès le début, je demande aux gens qui appellent si ce sont des particuliers ou des garages… A partir de la réponse, 2 discours : « non, non, je suis un particulier ! » « ok, vous avez déjà eu un VW ? Bon, alors : nous n’avons eu que des problèmes et je ne le recommanderais pas à mon pire ennemi ! Cette saloperie boit presque autant d’huile et de liquide de refroidissement que de diesel, ce qui n’est pas peu dire… Je force le trait ? On n’a pas réussi à trouver toutes les factures et reçus d’achat d’huile tellement il y en avait. Bon depuis quelques temps, il ne consomme au moins plus une ampoule de phare par mois, ça va déjà mieux. En revanche les clés (oui, les deux) ont pété il y a assez longtemps, donc les nouvelles vont peut-être bientôt lâcher aussi… Je continue ? Prenez un Toyota ou Mercedes !

En cas de garagiste : oui, c’est le bi TDI. Il boit de l’huile ? Ben comme tous ces modèles. Oui, il y a le filtre à particules et un service à faire. La carrosserie ? Nous avons 6 adorables enfants, il y a des marques, il a vécu, c’est pour cette raison que je le vends moins cher que beaucoup d’autres du même kilométrage…
Quelqu’un se dit intéressé pour venir le voir depuis Berne ! Il me propose de le prendre plus cher que ce que je propose !!!! Je lui dis que je le lui réserve et mets au chaud 2 autres acheteurs pour le cas où. Le jour venu, je remets de l’huile et du liquide de refroidissement. La personne fait 2 fois le tour du MPPT, regarde dessous, dedans, dessus, refait le tour et regarde le moteur.

Ok, on peut aller faire un tour ? Oui, bien entendu !
Là tu penses : bon il va s’allumer dans tous les sens et signaler tous les problèmes et en plus il se bride électroniquement à 80km/h après quelques mètres, c’est mort il ne va jamais le prendre… Etonnamment, le Bus se comporte moins mal qu’attendu ! Moins de bruits bizarres et il coopère plus ou moins, démontrant de manière patente une nouvelle fois si besoin était qu’il ne m’aimait simplement pas !

Retour au bercail sans encombre. L’acheteur commence à me dire que la carrosserie est en très mauvais état… que le moteur est au bout du rouleau et qu’il ne va pas pouvoir m’en donner ce qu’il avait promis… Il m’annonce même un prix beaucoup plus bas que ce que je demandais…
Je n’en crois pas mes yeux ! Il essaie de m’arnaquer ?! Mais c’est un métier, merde, on ne roule pas une saloperie de vendeur, ça ne se fait pas !?!?

Le Père le fait donc remonter au prix qu’il souhaitait atteindre dès le début, soit un peu plus de 2 fois ce que Toyota proposait de nous le reprendre… Par principe et fierté, mais aussi pour éviter qu’un garagiste fanfaronne en prétendant avoir roulé Le Père ! Il y a des limites à ce qu’on peut tolérer !



Madame va chercher quelques jours après le nouveau MPPT2. Ce n’est pas beaucoup mieux, en terme de sportivité ou d’échapper à la honte, mais au moins il fonctionne (avec un bruit de pauvre tracteur Tadjik des années 30), est plus ou moins moderne et a assez de siège (mais sans cuir…). Je ferai payer, comme il se doit, aux punks plus tard le fait de devoir voyager en chicken class à cause d’eux !
Une page est tournée, nous buvons avec Madame une petite bouteille pour fêter le départ de la bête de notre garage (qu’on va pouvoir nettoyer : le liquide de refroidissement laisse de jolies traces roses) et poursuivons l’aventure des punks avec un véhicule plus adapté et pouvant asseoir tout le monde !

Reposez-vous, la semaine est loin d’être terminée et les punks sentent la neige !!!

jeudi 14 septembre 2017

90 - Ultra de l'Eiger, course enfants

Amis du ravitaillement et des manchons, bonsoir !

Le Père est remis de son passage zermattesque et retrouve le travail le cœur léger, surtout avec 3 étages à gravir, sans ascenseur, après une course, avec la cheville qui pique un peu à la montée, comme à la descente d’ailleurs… Bien qu’un surhomme, il hésite à monter travailler… Puis à descendre manger, ce qui n’est pas totalement nécessaire finalement quand on y pense, et finit par aller bosser quand même en jurant intérieurement sur l’immeuble, l’inventeur de l’escalier, et contre feu Frank Etage, inventeur des habitations sur plusieurs niveaux, et enfin par principe, merde à la fin, il râle s’il veut ! Il commence à se remettre de la gastro, la vie est belle !

Les punks sont en vacances, ce qui veut dire que lorsqu’il rentre, Madame semble fatiguée (pourquoi ?! Elle ne travaille même pas ?! Le Père est un fin psychologue, il évite soigneusement de poser la question… un coup de rouleau à pâte en marbre est si vite parti…) et les punks sont excités et / ou font la gueule… Le Père les apaise…

Ok, il gueule ou les menace, c’est selon, jusqu’à ce que l’entropie ait atteint un niveau presque acceptable. Le calme revient brièvement sur la maison. Avant la tempête de la phase de coucher…

          Nouméro cinquooooooo, on va faire do-dooooooooo !                

          Non, gnoooooooooooooon !    

Et de rajouter en partant en courant :

          Coucher PAS !!!!

Histoire de clore le débat… Décidément, cette arrogance et désobéissance ne peut être que du côté maternel !

La famille ne fonctionne heureusement pas, comme déjà expliqué aux punks, en démocratie… Et numéro 5, du haut de ses 2,5 ans n’étant pas le plus épais, le plus rapide ou le mieux équipé pour résister aux 100kg de muscles et de délicatesse du Père (attention aux remarques sur le poids ou la taille, futur père insouciant, une fracture est si vite arrivée !)… Il finit dans les bras du Père, tête en bas et les yeux fermés en signe de protestation ultime, pendant que les autres punks lui font un bisou pour la nuit…

          Bisous PAS !!!!

Il commence à se calmer sur la table à langer et s’endort assez vite une fois que : le doudou a été localisé (après avoir monté et descendu 2 fois tous les escaliers de la maison, nouvelle raison de haïr : les étages, les escaliers, les punks qui ne rangent rien, les doudous qui se cachent et la pauvreté qui nous empêche d’avoir un ascenseur), le biberon d’eau a été apporté et mis au bon endroit dans le lit, la veilleuse musicale est en marche et la veilleuse lumineuse est branchée…

Tu as déjà perdu depuis fort longtemps, futur jeune père : 1-2 pieds en marchant de nuit sur des jouets, l’odorat en changeant la couche de junior qui annonce fièrement : Caca ! (25 minutes après largage de la bombe et 8 minutes après débordement dans le short avec léger coulage le long de la jambe, sinon ça manque de drôlerie…), une oreille quand tu as chatouillé junior qui a plus de puissance et d’aigus qu’une meuleuse d’angle sur un rail de chemin de fer neuf, ta patience à force d’être dérangé 17 fois par numéro 4 qui te demande quand tu vas venir t’occuper de lui et numéro 3 qui veut que tu ailles te promener avec lui pendant que tu t’occupes de numéro 5 ou 6…

Donc c’est une soirée tranquille : tu es sur le canapé à essayer de regarder le journal (oui, en replay, tu as des enfants, futur père, arrête de ne penser qu’à toi, c’est fini cette vie d’insouciance et de normalité béate…), tu aimerais te détendre, mais n’ose pas : il peut toujours y avoir 3, 4 ou 5 qui se relève, pleure ou dit qu’il n’arrive pas à dormir… Tu aimerais manger, mais aussi que ce soit tranquille quand tu manges, peut-être même manger un plat chaud pour une fois !?, donc tu n’oses pas commencer trop vite… Si tu avais des velléités de faire du sport, tu es en train de te changer et te réjouis d’aller courir à la frontale, après 21h45, seul comme un gars qui n’a pas d’amis, les autres sports étant compliqués car fermés à cette heure-là… Mais, seul c’est bien parfois, sans le risque que quelqu’un sorte de sa chambre pour te dire qu’il n’arrive pas à dormir, a fait un cauchemar alors qu’il est couché depuis 7 minutes ou autres plaisanteries !

Pour une fois ce lundi finit bien, Le Père se couche vers 2h du mat, normal, petit bib à numéro 6 qui vient de commencer à se réveiller et que tu ne veux pas ignorer au risque d’y retourner dans une heure, alors que tu commençais à trouver le sommeil…

Mardi, alors que Le Père enlève ses chaussures après la journée de travail, il note que sa cheville gauche est enflée !?

Ben non !? Enfin… Ouaip, j’ai eu mal 4-5 fois et le matin ça pique… mais ça n’en fait pas une entorse pour autant, si !? En plus en y repensant, l’entorse de la veille de l’ultra marathon ne semblait pas si violente que ça… Mais d’un autre côté… Ca pique depuis régulièrement… Mais une entorse c’est sur la bas de la cheville… Là c’est gonflé un peu partout et ça pique sur le dessus…

Le Père décide sagement de reporter toute analyse médicale à la fin de la semaine, histoire d’avoir un peu plus de 2 semaines de recul, et d’aller courir une fois les punks couchés…

Sortie course frontale, léger footing, rien de méchant, même pas 10km. Ben ça picote un peu quand même ! Ca doit être les restes de la course de samedi dernier…

Le Père affiche une constance, pour ce qui est de l’entraînement en tous cas, à toute épreuve ! Il ne s’entraîne jamais assez, ne fait pas assez de dénivelé, ne fait jamais attention à son alimentation et surtout ne fait presque pas de fractionné, ne suivant naturellement pas son programme d’entraînement ! Oui, c’est pour des raisons religieuses, principalement, si cela ne tenait qu’à lui, il serait studieux et appliqué comme à son habitude…

Donc entre Zermatt et l’Ultra de l’Eiger, il a décidé de mettre toutes les chances de son côté et de monter une fois à la Dôle, sympathique colline des environs culminant à peu près à 1’677,2m… Normalement, il se gare en bas de la colline, dans la forêt, monte 8,5km et plus de 1’000 de dénivelé et redescend.

Mais pas la première semaine… Entre la cheville et les punks, le boulot et Madame qui ne va pas très bien (voir chronique 88), Le Père dispose amplement d’assez d’excuses pour faire le minimum… Quasiment pas de course la première semaine, donc Le Père est chaud patate quand arrive le weekend ! Il prévient Madame alors qu’elle joue sur son portable, sans prêter attention à la télé ou au Père : demain je me lève et vais faire une bosse, je te tiens au courant !

Madame ayant peu d’humour sur certains sujets (comme toutes les femmes !), j’évite de trop développer et prépare mes affaires une fois qu’elle est couchée. Voulant changer de parcours et de bosse, je me dis qu’en partant tôt, je dois pouvoir aller faire les Rochers de Naye (au-dessus de Montreux pour les moins fans de géographie helvétique) au départ de Montreux…

Comme tout coureur qui se respecte, j’ai tout préparé : mes affaires, un peu à boire et ce que je mange en courant. J’ai repéré le parcours (20 secondes sur internet en regardant un vague plan), je sais où me garer (près de la gare enfin à peu près) et par où passer… Ou presque ! Je me gare dans le parking de la gare, m’équipe rapidement, et sors sous la gare dans la rue… Mon GPS peine à trouver ses satellites (qui ne bougent pourtant pas des masses : c’est vers le haut ! Malgré cela, ma montre prend toujours trop de temps à mon goût pour les trouver…) et je commence à courir, sans trop savoir par où il faut rejoindre la vallée que je cherche…

Je tourne, monte, longe la voie ferrée, retourne et remonte et finis par entrer dans une vallée qui serait sympathique s’il n’avait pas plu récemment, rendant certains passage un peu glissants… La vallée est assez encaissée et avec les arbres, on ne voit pas trop, vu l’heure assez matinale. La luminosité augmente rapidement.

Ca monte et ça monte. J’arrive à un endroit d’où d’autres gens partent. Jusqu’ici je n’ai pas croisé foule, il faut dire qu’il n’est pas encore 8h… A un endroit, un panneau indique les Rochers de Naye soit à gauche en 2h, soit à droite en 2h30. Le Père tourne, il n’est pas là pour prendre les routes de touristes ou beurrer les toasts, et ca monte assez raide dans les champs.

Je dérange un troupeau de chèvres, qui ne me prêtent pas plus d’attention que ça et poursuis mon ascension… Un peu plus loin, 3 ânes sont sur le chemin. Non, ils barrent le chemin… Probablement des locaux qui veulent racketter le traileur moyen… C’est un sentier pas large, bordé d’orties, Le Père les aborde convivial et poli :

          Oh, saloperie !? Tu peux te pousser avec ta grosse, je suis un peu à la bourre et j’ai pas envie de te mettre minable devant tes potes !?

Bon, Le Père magnanime passe à côté du chemin en insultant les équidés têtus qui ont de la chance qu’il n’a pas le temps de tester ses bâtons carbone et leur résolution ! Note pour plus tard, s’acheter un canapé en peau d’âne, même si ça ne ressemble à rien, juste par vengeance !

Le chemin quitte le flan paturesque et ça monte un peu plus sec pendant un moment. Au sommet du raidillon, une cabane à la droite du Père (ça me dit quelque chose la droite du Père…) bouche la vue. Après la cabane, il y a un banc. Rien d’autre. Un banc et la vue de Genève au Valais, de toute la région, sous un ciel chargé mais que le soleil perce par endroit… Rien que pour ça, futur père, tu devrais te mettre au trail !!!

Le Père n’étant pas là pour repasser les serviettes et étant toujours habité par la crainte du rouleau à pâte en ébène de Madame, il se remet rapidement en route pour le sommet. Au moment de repartir de ce promontoire, il voit passer deux coureurs dont l’un en chaussures minimaliste monte très très vite. Le Père a toujours le temps de détester quelqu’un, quel que soit son état ou la distance au sommet…

Arrivée au sommet, dans la brume, le vent et une légère pluie. Il fait un peu frais (normal, on est à 2’042m, tout de même) mais on devine que la vue doit être terrible… Le Père se prend à penser que ce serait chouette d’amener les punks… avant de se ressaisir et de réaliser les heures de râles et plaintes et chamailleries qu’il faudrait endurer pour arriver jusque-là !

Passage aux toilettes du restaurant du sommet, Le Père repart avec son coupe-vent et commence une descente en bombardant, sans attendre la réponse de son sms à Madame : bonne nouvelle, je suis au sommet, mauvaise nouvelle, des Rochers de Naye… Te redis quand je suis à la voiture !

La descente pique au niveau du pied mais est très sympa… Sauf quand on s’approche de Montreux et qu’il y a des rues super pentues (grosse friction et douleur à la papatte) avec parfois des escaliers. Mais ça descend et très vite (petite mise au point nécessaire pour les plus naïfs : ça va très vite pour Le Père ! Oui, si tu regardes avec des exemples de Jornet ou autres OCNIS – Objets Courants Non Identifiés, c’est un peu comme regarder un paresseux – l’animal, jeune lecteur, ne sois pas insultant ! – faire une course avec un jaguar… On a l’impression que l’un des deux court au ralenti…).

La rentrée dans Montreux est bien : le soleil s’est pointé, séchant les routes, Le Père tombe tout de suite sur la gare, sans faire le détour de quelques heures plus tôt : il fallait juste monter avec l’ascenseur au lieu de descendre (oui, ben c’est mal indiqué, merde à la fin… Et oui, je n’avais pas trop regardé non plus, re merde à la fin !).

Sms à Madame et départ pour retrouver les punks avec la satisfaction du dénivelé accompli et de quelques kilomètres dans les jambes sans trop de douleurs hormis le pied…

La semaine suivante est semblable à la première : excès de nourriture en tout genre, sucré ou gras sans distinction, pas assez d’entrainement, très peu de sommeil (trop de sommeil tue le sommeil, mais pas assez de sommeil tue aussi…) et me voilà fin prêt pour le départ, vendredi, pour Grindelwald !

Pour bien remettre les choses en perspective, petit rappel des chiffres et des faits !

Le Père ayant été blessé, il a demandé aux gentils organisateurs de le passer dans la course pour enfants, au lieu de faire la course complète… Donc il y a à ma droite : l’Ultra de l’Eiger, 51km, passage à 2’681m, vue splendide et parcours un peu technique. Face à lui, mesdames et messieurs, à ma gauche donc : Le Père… 25’000m de dénivelé de moins que l’année dernière, 300km de pas assez, 2 séances de fractionné cette année (au lieu de 2 par semaine), 102kg, toujours 2.01m et un pied qui pique un peu…

Pour récupérer le dossard, il faut montrer son sac, avec les objets obligatoires… Oui, je comprends la raison qui leur fait exiger un certain matériel, mais la météo annonce grand beau, je ne pars pas sur le grand, le plus froid que nous allons avoir sera entre 12-15 degrés au-dessus de 0, malgré ça, le germanique (obtus et peu amène) me fait retourner à l’hôtel pour que je puisse lui montrer mon pantalon…

Fin connaisseur de la culture suisse allemande, Le Père renonce – malgré une puissante envie ! – à lui mettre son bâton, son sac et sa main sur la tronche… Récupération du dossard, installation à l’hôtel et préparation du sac pour le lendemain. Le Père mange et se couche trop tard, toujours difficile de dormir la veille d’une course !

Le départ arrive, nous montons et Le Père souffre mais n’est pas si mal que ça… Les kilomètres s’enchaînent et les rencontres. Je passe plus de la moitié de la course avec des Canadiens !? Arrive la plus grande montée, pour atteindre le faulhorn, point culminant et ravitaillement d’où la vue imprenable est un bon moment… Le Père en bave grave, se fait doubler par tout le monde, dont une tortue et un pangolin malade. Manque de dénivelé ? D’entraînement ? De sommeil ? Mauvaise alimentation ? Probablement un peu de tout ça mais ça ne l’aide pas sur le moment !

Heureusement, après la nuit le jour, après la montée, ça descend ! Bon, les premiers sont déjà arrivés depuis longtemps, Le Père bombarde et redouble beaucoup de ceux qui l’avaient lâchement dépassé durant un moment de faiblesse dans la montée.

Le petit souci est que la descente… descend ! Donc le poids du corps appuie beaucoup plus sur l’avant de la chaussure, spécialement les lacets, spécialement là où Le Père est un tantinet blessé… Le Père, comme tout stratège raisonnable et responsable, se dit : rien à foutre, je fonce, on verra après si c’est une entorse !

Ca pique, mais les sensations ne sont pas trop mauvaises… jusqu’au bas de la pente… à quelques kilomètres de l’arrivée, après le dernier ravito, il ne reste plus beaucoup de kilomètres. C’est juste du plat montant ou descendant avec une grande montée qui pique à quelques mètres de l’arrivée ! Le Père serre les dents et jure tout naturellement, se promettant de ne plus courir, s’il était fait pour ça il aurait fini depuis longtemps, merde encore une fois !

En parlant de temps… Il regarde sa montre et se lance dans de savants calculs… S’il se bouge son gros derrière et ce qui va avec, il devrait pouvoir franchir l’arrivée avant les 10h de course… Bon, on serre les dents encore un peu et on avance. Dernière montée, entrée dans Grindelwald sous les acclamations du public (ambiance de folie dans la rue principale !) et course avec accélération à la fin !

Contrairement à toi, futur jeune père, Le Père n’a pas spécialement pour fantasme de se faire fouetter le derrière au martinet à clous, attaché sur une planche à clous elle aussi, par Hilge (allemande à moustache, 1.90m, 108kg, capable de briser 2 vertèbres entre ses mains de camionneuse)… Après avoir repris son souffle à défaut de ses esprits, il décide d’ôter ses chaussures pour rentrer à l’hôtel en chaussettes… Compte tenu de la démarche de certains (et ce ne sont pas forcément ceux qui ont couru les 101km…), personne n’y prête trop attention !

Nouvelle nuit de plus de huit heures de sommeil ! Ok, ça ne se fait jamais en une fois, mais c’est quand même incroyable ! Dire qu’il y a des gens qui dorment autant chaque nuit ! Ils ne doivent vraiment pas apprécier ça autant que Le Père !

Le retour est plus calme. Le Père a compris que l’entorse n° 19 n’en est pas une, et sait qu’il doit aller voir une saleté de vétérinaire pour savoir la suite à donner à cette douleur… Surtout pour savoir s’il va pouvoir aller à l’Ultraks et continuer à donner des coups de pied au c.. des punks !

La permanence de Nyon reçoit Le Père sans égard, ni fleurs, ni fanfare, le 31 juillet… Il a appelé et y va pour faire une radio, vu que la permanence est ouverte ce jour où il a congé… Il rencontre le doc qui… lui fait prendre rendez-vous pour une radio !?!?!?! Note pour plus tard, aller dissimuler un orignal décédé dans un placard pour les incommoder avec l’odeur !

Quelques jours plus tard, après avoir attendu 34 minutes le trouduc de radiologue, il pratique une échographie, probablement pour facturer plus et ruiner ma caisse maladie… Avant de dire en regardant l’écran l’air penseur : oui, c’est pas une entorse… Vous voyez, c’est là que le tendon a arraché l’os ! On va faire une radio pour confirmer…

Le Père ne se met pas à le frapper en hurlant : je vous ai appelé il y a une semaine en vous demandant une radio pour confirmer et vous m’avez fait perdre une semaine pour rien et payé une blinde !? Le tout agrémenté de moultes quolibets et insultes graphiques et crades !

Je dis à Roberto (sais pas son prénom !?) :

          Donc il ne faut plus courir ?!

          Non, tu pouvez courir, ma s’est pas faut faire entorse sourtou !

          Ok, donc pas d’entorse, mais sinon je peux courir ?

          Si, enfin oui !

Donc il n’y a rien à faire, j’ai juste payé très cher pour qu’on me confirme ce que je pensais ! J’exagère, ils m’ont confirmé qu’il n’y avait pas de déplacement, donc de complication… Et après presque un mois, ça s’est déjà calcifié un peu, donc heureusement sinon il aurait fallu casser l’os pour le remettre en place !

Les pages filent telles les baskets du Père dans la pampa vaudoise à la nuit tombée… Je vais déjà devoir te laisser, lecteur avide et impatient, mais ne t’éloigne pas trop du Père en pensées : lui n’est jamais très loin et il reviendra bientôt avec de nouvelles aventures !

Reposez-vous, le weekend est bientôt là et il ne va pas faire très beau : les punks vont être enfermés à l’intérieur !