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Né il y a quelques années, no 2 n'a pas dormi pendant 19 mois, se réveillant chaque nuit. Ceci coïncida avec mes trajets à Zürich (réveil à 4h15 chaque mardi). Un collègue a noté ma tronche de déterré. La première chronique était née.

jeudi 14 septembre 2017

90 - Ultra de l'Eiger, course enfants

Amis du ravitaillement et des manchons, bonsoir !

Le Père est remis de son passage zermattesque et retrouve le travail le cœur léger, surtout avec 3 étages à gravir, sans ascenseur, après une course, avec la cheville qui pique un peu à la montée, comme à la descente d’ailleurs… Bien qu’un surhomme, il hésite à monter travailler… Puis à descendre manger, ce qui n’est pas totalement nécessaire finalement quand on y pense, et finit par aller bosser quand même en jurant intérieurement sur l’immeuble, l’inventeur de l’escalier, et contre feu Frank Etage, inventeur des habitations sur plusieurs niveaux, et enfin par principe, merde à la fin, il râle s’il veut ! Il commence à se remettre de la gastro, la vie est belle !

Les punks sont en vacances, ce qui veut dire que lorsqu’il rentre, Madame semble fatiguée (pourquoi ?! Elle ne travaille même pas ?! Le Père est un fin psychologue, il évite soigneusement de poser la question… un coup de rouleau à pâte en marbre est si vite parti…) et les punks sont excités et / ou font la gueule… Le Père les apaise…

Ok, il gueule ou les menace, c’est selon, jusqu’à ce que l’entropie ait atteint un niveau presque acceptable. Le calme revient brièvement sur la maison. Avant la tempête de la phase de coucher…

          Nouméro cinquooooooo, on va faire do-dooooooooo !                

          Non, gnoooooooooooooon !    

Et de rajouter en partant en courant :

          Coucher PAS !!!!

Histoire de clore le débat… Décidément, cette arrogance et désobéissance ne peut être que du côté maternel !

La famille ne fonctionne heureusement pas, comme déjà expliqué aux punks, en démocratie… Et numéro 5, du haut de ses 2,5 ans n’étant pas le plus épais, le plus rapide ou le mieux équipé pour résister aux 100kg de muscles et de délicatesse du Père (attention aux remarques sur le poids ou la taille, futur père insouciant, une fracture est si vite arrivée !)… Il finit dans les bras du Père, tête en bas et les yeux fermés en signe de protestation ultime, pendant que les autres punks lui font un bisou pour la nuit…

          Bisous PAS !!!!

Il commence à se calmer sur la table à langer et s’endort assez vite une fois que : le doudou a été localisé (après avoir monté et descendu 2 fois tous les escaliers de la maison, nouvelle raison de haïr : les étages, les escaliers, les punks qui ne rangent rien, les doudous qui se cachent et la pauvreté qui nous empêche d’avoir un ascenseur), le biberon d’eau a été apporté et mis au bon endroit dans le lit, la veilleuse musicale est en marche et la veilleuse lumineuse est branchée…

Tu as déjà perdu depuis fort longtemps, futur jeune père : 1-2 pieds en marchant de nuit sur des jouets, l’odorat en changeant la couche de junior qui annonce fièrement : Caca ! (25 minutes après largage de la bombe et 8 minutes après débordement dans le short avec léger coulage le long de la jambe, sinon ça manque de drôlerie…), une oreille quand tu as chatouillé junior qui a plus de puissance et d’aigus qu’une meuleuse d’angle sur un rail de chemin de fer neuf, ta patience à force d’être dérangé 17 fois par numéro 4 qui te demande quand tu vas venir t’occuper de lui et numéro 3 qui veut que tu ailles te promener avec lui pendant que tu t’occupes de numéro 5 ou 6…

Donc c’est une soirée tranquille : tu es sur le canapé à essayer de regarder le journal (oui, en replay, tu as des enfants, futur père, arrête de ne penser qu’à toi, c’est fini cette vie d’insouciance et de normalité béate…), tu aimerais te détendre, mais n’ose pas : il peut toujours y avoir 3, 4 ou 5 qui se relève, pleure ou dit qu’il n’arrive pas à dormir… Tu aimerais manger, mais aussi que ce soit tranquille quand tu manges, peut-être même manger un plat chaud pour une fois !?, donc tu n’oses pas commencer trop vite… Si tu avais des velléités de faire du sport, tu es en train de te changer et te réjouis d’aller courir à la frontale, après 21h45, seul comme un gars qui n’a pas d’amis, les autres sports étant compliqués car fermés à cette heure-là… Mais, seul c’est bien parfois, sans le risque que quelqu’un sorte de sa chambre pour te dire qu’il n’arrive pas à dormir, a fait un cauchemar alors qu’il est couché depuis 7 minutes ou autres plaisanteries !

Pour une fois ce lundi finit bien, Le Père se couche vers 2h du mat, normal, petit bib à numéro 6 qui vient de commencer à se réveiller et que tu ne veux pas ignorer au risque d’y retourner dans une heure, alors que tu commençais à trouver le sommeil…

Mardi, alors que Le Père enlève ses chaussures après la journée de travail, il note que sa cheville gauche est enflée !?

Ben non !? Enfin… Ouaip, j’ai eu mal 4-5 fois et le matin ça pique… mais ça n’en fait pas une entorse pour autant, si !? En plus en y repensant, l’entorse de la veille de l’ultra marathon ne semblait pas si violente que ça… Mais d’un autre côté… Ca pique depuis régulièrement… Mais une entorse c’est sur la bas de la cheville… Là c’est gonflé un peu partout et ça pique sur le dessus…

Le Père décide sagement de reporter toute analyse médicale à la fin de la semaine, histoire d’avoir un peu plus de 2 semaines de recul, et d’aller courir une fois les punks couchés…

Sortie course frontale, léger footing, rien de méchant, même pas 10km. Ben ça picote un peu quand même ! Ca doit être les restes de la course de samedi dernier…

Le Père affiche une constance, pour ce qui est de l’entraînement en tous cas, à toute épreuve ! Il ne s’entraîne jamais assez, ne fait pas assez de dénivelé, ne fait jamais attention à son alimentation et surtout ne fait presque pas de fractionné, ne suivant naturellement pas son programme d’entraînement ! Oui, c’est pour des raisons religieuses, principalement, si cela ne tenait qu’à lui, il serait studieux et appliqué comme à son habitude…

Donc entre Zermatt et l’Ultra de l’Eiger, il a décidé de mettre toutes les chances de son côté et de monter une fois à la Dôle, sympathique colline des environs culminant à peu près à 1’677,2m… Normalement, il se gare en bas de la colline, dans la forêt, monte 8,5km et plus de 1’000 de dénivelé et redescend.

Mais pas la première semaine… Entre la cheville et les punks, le boulot et Madame qui ne va pas très bien (voir chronique 88), Le Père dispose amplement d’assez d’excuses pour faire le minimum… Quasiment pas de course la première semaine, donc Le Père est chaud patate quand arrive le weekend ! Il prévient Madame alors qu’elle joue sur son portable, sans prêter attention à la télé ou au Père : demain je me lève et vais faire une bosse, je te tiens au courant !

Madame ayant peu d’humour sur certains sujets (comme toutes les femmes !), j’évite de trop développer et prépare mes affaires une fois qu’elle est couchée. Voulant changer de parcours et de bosse, je me dis qu’en partant tôt, je dois pouvoir aller faire les Rochers de Naye (au-dessus de Montreux pour les moins fans de géographie helvétique) au départ de Montreux…

Comme tout coureur qui se respecte, j’ai tout préparé : mes affaires, un peu à boire et ce que je mange en courant. J’ai repéré le parcours (20 secondes sur internet en regardant un vague plan), je sais où me garer (près de la gare enfin à peu près) et par où passer… Ou presque ! Je me gare dans le parking de la gare, m’équipe rapidement, et sors sous la gare dans la rue… Mon GPS peine à trouver ses satellites (qui ne bougent pourtant pas des masses : c’est vers le haut ! Malgré cela, ma montre prend toujours trop de temps à mon goût pour les trouver…) et je commence à courir, sans trop savoir par où il faut rejoindre la vallée que je cherche…

Je tourne, monte, longe la voie ferrée, retourne et remonte et finis par entrer dans une vallée qui serait sympathique s’il n’avait pas plu récemment, rendant certains passage un peu glissants… La vallée est assez encaissée et avec les arbres, on ne voit pas trop, vu l’heure assez matinale. La luminosité augmente rapidement.

Ca monte et ça monte. J’arrive à un endroit d’où d’autres gens partent. Jusqu’ici je n’ai pas croisé foule, il faut dire qu’il n’est pas encore 8h… A un endroit, un panneau indique les Rochers de Naye soit à gauche en 2h, soit à droite en 2h30. Le Père tourne, il n’est pas là pour prendre les routes de touristes ou beurrer les toasts, et ca monte assez raide dans les champs.

Je dérange un troupeau de chèvres, qui ne me prêtent pas plus d’attention que ça et poursuis mon ascension… Un peu plus loin, 3 ânes sont sur le chemin. Non, ils barrent le chemin… Probablement des locaux qui veulent racketter le traileur moyen… C’est un sentier pas large, bordé d’orties, Le Père les aborde convivial et poli :

          Oh, saloperie !? Tu peux te pousser avec ta grosse, je suis un peu à la bourre et j’ai pas envie de te mettre minable devant tes potes !?

Bon, Le Père magnanime passe à côté du chemin en insultant les équidés têtus qui ont de la chance qu’il n’a pas le temps de tester ses bâtons carbone et leur résolution ! Note pour plus tard, s’acheter un canapé en peau d’âne, même si ça ne ressemble à rien, juste par vengeance !

Le chemin quitte le flan paturesque et ça monte un peu plus sec pendant un moment. Au sommet du raidillon, une cabane à la droite du Père (ça me dit quelque chose la droite du Père…) bouche la vue. Après la cabane, il y a un banc. Rien d’autre. Un banc et la vue de Genève au Valais, de toute la région, sous un ciel chargé mais que le soleil perce par endroit… Rien que pour ça, futur père, tu devrais te mettre au trail !!!

Le Père n’étant pas là pour repasser les serviettes et étant toujours habité par la crainte du rouleau à pâte en ébène de Madame, il se remet rapidement en route pour le sommet. Au moment de repartir de ce promontoire, il voit passer deux coureurs dont l’un en chaussures minimaliste monte très très vite. Le Père a toujours le temps de détester quelqu’un, quel que soit son état ou la distance au sommet…

Arrivée au sommet, dans la brume, le vent et une légère pluie. Il fait un peu frais (normal, on est à 2’042m, tout de même) mais on devine que la vue doit être terrible… Le Père se prend à penser que ce serait chouette d’amener les punks… avant de se ressaisir et de réaliser les heures de râles et plaintes et chamailleries qu’il faudrait endurer pour arriver jusque-là !

Passage aux toilettes du restaurant du sommet, Le Père repart avec son coupe-vent et commence une descente en bombardant, sans attendre la réponse de son sms à Madame : bonne nouvelle, je suis au sommet, mauvaise nouvelle, des Rochers de Naye… Te redis quand je suis à la voiture !

La descente pique au niveau du pied mais est très sympa… Sauf quand on s’approche de Montreux et qu’il y a des rues super pentues (grosse friction et douleur à la papatte) avec parfois des escaliers. Mais ça descend et très vite (petite mise au point nécessaire pour les plus naïfs : ça va très vite pour Le Père ! Oui, si tu regardes avec des exemples de Jornet ou autres OCNIS – Objets Courants Non Identifiés, c’est un peu comme regarder un paresseux – l’animal, jeune lecteur, ne sois pas insultant ! – faire une course avec un jaguar… On a l’impression que l’un des deux court au ralenti…).

La rentrée dans Montreux est bien : le soleil s’est pointé, séchant les routes, Le Père tombe tout de suite sur la gare, sans faire le détour de quelques heures plus tôt : il fallait juste monter avec l’ascenseur au lieu de descendre (oui, ben c’est mal indiqué, merde à la fin… Et oui, je n’avais pas trop regardé non plus, re merde à la fin !).

Sms à Madame et départ pour retrouver les punks avec la satisfaction du dénivelé accompli et de quelques kilomètres dans les jambes sans trop de douleurs hormis le pied…

La semaine suivante est semblable à la première : excès de nourriture en tout genre, sucré ou gras sans distinction, pas assez d’entrainement, très peu de sommeil (trop de sommeil tue le sommeil, mais pas assez de sommeil tue aussi…) et me voilà fin prêt pour le départ, vendredi, pour Grindelwald !

Pour bien remettre les choses en perspective, petit rappel des chiffres et des faits !

Le Père ayant été blessé, il a demandé aux gentils organisateurs de le passer dans la course pour enfants, au lieu de faire la course complète… Donc il y a à ma droite : l’Ultra de l’Eiger, 51km, passage à 2’681m, vue splendide et parcours un peu technique. Face à lui, mesdames et messieurs, à ma gauche donc : Le Père… 25’000m de dénivelé de moins que l’année dernière, 300km de pas assez, 2 séances de fractionné cette année (au lieu de 2 par semaine), 102kg, toujours 2.01m et un pied qui pique un peu…

Pour récupérer le dossard, il faut montrer son sac, avec les objets obligatoires… Oui, je comprends la raison qui leur fait exiger un certain matériel, mais la météo annonce grand beau, je ne pars pas sur le grand, le plus froid que nous allons avoir sera entre 12-15 degrés au-dessus de 0, malgré ça, le germanique (obtus et peu amène) me fait retourner à l’hôtel pour que je puisse lui montrer mon pantalon…

Fin connaisseur de la culture suisse allemande, Le Père renonce – malgré une puissante envie ! – à lui mettre son bâton, son sac et sa main sur la tronche… Récupération du dossard, installation à l’hôtel et préparation du sac pour le lendemain. Le Père mange et se couche trop tard, toujours difficile de dormir la veille d’une course !

Le départ arrive, nous montons et Le Père souffre mais n’est pas si mal que ça… Les kilomètres s’enchaînent et les rencontres. Je passe plus de la moitié de la course avec des Canadiens !? Arrive la plus grande montée, pour atteindre le faulhorn, point culminant et ravitaillement d’où la vue imprenable est un bon moment… Le Père en bave grave, se fait doubler par tout le monde, dont une tortue et un pangolin malade. Manque de dénivelé ? D’entraînement ? De sommeil ? Mauvaise alimentation ? Probablement un peu de tout ça mais ça ne l’aide pas sur le moment !

Heureusement, après la nuit le jour, après la montée, ça descend ! Bon, les premiers sont déjà arrivés depuis longtemps, Le Père bombarde et redouble beaucoup de ceux qui l’avaient lâchement dépassé durant un moment de faiblesse dans la montée.

Le petit souci est que la descente… descend ! Donc le poids du corps appuie beaucoup plus sur l’avant de la chaussure, spécialement les lacets, spécialement là où Le Père est un tantinet blessé… Le Père, comme tout stratège raisonnable et responsable, se dit : rien à foutre, je fonce, on verra après si c’est une entorse !

Ca pique, mais les sensations ne sont pas trop mauvaises… jusqu’au bas de la pente… à quelques kilomètres de l’arrivée, après le dernier ravito, il ne reste plus beaucoup de kilomètres. C’est juste du plat montant ou descendant avec une grande montée qui pique à quelques mètres de l’arrivée ! Le Père serre les dents et jure tout naturellement, se promettant de ne plus courir, s’il était fait pour ça il aurait fini depuis longtemps, merde encore une fois !

En parlant de temps… Il regarde sa montre et se lance dans de savants calculs… S’il se bouge son gros derrière et ce qui va avec, il devrait pouvoir franchir l’arrivée avant les 10h de course… Bon, on serre les dents encore un peu et on avance. Dernière montée, entrée dans Grindelwald sous les acclamations du public (ambiance de folie dans la rue principale !) et course avec accélération à la fin !

Contrairement à toi, futur jeune père, Le Père n’a pas spécialement pour fantasme de se faire fouetter le derrière au martinet à clous, attaché sur une planche à clous elle aussi, par Hilge (allemande à moustache, 1.90m, 108kg, capable de briser 2 vertèbres entre ses mains de camionneuse)… Après avoir repris son souffle à défaut de ses esprits, il décide d’ôter ses chaussures pour rentrer à l’hôtel en chaussettes… Compte tenu de la démarche de certains (et ce ne sont pas forcément ceux qui ont couru les 101km…), personne n’y prête trop attention !

Nouvelle nuit de plus de huit heures de sommeil ! Ok, ça ne se fait jamais en une fois, mais c’est quand même incroyable ! Dire qu’il y a des gens qui dorment autant chaque nuit ! Ils ne doivent vraiment pas apprécier ça autant que Le Père !

Le retour est plus calme. Le Père a compris que l’entorse n° 19 n’en est pas une, et sait qu’il doit aller voir une saleté de vétérinaire pour savoir la suite à donner à cette douleur… Surtout pour savoir s’il va pouvoir aller à l’Ultraks et continuer à donner des coups de pied au c.. des punks !

La permanence de Nyon reçoit Le Père sans égard, ni fleurs, ni fanfare, le 31 juillet… Il a appelé et y va pour faire une radio, vu que la permanence est ouverte ce jour où il a congé… Il rencontre le doc qui… lui fait prendre rendez-vous pour une radio !?!?!?! Note pour plus tard, aller dissimuler un orignal décédé dans un placard pour les incommoder avec l’odeur !

Quelques jours plus tard, après avoir attendu 34 minutes le trouduc de radiologue, il pratique une échographie, probablement pour facturer plus et ruiner ma caisse maladie… Avant de dire en regardant l’écran l’air penseur : oui, c’est pas une entorse… Vous voyez, c’est là que le tendon a arraché l’os ! On va faire une radio pour confirmer…

Le Père ne se met pas à le frapper en hurlant : je vous ai appelé il y a une semaine en vous demandant une radio pour confirmer et vous m’avez fait perdre une semaine pour rien et payé une blinde !? Le tout agrémenté de moultes quolibets et insultes graphiques et crades !

Je dis à Roberto (sais pas son prénom !?) :

          Donc il ne faut plus courir ?!

          Non, tu pouvez courir, ma s’est pas faut faire entorse sourtou !

          Ok, donc pas d’entorse, mais sinon je peux courir ?

          Si, enfin oui !

Donc il n’y a rien à faire, j’ai juste payé très cher pour qu’on me confirme ce que je pensais ! J’exagère, ils m’ont confirmé qu’il n’y avait pas de déplacement, donc de complication… Et après presque un mois, ça s’est déjà calcifié un peu, donc heureusement sinon il aurait fallu casser l’os pour le remettre en place !

Les pages filent telles les baskets du Père dans la pampa vaudoise à la nuit tombée… Je vais déjà devoir te laisser, lecteur avide et impatient, mais ne t’éloigne pas trop du Père en pensées : lui n’est jamais très loin et il reviendra bientôt avec de nouvelles aventures !

Reposez-vous, le weekend est bientôt là et il ne va pas faire très beau : les punks vont être enfermés à l’intérieur !

mercredi 16 août 2017

89 - Zermatt encore...

Amis des biquettes et des pâturages montagneux, bonsoir !

Une fois de plus, je repars de Zermatt en laissant la ville comme je l’ai trouvée… Dans ce cas, plutôt couverte… On a vu le Cervin transpirant des nuages, on a vu le Cervin dans des trouées, sous la pluie et même à un moment sous la neige ! La région est toujours aussi splendide, mais toujours aussi mal plate !

Mais reprenons depuis le début… J’abandonne les punks et Madame vendredi entre midi et 2… Naturellement, c’est beaucoup trop tard, Le Père est à la bourre, le timing va encore être pourri : récupération du dossard pour l’ultra marathon de Zermatt de samedi, monter à Zermatt (donc poser la bagnole à Täsch et prendre un petit train), aller à l’hôtel, se préparer et aller courir…

Je pars de l’hôtel à plus de 17h15, pour une sortie qui devrait durer en tous cas 2h… Je ne sais pas trop dans quelle direction aller alors je me dis que je vais aller voir Schwarzsee, étape fort sympathique de l’Ultraks. Ca n’a pas l’air loin et de toute façon je suis super prévoyant : j’ai pris un petit sac à dos et ma frontale ! Ahahahaahaaaaaa ! Le Père est rusé tel le fennec à poil ras et ne se laisse pas choper 2 fois par la nuit !

Sortie 3ème âge, avec les bâtons, à la montée, je ne croise pas âme qui vive hormis quelques oiseaux et des moutons proches du sommet (ils vivent en altitude toute l’année et n’ont qu’à bouffer et profiter du paysage, je ne vais pas non plus les plaindre de vivre sur des pentes abruptes !? Surtout qu’ils doivent pouvoir faire un temps canon sur un Ultraks avec cet entraînement…).

La pluie étant en approche (immense cumulonimbus menaçant au-dessus de Schwarzsee) et le soleil étant déjà assez bas (derrière les nuages), je décide de ne pas faire le Jacky et prends le chemin de la descente. Bon, là, sans vouloir jeter des fleurs au Père, c’est la voix de la raison, de la maturité, l’expérience de nombreuses années de plans foireux qui ne passent jamais et finissent en galères sombres et retours piteux qui parle !

Je me fais rattraper et doubler par deux sales jeunes trailer et trailerette, qui bombardent à la même vitesse que le commun des mortels au sprint à plat dans une salle de gym… Je ne parviens même pas à leur en vouloir, tellement ils ont l’air de se marrer ! En course, j’aurais tenté le coup de bâton ou de les pousser côté pente, mais là, pas de raison de le faire… hormis la jalousie !

A un moment, dans cette descente, j’ai la cheville gauche qui dérape et part un peu trop… Je la tords mais me rattrape sans casse à priori. Je poursuis la descente en faisant un peu plus attention, histoire d’être valide le lendemain.

Retour à Zermatt après 20h, c’est toujours un grand succès de croiser les gens habillés pour le vendredi soir, dans une station un peu huppée, alors que tu es tout transpirant, couvert de terre et de boue jusqu’à mi-mollet, avec ta pauvre casquette (avec courbes de niveau correspondant à la transpiration séchée) et tes manchons…

Lavage de la bête, ce n’est pas du luxe, on dirait une voiture du Paris-Dakar qui passerait dans un lavage de caisse après une journée de boue ! Là, je marque une courte pause famille… Jeune futur père qui veut courir, sache que si tu veux être totalement certain de faire ta course dans des conditions neutres, c’est-à-dire sans être trop fatigué, sans être porteur de maladie (exotique ou non), le bon moyen est de quitter la maison 1-2 mois avant ta course…

Donc j’ai la gastro… Cadeau de numéro 4 qui l’a eue cette semaine et que numéro 5 commence à avoir samedi… C’est pas super grave, pour un athlète comme Le Père, mais ça peut peser un peu sur le moral, les performances ou les dessous, à la longue…

Pasta, retour à l’hôtel, carbolevure et préparation pour le lendemain. Avec le réveil à 6h, je n’ai heureusement pas trop dormi (trop de sommeil tue le sommeil et il faut éviter de t’habituer à dormir, futur père ! Tu n’y penses pas !!! Comment tu pourrais vivre après avoir connu le sommeil, avec 3-4 heures par nuit, une fois ta descendance née ?!), m’équipe et descends pour le petit déjeuner.

Je suis au top de la forme : mal dormi, la gastro m’a gardée éveillé jusque vers 1h du mat et fait que je n’ai pas grand-chose dans le bide, donc pas trop de carburant pour cette journée, je commence même à avoir un peu la nausée, je suis au taquet…

Le train est plein comme un jeune valaisan un soir de weekend. Dernier passage au toilette (merci junior) et je vais me mettre dans la zone de départ. Naturellement, et bien qu’étant avec un tas de pelés qui ont des dossards pour l’ultra, le bloc n’est pas le bon, je pars donc 3 minutes plus tard que ce que je devais… Ca fait partie de mes habitudes, je ne me formalise pas, je finirais 2ème au lieu de premier !

Attention, j’ai noté qui rigolait !

Donc on part ! Ca court dans tous les sens, rapidement ça freine dans St-Niklaus qui n’est pas vraiment prévu pour avoir des furieux qui courent en troupeau dans les rues. Je redoute la première partie qui est roulante comme on dit : on doit pas mal courir et étonnamment, j’ai autant envie de courir que de subir une fouille des cavités par un douanier de 143kg à l’œil torve… Suis pas trop préparé cette année et pas top à cause du bide, du manque de préparation, du manque de sommeil… Je trouve un tout petit rythme, mais à la vitesse je vois bien que ça va pas être simple…

Comme d’hab, à chaque rétrécissement du chemin, ça marche, mais cette année cela ne me gène pas trop, et comme d’hab, le peloton s’étend assez vite… Assez vite, on ne se fait plus trop doubler et assez vite, on double et se fait redoubler par les mêmes. Pas totalement plat, pas que de la route, heureusement pas trop chaud ou pas tout le temps, je me dis que je verrai à Zermatt si je poursuis !

La partie basse est longue, mais on finit par arriver à Zermatt… A ce stade, Le Père est fatigué, mais toujours plus ou moins vivant. On va jusqu’au bout de Zermatt et on revient pour entamer la montée… Le Père est sec, ou plus ou moins… Je rattrape une dame du cru qui pousse son vélo en rentrant de courses… Je commence à pousser son vélo par le porte-bagage. Elle sursaute, regarde son vélo comme s’il avançait tout seul et finit par éclater de rire quand elle réalise que c’est moi qui le pousse (probablement plus logique que le vélo qui se met à monter la pente tout seul, mais pas le temps de phisolopher !)… Elle rigole tellement qu’elle doit encore en parler à ses copines, du grand Welch qui lui a fait un Witz !

En attendant, j’en bave. Ca monte, il fait chaud, marcher, courir, marcher… J’ai parfois un peu mal à la cheville, mais ça doit être la fatigue ! Je tombe sur un Allemand en perdition et essaie de l’encourager… Il repart mais ne va pas très vite. Causer un peu avec lui m’a remis un peu sur pied et je finis par le distancer…

Je sais, ça doit signifier qu’il avance à la vitesse de la moraine d’un glacier, un peu facile de se moquer quand on est peinard devant internet à siroter un coca au lieu de courir ou de marcher !

Malgré le temps couvert, la région est toujours aussi belle ! Les bénévoles sont sympas d’être là car, sans courir ou marcher, il commence à faire froid à cette altitude !

Pour le moment, hormis des douleurs de chevilles et la gastro, je suis juste fatigué mais n’ai pas trop de douleurs aux jambes… Me serais-je remis du Trail de la Pierre à Voir ?! Surprenant… Petit bouillon au ravito avec vue sur le Cervin, ça monte toujours !

Quelques parties descendent, c’est tant mieux Le Père étant plus à l’aise quand ça descend – si ce n’est pas trop pentu ! – et la cheville commence à piquer… Le Père met cela sur le dos des restes d’entorses diverses et variées qu’il a eues et trimbale gaillardement depuis sa période basket… De toute façon, il est déjà beaucoup trop loin de Zermatt pour abandonner !

Je rattrape un Américain dans la montée qui longe la voie ferrée montant au Gornergrat… Il a couru un marathon (à plat, donc) aux USA, s’est un peu préparé, toujours à plat et commence à trouver la Suisse nettement moins drôle ! Nous passons quelques kilomètres ensemble, puis il repart avant moi d’un ravitaillement.

Nous sommes près de l’arrivée du marathon : encore quelques mètres de montée, 200m à plat sur la gauche et la ligne quand je retombe sur Donald, mon Américain… Ok, il ne s’appelle probablement pas Donald, mais je ne connais pas son prénom et me vois mal l’appeler Foulques ou Jérôme. Il est livide, assis sur un caillou… Je lui souris (oui, Le Père trouve la force de sourire, c’est ça le trail, même décédé depuis 22 kilomètres, tu trouves encore la force au fond de je ne sais où… c’est magique !) et lui demande ce qu’il fait…

Il me dit qu’il s’arrête, il n’en peut plus, il laisse tomber… Je lui tends la main et lui dis que je ne pars pas sans lui, qu’il est arrivé, plus que 100m !!!! Je le relève et, une fois debout, passés les premiers mètres, il me remercie et se remet à courir… Les USA finissent leur Marathon de Zermatt et sauvent la face à Riffelberg !

Bon, à moi de finir maintenant… Plus que 3,4 km, ça ne peut pas faire mal, non ?! Et bien si, justement !!! Au-delà de la distance symbolique, même si Le Père court déjà depuis un bon moment et commence à en avoir un peu plein le dos, c’est surtout la partie dénivelée qui pique : + 504m… Là aussi, ce n’est pas des masses, mais les deux combinés et après 42,195km… Ca lance !

Nouvelle pensée pour les bénévoles : tous les 2-300m, même moins, il y a un bénévole ou un secouriste… Il fait froid, nous sommes au-dessus de 2’585m, le temps est souvent couvert, il y a du vent, ils sont courageux de rester pour les quelques pelés qui s’entêtent et n’ont pas encore fini !

On est 4-5 à être assez proche depuis le dernier ravitaillement. Un jeune est parti beaucoup plus vite que moi sur cette partie, il explose à moins d’un kilomètre du sommet et se pose sur un rocher. Je lui propose de l’aide mais il me dit qu’il va repartir dans un moment…

Ca n’en finit pas, mais on voit les plus hauts sommets de Suisse, la vue est moins belle du fait du temps, mais c’est épatant quand même. Je sens les jambes et la cheville, j’ai le bide qui fait des nœuds, mais on ne va pas craquer à 2m du bol de sangria, merde à la fin !!!

Je bois un peu, prend un shot de magnésium (je ne sais pas si ça sert, mais ça a plutôt bon goût et je ne sais plus quoi bouffer pour me donner de l’énergie !) et continue pour les derniers 1’000 m. Le Père arrive à la passerelle qui enjambe le train et ce sont les derniers mètres de montée ! Je dépasse un gars qui marche et parviens à courir la rampe constituant les derniers mètres de la course !

Mes jambes sont mortes, le reste est proche, il neige un peu (hein !? de la neige ?! Ah oui, on est à 3’089 m tout de même…), médaille et je rentre au chaud attendre le train et recevoir mon maillot.

Dans le train qui redescend, des coureurs mêlés à de rares touristes (malgré le temps, il y en a toujours). Ok, on a tous couru 45,5 km, mais est-ce vraiment une raison pour rester assis quand des vieilles dames montent dans le train ? Les trailers n’ont pas tous l’esprit trail, il me semble, ou il y a quelques coups de bâton qui se perdent (et au prix du Black Diamond, ça me ferait mal de le casser sur le derrière d’un collègue de course mal poli…)!

Retour Zermattesque. Le Père se douche, ce qui lui rappelle le nettoyage au kärcher des hippopotames au zoo de Mumbaï, en un peu plus sales… Repas sommaire et coucher rapide.

Je ne sais pas pour les autres, mais pour Le Père, la douche et la nuit suivant un trail font partie des grands moments de l’année ! Et plus la course et longue et dure, plus ces moments sont agréables… A se demander s’il n’y a pas un lien entre l’effort et la qualité du repos…

En théorie, Le Père devrait aller courir le lendemain aussi… Il a déjà couru une quinzaine de kilomètres la veille, avec +1’000 m de dénivelé, ce serait bien de refaire un peu, comme l’année dernière, en préparation de l’Eiger… Une année avant, il était simplement remonté au Gornergrat par un parcours proche de celui de la partie haute de l’Ultra Marathon… Là je laisse tomber ! La gastro et l’état général sont à un stade de délabrement qui fait qu’il est plus sage d’arrêter temporairement les conneries et de rentrer calmement… Une nouvelle fois, c’est la maturité qui parle… Oui, lecteur insouciant et téméraire, c’est peut-être l’âge, je le concède…

Donc Le Père plie bagage, reprend le train, puis sa petite bagnole, et enfin la route de la civilisation… En partant de Täsch, on longe le bas du parcours de l’Ultra Marathon couru la veille et qui semble déjà loin… Après une pause pour acheter des abricots valaisans, il rentre à la maison où les punks l’attendent de pied ferme : ils exigent une balade !

Le dimanche va être long, la cheville pique un peu, le bide aussi, mais Le Père a enfin passé une super nuit. Oui, jeune futur père, c’est la triste réalité qui t’attend les bras ouverts, il faut prendre les rares plaisirs là où ils sont, une fois que tu es devenu père ! Une bonne journée est une journée durant laquelle tu souffres moins, pas durant laquelle tout va bien ! C’est fini ça !

Reposez-vous, de nouvelles aventures pourraient arriver bientôt et les vacances ne sont pas finies pour les punks !

La même sur le site de Madame !

jeudi 10 août 2017

88 - Madame est malade !

Amis des urgences et des marabouts, bonsoir !

Mon lecteur attendri et fidèle sait en quelle haute estime je tiens la gent médicale… Madame n’a pas de médecin attitré hormis sa gynéco, qui fait quasiment partie de la famille pour des raisons évidentes, depuis le temps, car elle est peu malade… Un pote dirait : c’est du solide, c’est allemand ! Eh ben, même pas…

Or, Le Père est en vadrouille, avec un programme délirant dont lui seul a le secret : rendez-vous et lunch à Zoug, puis rendez-vous suivant en Valais à Sion… Il y avait aussi l’Australie, à la place de Sion, mais c’était moins drôle et exotique…

Donc Le Père est à Zoug lorsqu’il reçoit un message de Madame : j’ai 36,4°C, je suis malade… Madame, comme tout animal à sang froid, à une température corporelle très basse et les chiffres sont à considérer avec ce filtre… Comme toutes les féministes, elle se moque des hommes qui sont faibles, à l’article de la mort à la moindre maladie ou pour un rhume, alors qu’elles supportent des accouchements, elles !

Je m’empresse de lui répondre : tu veux que je rentre en urgence ? Accompagné de force smiley soulignant le caractère caustique de ma remarque humoristique. Je suis à Sion quand un autre message me fait savoir que Madame a 38°C et va se coucher. Je ne me moque plus et lui souhaite une bonne nuit.

Le lendemain, Le Père s’occupe plus ou moins des punks et laisse Madame essayer de se reposer. A la fièvre s’ajoutent des douleurs bidales. Madame, comme toute scientifique, s’adresse à ses amies de Facebook pour avoir leurs idées sur son état !?!?!

Alors, sans vouloir dénigrer personne, autant FB peut avoir de temps à autre une utilité marginal pour trouver un tuto sur la meilleure manière de ravoir un slip sale ou de déboucher un évier par une méthode à la con… autant il y a des sujets pour lesquels je suis plus circonspect ! Oui, il y a des années, on lisait dans le sang d’une poule égorgée ou dans du marc de café pour trouver les maladies des gens, avec un succès discutable, ce n’est pas une raison pour ne pas rétablir un peu d’aléatoire dans une profession qui procède principalement par essai et défaut : le patient a survécu, j’ai dû faire juste, à moins que ce n’était pas ce que je pensais ou pas grave !

Madame étant résistante, je décide de procéder par méthode ancestrale : Le Père met les 4 plus grands punks devant un DVD, charge les deux plus jeunes dans le MPPT et assomme Madame avant de la traîner par les cheveux chez le médecin de garde (on est samedi soir)…

Comme attendu, celui-ci ne sait pas de quoi il s’agit mais suggère à Madame des examens complémentaires à l’hôpital… Comme elle n’est pas motivée, Madame parle d’y aller lundi !

Le Père explique qu’avec les enfants à l’école, ce ne sera pas plus simple lundi, réassomme Madame et la retraîne par les cheveux à l’hôpital de Nyon… Pas par choix, nous ne sommes pas fous, mais simplement parce que nous sommes déjà à Nyon pour le médecin de garde et nous y avons une carte platine, à force d’y passer avec numéro 4 pour ses détresses respiratoires, pour l’accouchement de numéro 5, la radio du ventre de ma princesse (lorsqu’elle avait avalé une pièce),… enfin on connaît bien quoi !

Je la laisse à l’hosto, part pour la maison voir si nous en avons toujours une (j’ai quand même laissé 4 punks en liberté dedans, ce qui est hasardeux, malgré le film !). Elle subit : prise de sang, scanner et autres drôleries médicales. Ils trouvent quelque chose dans son ventre, sans trop savoir quoi, une masse. Ils sont comme des médecins : soit ils ne donnent pas d’informations, soit ils ne savent pas et doivent faire des examens complémentaires… Madame me demande de lui apporter du matos pour passer la nuit.

Le lendemain, IRM et les médecins lui confirme qu’elle a une masse de 12-14 cm de diamètre dans le ventre. Elle va devoir subir une biopsie, sans savoir quand, ne peut pas sortir tant qu’elle a de la fièvre, est sous antidouleurs. Intervention de La Blonde qui vient garder les punks pendant que je vais voir Madame et lui apporte ce qui peut lui manquer.

1-2 visites sont organisées avec les punks, pas très longues, forcément : le bruit n’est pas idéal pour les hôpitaux, il y a pleins de machines avec pleins de boutons à toucher dans chaque chambre, il y a une colocataire dans la chambre de Madame,…

Entre temps, les docteurs se succèdent, tantôt alarmistes (il y a trois possibilités, deux graves et une potentiellement létale !), tantôt réconfortants (tant qu’on n’a pas les résultats de la biopsie, on ne sait pas ce que c’est…). Je demande à Madame de m’obtenir un entretien avec ses docteurs, histoire de me défouler un peu et de les insulter…

Elle est libérée avant que je ne puisse avoir mon entretien… Le résultat est : tumeur non cancéreuse, ce n’est pas malin, mais il faudra opérer. Elle va avoir un rendez-vous avec le chirurgien pour décider la date et tout organiser…  

Je prends congé pour ce rendez-vous et me réjouis de secouer le chirurgien ! Le rendez-vous est naturellement repoussé, le jour même, sans trop d’explication ni d’excuses…

Nous partons pour le CHUV quelques jours plus tard. Madame me laisse dans la file d’attente d’entrée au parking et va déjà s’annoncer, pendant que Le Père peste et jure en attendant impatiemment son tour… Il fait chaud et Le Père a peu d’humour.

A ma grande surprise, ce n’est pas le médecin stagiaire (ou en tout cas trop jeune pour avoir vraiment exercé et connu autre chose qu’une épidémie de rhume des foins ou la grippe saisonnière) que je me réjouissais de découper à coup de questions acerbes avant de l’enterrer dans le sous-sol du parking ou au détour du toit végétalisé…

Le chirurgien qui se présente est chef de clinique, accompagné de deux jeunes médecins. Il est clair et précis et nous indique tout ce qu’il sait et les démarches entreprises… La biopsie n’a pas été analysée par un laborantin boutonneux peu attentif regardant sa BD manga d’un œil torve au lieu de se concentrer sur son trvail, mais à deux reprises et par le CHUV… Pour plus de sécurité, il a envoyé un échantillon à un spécialiste européen qui lui a fourni les mêmes conclusions : ce n’est pas malin… enfin pas grave…

Donc une masse a poussé dans le vendre de Madame, poussant les organes de côté ou en haut, sans que ce soit trop grave. Elle n’est pas branchée sur un organe ou à un endroit qui rende l’opération particulièrement dangereuse, mais compte-tenu de sa taille, il va falloir opérer. Le chirurgien répond à nos questions et nous indique ce qui va se passer le jour j, nous donnant aussi une date probable pour l’opération… Enfin une semaine probable, une fois malade, personne n’a besoin de travailler ou de s’organiser pour faire garder les punks, c’est bien connu !

Rencontre avec une infirmière qui pose les questions habituelles à Madame et lui explique encore maints détails sur l’opération. Nous repartons un peu rassurés, surtout que mes contacts me confirment que le chirurgien qui s’occupe d’elle est le plus compétent qu’on puisse trouver en Suisse, à égalité avec un Zurichois…

Il va sans dire que la profession ressort grandie, dans l’esprit du Père : sur la douzaine de médecins rencontrés par Madame, il y en a finalement eu un de compétent, ce qui représente un de plus que ce que je pensais et quasiment un miracle… J’attends l’opération pour me prononcer, mais il se pourrait que je finisse par reconnaître éventuellement que certains médecins peuvent avoir une efficacité légèrement supérieure à celle des marabouts ou d’un placebo…

Il nous faut attendre encore plus de 2 semaines et harceler une assistante ou deux pour avoir la date officielle de l’opération. Ce sera pendant les vacances, nous allons donc pouvoir caser 6 punks chez les grands-parents pendant un moment, mais la gestion va être sportive : avec un job commencé il y a peu, je ne peux pas prendre une semaine de congé pour son opération et la période d’hosto, et un mois pour la période de rémission… Pas sûr aussi que Madame soit sur pied pour commencer son travail en août, il va y avoir encore sujet à chronique, lecteur avide !

Dormez, les vacances sont loin d’être finies et vous allez encore devoir garder les enfants un bon moment avant que l’école vous en libère !

La même sur le site de Madame !


dimanche 6 août 2017

06.08.2017 - Matinale culturiste

Pour bien commencer votre dimanche, un bout de citation de Victor Hugo (oui, jeune lecteur culturé, c'est un joueur de foot à la retraite, ou un ancien de la téléréalité qui essaie de se recycler dans l'écriture...) qui accompagne Le Père dans ses montagnes...


Ultima Verba
Victor Hugo

Si l'on n'est plus que mille, eh bien, j'en suis ! Si même

Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;

S'il en demeure dix, je serai le dixième ;

Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !

samedi 5 août 2017

87 - TPAV

Amis des courbatures, des marmottes et du soleil, bonsoir !

Les beaux jours revenants, tu te réjouis, lecteur sportif et primesautier, de retourner risquer tes chevilles, coudes, genoux calleux, courbatures et ta santé chétive en générale sur les pentes abruptes de la région, et c’est bien normal ! Le Père aussi ! Mais contrairement à toi, qui n’est qu’oisiveté et perte de temps à longueur de journée, voire de semaine, Le Père a de quoi s’occuper : 6 punks et Madame essaie de remédier à toute velléité de calme, de quiétude ou de repos qu’il pourrait nourrir…

A cela s’ajoute la blessure au mollet qui a traîné plus d’un mois en début d’année, un manque de sommeil (endémique à la paternité, futur jeune père, fais-moi confiance, profite encore de cette liberté avant qu’elle ne cesse pour 35 ans !) crasse (pas une nuit de plus de 8h sur 2017 jusque-là ! – état au 10 juin 2017) et tu comprends que l’entrainement et la forme du Père sont à leurs paroxysme, le top de la performance, l’arme absolue contre le dénivelé, la montagne, le sentier, que même les cailloux craignent, il se sent d’attaque pour aller taquiner n’importe quel trailer professionnel sur n’importe quel terrain, difficile si possible !

Ok, à 2 semaines du premier trail de la saison pour Le Père, il peut courir toute une heure sans douleur à son petit mollet frêle et rachitique… Décompte du moment : la balance affiche 105kg, c’est probablement plus par jalousie qu’un reflet de la réalité, il va sans dire, le dénivelé de l’année est solidement scotché à 0m, à quelques décimètres près, et il y a près de 200km de moins au compteur qu’un an auparavant… Bref, Le Père est fin prêt !

Tout naturellement, quand le copain qui court la même course lui rappelle que c’est ce weekend et me fixe rendez-vous en milieu de nuit pour emmener Le Père en voiture à Saxon pour le Trail de la Pierre à Voir, il rétorque tout naturellement : Ok, pas de souci, à demain, je me réjouis !

S’en suit une soirée préparation de merdier de course… Le Père remplit un sac, qui aurait pu aisément contenir 1 punk ou 2 non froissés, de divers artifices ccensés aider lors d’une course, mais qui ne sont qu’autant d’attrape-nigauds destinés à masquer une triste réalité : une fois parti, dans une course, il faut courir, quel que soit le matos que tu as, car le matos ne va pas le faire à ta place, mais peut t’alourdir sensiblement !

La journée est splendide, il fait déjà trop chaud le matin. Nous nous arrêtons à la station-service et en profitons pour déjeuner (trop tard), et remarquer que le lac doit être bien frais, à cette époque et malgré le soleil. Bon, tu l’as compris lecteur montagnard, c’est du langage trail : bien frais signifie que même les poissons se pèlent les parties basses et qu’un phoque resterait prudemment à distance de ce liquide dont le seul contact pourrait te faire perdre un orteil…

Nous repartons un peu tard et peinons à nous garer, la ville de Saxon n’ayant de ville que le nom ! Le parking est toujours (depuis l’année dernière, je pensais que les Valaisans avaient fait un effort pour fêter la venue du Père ou pour le moins pour l’encourager à revenir dans une région aussi perdue !?) en bas du village et la marche toujours aussi longue…

Alors oui, je sais : en même temps, tu pars pour courir des dizaines de kilomètres et grimper 2-3 bosses, tu ne vas pas râler pour une petite montée dans un village ?! Eh bien si !

A l’arrivée, enfin au départ… Non, à l’arrivée dans l’aire de départ, nous allons choper nos dossards et Le Père, équipé d’une vessie de punk prépubère de petite taille, va faire la queue pour un passage aux toilettes… Lorsqu’il sort des toilettes, il reste 2 minutes avant le départ…

Remontant en courant vers l’aire de départ accompagné d’un « dedjudedjudedjudedju !!!! », Le Père finit de se préparer et rejoint l’arrière de la mêlée prête à se ruer sur la montagne innocente, bien que valaisanne…

C’est au moment où il rejoint les autres coureurs, qu’il réalise qu’il a omis de mettre ses manchons… Ok, lecteur technique et cultivé, tu vas me dire : bah les manchons ça ne sert pas des masses, et quand tu es plutôt dans la dernière moitié du classement, ça ne va pas faire une grosse différence…

Eh, oh ! Pipo mollo ! Un peu facile de critiquer du fonds de ton canapé, de ton fauteuil ministériel ou de ton jacuzzi avec vue sur le Cervin ! Et encore plus facile de se moquer !

Oh ! Le manchon, sur Le Père n’est pas nécessaire, il est obligatoire !!!! Oui, le manchon améliore massivement la performance du Père ! Comment ? Démonstration, car un exemple vaut bien 6’000 explications fumeuses…

Charles-Ludwig se promène dans la montagne valaisanne sans ses manchons, habillé d’un tee-shirt et short à carreaux. Marie-Caroline lui fait remarquer qu’il a omis de mettre de la crème solaire sur ses bras. Charles-Ludwig s’arrête, s’enduit de l’onguent mal odorant… Ca poisse, de l’herbe et un mouflon accompagné de ses mouches s’y collent, un nuage de coléoptères le suit à la trace et il faut répéter l’application toute les heures au maximum compte-tenu de sa sudation abondante… Au terme de sa petite randonnée de 11h, il aura passé 6h14 à tartiner ses parties exposées et commence à mieux saisir la raison qui pousse Le Père à s’enlaidir de tels appendices !

Toujours poursuivi par son « dedjudedjudedjudidjuuuuuuuu !!!!! », il retourne en courant dans la halle, rouvre son sac, celui qui est de la taille d’une localité valaisanne moyenne et plein de choses peu utiles, finit par localiser les susmentionnés manchons au moment où le coup de feu de départ retentit…

C’est donc à la course (normal), un peu après le dernier participant (toujours dans le domaine du possible), loin derrière son pote, que Le Père franchit la ligne de départ. Sac à dos pas mis, manchons pas mis, courant avec son matos dans les bras (blancs, nus et sans protection solaire).

Heureusement, c’est de la montagne : après 100m, ça commence à monter et il a le temps de commencer à s’habiller sérieusement. La foule en délire est déçue de ce strip-tease inversé, mais finit par se calmer, comprenant la raison de ce rhabillage…

Donc ça monte, en plein soleil, ou peu s’en faut. On part dans les abricotiers, mais ils offrent bien peu de protection, il y a de délicieux passages en forêt… Et ça monte !!!!!

Premier ravito, Le Père arrive dans un état proche de la mort clinique… Il trouve l’énergie de lancer aux bénévoles présents : on voit qu’on est en Valais : c’est pas 9h et il y a déjà un apéro !

Ayant pu manger un peu et boire quelques millilitres de coca, LA boisson du Père, il repart de plus belle. Il n’a pas fait 10km, ça monte toujours, mais pour le moment encore protégé par les arbres. Il n’y a plus des masses de coureurs, les premiers étant partis un peu avant Le Père et les plus lents étant à peu près aussi lents que lui qui, rappelons-le, n’est pas dans une forme stratosphérique…

Avant la course, Le Père a pris la parole sur Facebook, mentionnant ses projets à venir et demandant conseil, compte tenu de sa faible préparation cette année… L’accueil a été plutôt frais et critique, allant de la rigolade à l’agression, le facebookiste n’étant pas habitué au célèbre concept sparte du « ce n’est pas parce que c’est très con et que ça va piquer sa race que cela ne vaut pas la peine d’être tenté quand même ! ».

Donc en partant de 250m de dénivelé et en tenant une heure de course, l’idée est de faire le Trail de la Pierre Avoi (ou à voir, ce n’est pas clair et ça change d’un panneau à l’autre, ils sont fourbes les saxistes !), 2 semaines après l’Ultra Marathon de Zermatt, en courant si possible la veille et le lendemain, et 2 semaine après l’Ultra de l’Eiger, 101km, celui-là même sur lequel il a été éliminé l’année d’avant à la suite d’une entorse au 47ème km…

Ca monte, mais ça descend aussi de temps à autre… histoire de remonter après, ne te leurre pas, futur jeune père, à la base c’est mal plat tout le long ! Le Père est en communion avec la forêt et la montagne, dans une descente forestueuse et sympathique, et retrouve espoir : il se sent un peu moins comme le fond des toilettes sales d’une aire d’autoroute ouzbek et se dit que c’est finalement jouable. Regardant sa montre, il constate qu’il est à un peu plus de 12km/h, les premiers sont à portée et il va éclater tout le monde…

C’est heureusement sans témoin autre que les arbres et la mousse qu’il se fait satelliser par une saleté de jeune… Le gamin doit courir à près de 20km/h, Le Père en serait presque renversé ! Ok, il court sur la demi distance et est le premier… Mais merde à la fin, un peu de respect !!!!

10 minutes plus tard, Le Père est à nouveau à l’article de la mort, dans une montée ou un plat montant, en marche, toute velléité de podium l’ayant déserté, quand le 2ème de la course courte le dépasse en courant… Ok dans la descente, ça va… Mais courir dans les montées !? Franchement, les jeunes, faut vous acheter des potes, arrêter de courir tout le temps et aller fumer des joints avec vos chèvres, faut arrêter là !

Note pour le retour : insulter numéro 2 pour la simple raison qu’il est jeune, lui aussi !

Le 3ème de la course courte est 30 minutes derrière le premier ! La folie !

La montée dure et se poursuit… Je réalise vers 13km que je commence à avoir des crampes qui me tétanisent les jambes… Je me dis que je suis en train de faire l’équivalent d’un surentrainement… Malgré l’hydratation et le magnésium, ça ne passe pas. J’en bave et ça continue ! Je ne suis pas à la mi-course et trouve le temps vraiment long ! Je me demande s’il ne serait pas malin d’abandonner, à ce stade.

Ahahahaha ! Ok, j’y ai pensé, mais ne suis pas assez malin pour le faire, comme déjà mentionné ! Ca continue ! Très belle vue sur Verbier, avec les restes de l’incendie récent bien visibles. La montagne est splendide, mais même en haut il fait déjà presque chaud…

Le Père double quelques personnes, finalement, il ne sera peut-être pas dernier !!!! Il demande au passage à un parapentiste s’il ne prend pas les stoppeurs… La descente commence. Autant la montée piquait, autant la descente, avec les jambes tétanisées et qui commencent à ne plus très bien répondre ça fait mal !!!

Ce trail est une première pour Le Père, un dépucelage en règle… Non, il a toujours 6 punks, il n’est pas allé s’ébattre dans la nature avec un bouquetin, lecteur à l’imaginaire envahissant ! Il teste pour la première fois une courses sans ses Asics et avec ses récentes Hoka, reçues en fin d’année dernière et quasiment neuves (forcément, qui dit pas de dénivelé, dit pas de chemin et donc chaussures de route, pas besoin de crampon pour aller sur la route et à plat !)…

Comme beaucoup de ces nouvelles chaussures, et comme tout article de sport qui se respecte de nos jours, Le Père n’était pas fan du look… Une semelle épaisse qui lui rappelle les chaussures à plateau de Dédé la saumure, des couleurs à peu près correctes pour du matos de sport, bref, plus de craintes de nouvelles entorses que d’à priori positif !

Or, la Hoka Speed Goat est super confortable et donne envie de courir quand on l’enfile ! Je suis surpris, d’y être si bien et qu’elles ne soient pas lourdes… Elles semblent plus grosses qu’elles ne le sont vraiment !

Donc après une sortie près de chez moi (250m de d+ et autant de descente), je me dis qu’il faut les tester sérieusement, dans la vraie nature montagnarde !

Partie montée, rien à redire. La semelle en Vibram accroche grave et je ne la prends jamais en défaut… Faut dire qu’il fait beau et que le terrain est sec, mais je vois pas mal de coureurs patinant sur des racines ou des cailloux, mais Le Père passe sans encombre.

A la descente, pareil : rien à redire, une excellente accroche et pas de glissade, ça me change de mes anciennes Trabuco qui ont régulièrement des faiblesses sur certaines surfaces ! Malgré les chaussures et tout le reste, c’est la mort cette descente !!!! C’est raide, ça n’en finit pas, les crampes ne me lâchent plus.

C’est long une descente, quand ça ne va pas… T’as le temps de penser à la suite… je me dis que dans un mois je vais courir 100km et que ça va pas être possible… j’ai déjà de la peine à imaginer courir à Zermatt…

Bref, je finis ma course en mettant 40 minutes de plus que l’année d’avant… Je suis dans un état désastreux. J’ai du mal à marcher et, malgré les limites éloignées de ma tolérance à la connerie, me dis que les facebookers n’avaient peut-être éventuellement pas totalement tort dans leur analyse… Ok, ce constat ne dure pas longtemps et je n’avouerai jamais en avoir bavé autant sur une si petite distance…

Mon pote m’attend depuis 5 heures… Non, je rigole, il est bien meilleur, mais il en a bavé un peu aussi, bien que mieux préparé que moi. Nous buvons un coup sur une terrasse, avant de reprendre la route en direction de la civilisation… Enfin je veux dire le canton de Vaud !

Au retour nous faisons une pause sur l’aire d’autoroute du matin. Mon pote me suggère la baignade, Le Père scrute l’étendue liquide d’un œil peu convaincu… Elle a l’air froide, je ne suis pas motivé, mais me dit que cela fera peut-être taire mes douleurs… Ehehehehehehe !

Ok, ça rafraîchit ! On a l’impression de perdre le pied dès qu’on le met dans l’eau et on risque de le perdre sur les cailloux qui sont à quelques mètres du bord… Le Père parvient à se mouiller complètement, rassuré d’avoir déjà fait 6 punks : une eau aussi froide sur les parties basses ne doit laisser aucune chance à une descendance future !

Nous repartons assez vite. Le Père est dégoûté, sa première course de l’année est un désastre catastrophique d’ampleur nationale et il se demande ce qu’il doit faire pour la suite de sa saison ! Le doute profitant à l’accusé, il décide de laisser passer quelques jours avant de prendre quelque décision définitive…

En définitive, Le Père reste heureux de son choix de chaussures, ne souhaite pas revenir au Trail de la Pierre à Voir, malgré la beauté du site, a bien besoin de repos et rentre retrouver les punks… A mon retour, numéro 3 veut aller se balader… j’emmène aussi numéro 4 et 5, histoire de ne pas faire 3 balades. J’intériorise la douleur mais, malgré les tongs pour soulager les pieds et les punks motivés, Le Père a les jambes qui piquent et n’est pas très rapide !

Vient le moment tant attendu : la douche et le coucher… Les statistiques sont en forte hausse : dénivelé cette année 2’710m, poids toujours 105kg, +/- 10 litres de transpiration et une première nuit de plus de 8 heures, Le Père is back !!!

Dormez bien, la semaine n’est pas finie et la chaleur revient en force !

La même, sur le site de Madame !